Le poids du savoir

Pour votre prochain grand bonheur, j’ai récupéré la semaine dernière la totalité de ma bibliothèque (NDLA : Il y a 5 ans, je partais pour l’étranger. J’ai encartonné ma bibliothèque et je l’ai stocké chez mon grand-père. J’ai emménagé il y a peu dans un nouveau palais suffisamment spacieux pour accueillir une bibliothèque de princesse…).

Tous ces livres fabuleux, qui ont acquis durement, et souvent au prix d’un dilemme d’ordre cornélien, leur titre de séjour dans ma bibliothèque.

Les lectrices averties le savent, à un moment ou un autre dans notre vie, nous serons amenées à faire un tri. Déménagement, manque de place, ménage de printemps… peu importe le nom, le résultat se chiffre souvent en pile de livres portant les doux noms d’Emmaüs, bibliothèque municipale et bouquiniste !

En regardant ces cartons bien ordonnés, remplis de mon tri d’il y a quelques années, j’ai songé aux heures passées à me demander si tel ou tel livre méritait sa place dans mon nirvana personnel. Sans que la sénilité ne me guette (je vous rassure, j’ai encore quelques belles années devant moi), mon souvenir reste flou, mon impression du passé se résume à plusieurs trajets chez le bouquiniste (qui de fait me connaissait par mon prénom), de nombreux cartons transportés à la sueur de mon front, d’escaliers maudits et de marches traîtres, mais de l’actuel tri, pas grand-chose…

Car un tri, c’est un peu une bataille… on y va la fleur au fusil, toute confiante dans l’idée que cela ne durera que quelques heures, et on y passe finalement plusieurs weekends, parce qu’entre les déplacements chez le bouquiniste, les sessions de relecture en diagonale et le rangement… on finit par y laisser quelques plumes…

Un tri, c’est un peu une introspection personnelle, à chaque livre qui passe entre nos doigts, ce sont des souvenirs qui remontent à la surface. Car en réalité, pourquoi gardons-nous nos livres finalement ?

La réponse évidente à cette question serait « Ce sont de bons livres »…

Mais ma voix intérieure se permet de faire remarquer qu’à une époque, j’avais toute la collection des « Monsieur Madame » et que j’avais juré sur ma girafe en peluche que jamais au grand jamais je ne m’en séparerai…

Et me voilà, des années plus tard, avec un seul et unique « Monsieur madame » planqué dans ma bibliothèque. Madame Magie, en espagnol, acheté lors de mon premier voyage à Barcelone… Autant dire que cela ne compte pas car il ne date pas de l’époque où je ne me déplaçais jamais sans Madame Chipie ou Monsieur Gourmand dans mon sac à goûter…

Se pourrait-il donc que notre perception de ce que constitue un « bon livre » change avec le temps ?

Partant de ce postulat, il se pourrait qu’un livre ayant obtenu le droit d’asile dans une bibliothèque se retrouve subitement parachuté dans un charter direction Emmaüs…

Car aussi vrai qu’il existe des personnes qui ont un palais dont la bibliothèque s’étend à l’infini, ou bien lisent à la vitesse du limaçon lombalgique – chez ces personnes notez que vous retrouverez TOUS leurs livres sur leurs étagères ! Depuis le Folio junior lu sous la contrainte en 5ème – portant encore souvent la couverture en plastique bleu canard mise par maman au prix de nombreux efforts (et à grand renfort de scotch), au Zola du lycée jamais vraiment lu et accompagné du traditionnel « profil » de l’œuvre ; le tri reste nécessaire chez la plupart d’entre nous.

Sur quoi se base-t-on pour sélectionner les élus ?

Avec mes cartons à déballer ce weekend, j’ai compris que je serais à même de vous dévoiler la réponse pour mon post hebdo…

Nous sommes dimanche soir, je me suis assise en tailleur (la position idéale pour la méditation) et j’ai longuement admiré mes étagères remplies avant de rédiger ces lignes… Par terre, trônent 2 cartons pleins des livres n’ayant pas obtenu leur visa. Aux murs, les livres s’alignent… avec des trouvailles !

J’ai découvert qu’il y a 5 ans, j’ai décidé que Face de moineau ferait le voyage, mais pas la Communauté du Sud de Charlaine Harris.

Il y a 5 ans, je terminais une phase assez monomaniaque de Nora Roberts avec un total de 60 livres en français qui s’alignent à présent dans les rayonnages…

Il y a 5 ans, j’ai acheté la série 2176 dont les histoires m’échappent complètement aujourd’hui. Les 5 livres attendent « en quarantaine » de savoir si ils resteront avec leurs camarades sur l’étagère…

Il y a 5 ans, je me suis débarrassé de tous mes Osborne, de mes Wodiwiss, et de mes Deveraux… Aujourd’hui, j’ai découvert que j’ai lu un Stephanie Laurens il y 6 ans en VO, que j’en ai gardé la copie et que j’en ai complètement oublié l’histoire. Il est étrange de revivre un tri en décalé. Cela m’a ramené à la personne que j’étais il y à 5 ans.

J’ai le tri nostalgique, je m’accroche au sentimental qui émane du livre.

Eurêka!!! Il ne suffit pas que le livre soit bon, il faut qu’il m’évoque un moment particulier, un après-midi ensoleillé, une nuit blanche… C’est donc cela qui détermine mon tri !

Et un autre tri se profile, car une pleine étagère de « quarantaine » attend d’être lue… De bonnes lectures en perspective !

Et vous comment triez-vous?

Tam-Tam

PS: Pour l’illustration, j’ai longuement hésité entre ça et un portrait de ma girafe en peluche…mais cette dernière n’est pas encore prête à la notoriété!

  
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5 réflexions sur “Le poids du savoir

  1. Argl me parle pas de tri j'en ai plein plein à faire dans ma BAL!Bon j'ai bien commencé, j'ai fait du ménage sur mon étagère VO dont les filles vont profiter samedi ^^

  2. Mais si!! il faut parler tri, et puis c'est tellement agréable de voir toute cette place que l'on va pouvoir de nouveau remplir avec nos achats!!pour ma part, a défaut de pouvoir être parmi vous samedi…je ferai le bonheur des compagnons d'emmaüs…

  3. J'ai fait un tri moins sentimental que toi, mais c'est vrai que parfois, je me demande ce qui a bien pu justifier le choix d'un livre plutôt qu'un autre! Belette, moi aussi j'amène de quoi jouer au Père Noël! ^_^

  4. Chic chic! on va jouer à la marchande! :)C'est vrai que je me demande aussi souvent ce qui conditionne le fait qu'on garde un livre ou pas…Où qu'on l'achète ou pas d'ailleurs! je retrouve parfois dans ma BAL des trucs que je ne me souvient même pas avoir achété! o_ON'empêche Mr Belette (et plein d'autres) me demandent souvent "mais mais tout ces livres que tu achète, tu ne les garde quand même pas tous?!" Ben si! je suis tellement sélective à l'achat que j'ai du mal a revendre un livre qui m'a plu ^^

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