Le mythe du sauveur masqué

Le Mouron rouge n’est pas une romance.

Déjà, Le Mouron rouge n’est pas très connu. C’est un livre d’un autre temps. Je dirais même presque d’une autre génération, si je ne craignais pas de subir les foudres de certaines personnes, en particuliers celles qui ont eu l’idée un jour de me mettre ce livre dans les mains!

Le Mouron rouge, pour moi, c’était un roman de cape et d’épée, un énoooorme pavé (rouge d’ailleurs) qui traînait dans la bibliothèque de mon grand-père entre Les 3 Mousquetaires et Le Capitan. Et j’avais beau avoir plein de frères et de cousins, et préférer Les chevaliers du Zodiaque à Candy, ce gros livre ne me tentait pas, mais alors pas du tout!

Seulement voila, les étés sont longs quand on est jeune. et encore plus long quand on erre dans la maison familiale, qu’on a déjà lu 27 fois tous les Club des Cinq, 14 fois les Alice, que Oui-Oui ou Jojo-Lapin, c’est gentil mais qu’on a définitivement passé l’âge, et que l’on n’est pas encore désespérée au point de lire Eugénie Grandet (enfin pas désespérée au point d’essayer de le lire pour la 4ème fois dans mon cas).

Et pourtant, Le Mouron rouge, c’est une romance. Au même titre que Anne des pignons verts. Au même titre que Jane Eyre. Orgueil et préjugés. Les Mille et unes nuits. Et tant d’autres. Le Mouron rouge, c’est l’été de mes 14 ans, et surtout, Le Mouron rouge, c’est à mon humble avis un des livres les plus injustement méconnus, malgré ses multiples traductions, adaptations au théâtre, au cinéma et à la télévision… C’est une série de 9 romans écrits au début du 20ème siècle par une Baronne anglo-hongroise, sous le titre The Scarlet Pimpernel.

Et cette série nous parle d’un héros, un vrai, un grand beau fort et viril comme on les aime… Un savant mélange de Robin des Bois pour le coté voleur au grand cœur (mais qui ne vole rien en fait), James Bond pour les aventures abracadabrantesques, Arsène Lupin pour la chance insolente, Mac Gyver pour l’ingéniosité, Jack Sparrow pour la sexytude nonchalante (et pourtant ce n’est pas un canon de beauté), un peu Superman sur les bords pour la double identité, et il se murmure même dans certains milieux éclairés que c’est le Mouron Rouge qui a inspiré le personnage du Zorro! Autant dire un bel aventurier qui court vers son destin tel un cheval sauvage (Johnny, sors de ce corps!), et que je verrais bien incarné par Hugh Jackman. Au cas où les choses ne seraient pas encore bien claires, Tam-Tam et moi-même pensons que Hugh incarne le top de la sexytude absolue. Donc, tous mes héros aventuriers, je les vois sous les traits de Hugh Jackman…

Sir Percy (ouch, on vient de perds 372 points sur l’échelle de Hugh Jackman… Soyez indulgents avec ce malheureux, il n’a pas choisi son prénom. Sir Percy donc… ) est un gentilhomme anglais, qui appartient à une société secrète fondée pendant la Terreur française et essaye de sauver de la guillotine le plus grand nombre d’aristocrates. C’est que toutes ces têtes coupées, cela fait franchement mauvais genre, désordre et compagnie, cela manque d’élégance… Sir Percy est une figure publique, nonchalante, distraite, un dandy superficiel que personne ne prend au sérieux. Ce qui le rend évidemment d’autant plus habile lors de ses missions de sauvetage. Missions qu’il n’accomplit pas seul la plupart du temps, il est aidé de ses petits camarades de la société secrète.

Ah, j’oubliais… Le Mouron rouge, qu’est-ce que c’est? Un mouron rouge, c’est une petite fleur écarlate, qui sert de nom de code et de signature à Sir Percy lorsqu’il est en mission. Sir Percy est également un as de déguisement, il glisse comme une anguille entre les mains de la police révolutionnaire française (ah ce livre a bien été écrit par une anglaise, les français n’y tiennent pas DU TOUT le beau rôle!) et notamment file toujours in extremis entre les doigts de son ennemi juré, le sinistre Chauvelin.

Mais où est donc la romance??!

C’est que Sir Percy, en plus d’avoir une gentleman-attitude digne des plus héroïques chevaliers, est marié mes petits amis, à une beauté renversante et française qui répond au doux nom de Marguerite. Et Marguerite a un frère qu’elle aime beaucoup (quelle idée, franchement) et pour lequel elle a la mauvaise habitude de se mettre dans un pétrin pas possible, laissant ensuite à son tendre époux le soin de venir réparer les dégâts. A un petit détail près : Marguerite ne sait pas que son mari est le Mouron rouge. Marguerite compte donc sur le Mouron rouge pour la tirer d’affaire. Par contre, elle ne tient pas son cher mari en très haute estime, méprisant vaguement ce dandy qui se laisse aller à vivre dans un luxe facile pendant que tant de gens meurent de l’autre coté de la Manche… De son coté, Sir Percy est vraiment très très très amoureux de sa femme, mais ne peux pas le lui dire, car il doute de sa loyauté. Un magnifique cas d’identité secrète, qui cause toutes sortes de situations délicates pour nos héros… Conflit, conflit, mon ami!

Ce secret ne s’étendra évidemment pas sur les 9 tomes de la série, en tout cas pas entre les époux, mais il donnera lieu à quelques scènes particulièrement émouvantes entre ces deux-là, qui devront apprendre à se faire confiance et traverser ensembles les épreuves que ne manqueront pas de leur imposer ces temps troublés. C’est donc un pur roman d’aventures chevaleresque, parfaitement entremêlé de romance!

Et, ma chère Tam-Tam, j’ai le bonheur de t’apprendre que Sir Percy passe haut-la-main ton test du soulevage de demoiselle en détresse, il saura faire battre ton cœur de midinette!



Excellente lecture, 
Chi-Chi

Publicités

16 réflexions sur “Le mythe du sauveur masqué

  1. Merci beaucoup Princesse Chi Chi…. je me reconnais beaucoup dans la description de tes lectures de jeunesse (j'ai 50 ans aïe). Fan de tous les preux héros depuis mon plus jeune âge (Zorro et Lagardère à 9 ans, plein d'autres ensuite), je suis aujourd'hui une accro de Hugh Jackman. Oui Hugh, en plus de son sex-appeal, est classe et cultivé, le seul à pouvoir être crédible en Lord Anglais et en hybride de bête humaine aux griffes d'adamantium.Et en plus, l'homme au naturel est d'une extrême courtoisie voire d'une exquise gentillesse (j'ai testé plusieurs fois "pour de vrai" et je ne m'en remets pas) . Pour le héros "Le mouron rouge", je fonce me procurer le livre. Et le prénom Percy n'est pas si terrible… moins "tue-l'amour" que Fitzwilliam en tout cas (prénom de Mr Darcy).Amicalement

  2. J'oublais, je t'invite à rejoindre le groupe des "Accros de Hugh Jackman en France" pour être au courant des nouvelles de notre héros préféré. Tu pourrais même y trouver les aventures, non pas de deux demoiselles en détresse, mais de deux mamans jackmaniennes sur les traces de leur idole à New York. Une aventure trépidante pleine d'émotion et avec un happy end. Vive Hugh !!!

  3. @Chi-Chi…ce livre trône dans la bibliothèque et n'attends plus que ma lecture…ca tombe bien, la météo est effroyable dans mon royaume ces derniers jours!@Jane: Arrrggggg je suis jalouzzzzzzz!!!@Hugh: traitre!

  4. @ Jane : j'adore le pseudo, c'est un de mes films préférés! Et quelle chance d'avoir rencontré Hugh!!! Quand à ce cher Fitzwilliam Darcy, je parlerais aussi de lui un jour… Avec son alter-ego Colin Firth! @ Tam-Tam : Allez hop, à la lecture!

  5. Je connais une autre fan du Mouron Rouge : Mary Jo Putney ! C'est dans un de ses livres que j'ai entendu parler du Scarlet Pimpernel, et elle ne résiste pas dans un de ses historiques (entremêlé d'espionnage et situé en France) à appeler son héroïne Margot… Coïncidence ?

  6. Mais les romans de cape et d'épée, c'est la base du romantisme !On y croise des chevaliers chevaleresques, ténébreux, tourmentés, consistants, souvent pauvres en deniers mais riches en sentiments… Des demoiselles en détresse (ou débrouillardes, c'est selon, mais secourues avec art par le chevalier); des personnages historiques savoureux…Dumas, la Baronne Orczy, Zévaco… quelles belles écritures, quelles aventures échevelées, et quelles belles tranches d'Histoire !!!

  7. Aaaah Scarlet Pimpernel (je n'avais pas fait le lien entre mouron et pimpernel… mon anglais n'est pas si bon que ça!) Il est dans ma "wish list over prioritaire" sur Goodreads. J'en ai lu 2 tomes ado je pense et j'ai un peu oublié le tout . Veux relire, donc!

  8. @ Karine : C'est sur qu'entre Mouron et Pimpernel, le lien n'est pas évident! 😉 Je pense qu'il devrait remonter au dessus du dessus de ta PAL très vite! Après, évidemment, ce n'est que mon humble avis, n'est-ce pas…

  9. Pingback: The Scarlet Pimpernel… sur vos écrans | In need of prince charming

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s