La question de l’homme

Dans une histoire d’amour il est question d’un couple. D’une unité centrale qui se forme par l’interaction entre le protagoniste mâle et la protagoniste femelle. Pour qu’il y ait alchimie et que le couple fonctionne, le caractère des deux héros et leur cohérence ensemble est capitale. Le couple est au cœur du roman, et dans ce couple, l’homme, et tout ce qu’il représente, tient une place de choix.

Car honnêtement, qu’adviendrait-il de Autant en emporte le vent sans le charismatique Reth Butler ? Que deviendrait Elizabeth Bennet sans Mr Darcy dans Orgueil et Préjugés ?

L’auteur a donc pour mission de créer un personnage qui saura non seulement retenir l’attention de l’héroïne, mais aussi celle de la lectrice ! Et tout comme chaque femme ne recherche pas la même chose chez un homme, chaque lectrice ne recherche pas la même chose chez le héros… quoique…

En me penchant sur la question, j’ai réalisé à quel point cette règle n’était pas vraie !

Par exemple, dans la vraie vie, celle où les gens ne m’appellent pas Votre Altesse, je sais que Chi-Chi et moi-même ne sommes pas attirées par les mêmes princes… Pourtant, nous sommes toutes les deux d’accord sur la sexitude incontestée des Dark-Hunter.

Dans un livre, je vais baver d’envie devant l’aura mâle d’un héros du type howardien plein de testostérone. Dans la vraie vie, je préfère un cerveau bien rempli à un corps parfait… Et j’aime bien prendre les décisions aussi, too bad pour l’homme macho…

Dans un livre, je frémis d’anticipation à la description des costumes régence du héros et à la manière dont ses larges épaules/ses puissantes cuisses/son magnifique membre les remplissent. Dans la vraie vie, un mec en collants est déguisé, un mec en slim, fashionisé. Dans les deux cas, mon radar à canon reste éteint !

J’ai donc entrepris de faire le tour de mes héros préférés afin de déterminer si oui ou non ils étaient tous sorti du même moule !

J’ai passé en revue une liste assez impressionnante de livres et d’auteurs. J’y ai inclus mes préférés, ceux que j’emporterai sur une île, mais aussi ceux qui ont ce petit quelque chose qui leur donne le droit de rester dans ma bibliothèque sans pour autant avoir le droit d’intégrer mon sac de vacances pour l’île…

J’ai tapé dans des genres variés : le contemporain, la romance régence, moyen âge, victorienne, le thriller, l’espionnage, le fantastique, la romance vampire, cowboy, écossaise, irlandaise, les fresques historique en 8 tomes, les romans Harlequin en 100 pages… Bref, j’ai fait un tour d’horizon et relu bien des 4èmes de couverture pour arriver à cette conclusion :
 Mes héros préférés sortent d’un moule en silicone que les auteurs doivent se refiler entre elles… Mais même si elles les font cuire dans des fours différents ce qui leur donnent une saveur particulière, la recette reste la même.

Mon héros est fort, il a des muscles, il n’a pas de ventre mou, et si d’aventure il était doté de tablettes de chocolat abdominales cela ne gâcherai rien.

Tout comme les pompiers de Paris passent l’épreuve de la planche chaque matin, mon héros doit passer par l’épreuve du soulèvement de jeune demoiselle en détresse/fatiguée/blessée. Si par la suite il est capable de la porter sur plusieurs kilomètres, sans montrer d’autres signes que ceux de l’angoisse de voir arriver la belle à bon port, c’est un point de plus pour lui.

Mon héros est grand. Plus grand que l’héroïne, qui a le droit d’être une petite chose fragile ou le genre modèle petit lutin facétieux, mais dans tous les cas, il doit donner l’impression d’être plus grand que moi (NDLR : Je suis grande… très grande)!

Mon héros est intelligent. Mais pas forcément en ce qui concerne les relations avec les femmes. Il a le droit de ne découvrir l’épanouissement amoureux qu’avec l’héroïne. Mais il doit être un génie dans sa partie, que ce soit les affaires, la voile, la pêche, la musique ou le football américain. Toutefois, on notera qu’il est plus facile de rêver sur un héros architecte que sur un héros plombier…

Mon héros doit laisser sa douce moitié vivre. Il a le droit d’être possessif, mais la jalousie, passé le stade où l’aveu de l’amour est fait, c’est un peu pénible. Il doit être protecteur, mais quand on passe au stade bodyguard, ça fait un peu trop Hollywood à mon gout !

Mon héros a un passé. Ça le rend mystérieux. Il est marqué par son enfance/un accident/une apparition d’ovni dans le jardin de sa grande-tante Mauricette… Mais grâce à l’amour, il va pouvoir tourner une page.

Mon héros doit avoir la barbe de trois jours sexy, les chausses de cavaliers étroitement ajustée à ses cuisses puissantes, le sens de l’humour affuté, la carrure d’un athlète, une patience à toute épreuve et un doctorat en sport en chambre…

Mon héros est un cliché vivant. Et si je rencontrais mon cliché dans la vraie vie, mon intelligence m’avertirait qu’un corps pareil doit s’entretenir avec des heures en salle de muscu, qu’une telle compétence sous les couvertures sous-entend un entrainement préalable avec d’autres demoiselles que moi et qu’un passé mystérieux est parfois bien compliqué à gérer au quotidien…

Mais voilà, dans un livre, on oublie tout, et on rêve.

Le talent de l’auteur et sa recette secrète du héros nous font oublier que les ingrédients utilisés sont des clichés.

Créer un héros est un processus délicat, car lorsque mal maniés, nous levons les yeux au ciel et reposons le livre.

Parfois un héros fabuleux est associé à une dinde, et le livre perd toute sa saveur. C’est un peu comme servir de la Villageoise avec du foie gras aux truffes.

La question de l’homme est donc plus compliquée qu’une simple recette parfaite. Elle demande du doigté et de la patience, comme un bon repas n’est pas qu’une question d’ingrédients et de plats. Il faut l’atmosphère et les convives…

Et vous quel est votre héros parfait ?

Tam-Tam

PS: Sur la photo, le plus Yummy des australiens…
  

Publicités

11 réflexions sur “La question de l’homme

  1. Très bon post Tam-Tam! Particulièrement drôle la partie sur le passe torture du héros: c'est vrai que sur les quelques livres du genre que j'ai lu, le héros a toujours de sombres secrets de famille genre mère morte dans des circonstances bizarres ou des enfants illégitimes dans chacun des villages d'Angleterre. Mais surtout sous son apparence froide et indélicate, il cache en vérité un coeur d'homme sensiiiiible. Suis en pleine lecture de Slightly rangerons, de Mary Balogh, dans lequel le héros propose dans sa grande bonté et délicatesse a la femme qu'il aime d'en faire sa maitresse. Il est très surpris qu'elle l'envoie balader avec limite une baffe. J'espère que ton prochain post sera au moins aussi drôle que celui-ci!

  2. Et qu'arrive-t-il lorsque l'on rencontre dans la vraie vie un homme qui nous fait dangereusement (c'est l'adjectif/adverbe du jour) penser aux héros de romance ? Jusqu'aux répliques mêmes, j'hallucine… Bien sûr, la vie est un petit peu plus complexe et dure un peu plus longtemps qu'un roman. On ne peut parler que de ressemblances, et attention à ne pas prendre la vie pour un roman dont on serait l'auteur omniscient ! (Cette manie m'a valu par le passé quelques désillusions… Décidément j'excelle dans les euphémismes aujourd'hui !) N'empêche… Dans la vraie vie, je suis attirée par le même type masculin que dans les livres, et la seule raison pour laquelle je me suis autrefois persuadée du contraire tenait à mon propre pessimisme et manque de confiance en moi (de très mauvais guides pour atteindre le bonheur).C'est exactement comme tu le dis dans ton paragraphe sur le cliché : des heures d'entraînement par semaine, une expérience amoureuse beaucoup plus longue que la mienne, et un type psychologiquement compliqué. Comment et pourquoi résister ?Je crois qu'il existe des romances de tous les styles, des plus invraisemblables aux plus réalistes, en passant évidemment par le surnaturel. Mais il est faux de présenter la romance dans son ensemble comme un genre littéraire qui sert surtout à rêver. En faisant abstraction de quelques détails (par exemple que le héros est un milliardaire ou un bandit, LOL), les interactions entre les héros sont souvent infiniment crédibles et justes, au point que l'envie me prend souvent de me taper la tête contre le mur en m'écriant : Pourquoi les hommes sont-ils tous les mêmes ?! Je considère pour ma part la romance (et c'est l'un de ses indiscutables attraits) comme un genre qui aborde sans détour et sans fard une question centrale de nos existences, à savoir les rapports entre les sexes. Dans les limites d'un certain cadre statistiquement non représentatif, soit ! Mais c'est de la fiction après tout…

  3. Il arrive rarement de rencontrer un cliché vivant, mais c'est vrai que lorsque cela arrive… tout peut arriver! Mais, et c'est d'ailleurs l'objet de notre blog, montrer qu'on peut adorer la romance, en parler, et ne pas être naïve pour autant. Et la romance permet tout de même une part de rêve, heureusement! Mais comme tu le dis, Asia, plus parce que c'est de la fiction que en temps que genre lui-même… Quand à la question du rapport entre les sexes, je trouve que au moins, les auteurs de romance essayent de comprendre et d'expliquer sous un jour positif, même quand les choses ne sont pas simples, et sans céder à la facilité du pessimisme. C'est d'ailleurs un débat qui fera l'objet d'un post bientôt! ;o)Chi-Chi

  4. Chère Asia, je ne pense pas que la romance est un genre qui ne sert qu'à rêver, mais pour ma part, c'est une de ses caractéristiques qui me plait le plus.Lorsque la vie peut nous réserver des surprises dont on se serait bien passé, je sais en ouvrant une romance que la fin sera à la hauteur de mon espérance.Je ne me berce pas d'illusions cependant, les héros parfois en "chient" avant de se trouver, mais ils finissent ensemble.C'est d'ailleurs la pus grande réussite d'un auteur, réussir le Happy end.Quant au fait que les hommes de ta vie ressemblent aux héros des romans…je suis jalouse!moi aussi j'aimerai me coucher tous les jour aux coté de Hugh Jackman! ^^Tam-Tam

  5. Je savais pas qu'il y avait un sosie de moi en brun (cf la photo)!!!Le monde de la lecture m'est tellement étranger que je ne sais pas ce que c'est de "s'imaginer" son héros ou son héroïne…de ce côté là je suis toujours resté très terre à terre je préfère ne rien m'imaginer. Je n'ai pas exemple jamais eu de préférence entre les blondes les brunes ou les rousses!!!

  6. @cher anonyme, merci pour ta contribution masculine au débat…je suis sure que lorsque nous aborderons la question de l'héroine, tu auras bien des choses à dire! après tout, un avis masculin n'est pas négligeable!Tam-Tam

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s