C’est la faute de John Wayne

Si je vous dis cow-boy, à quoi pensez-vous ?

A Lucky Luke, l’homme qui tire plus vite que son ombre ? Au lieutenant Blueberry ? A Clint Eastwood dans la trilogie du Dollar ?

De mon côté, j’imagine la salle enfumée d’un saloon, une apparition féminine toute en jambes et la silhouette du charismatique John Wayne. J’imagine des étendues de plaines à perte de vue et le regard d’acier de Paul Newman.
Pour moi, le cow-boy, c’est l’homme libre de chevaucher vers l’horizon, le stetson vissé sur la tête. C’est la démarche chaloupée et le déhanché sexy. C’est l’homme libre, la voix rocailleuse, l’honneur à portée de revolver (ou de colt).

Pourtant, ma raison me dis que la position même de « cow-boy » sous-entend un travail rude et physique, une hygiène assez border-line et une relation très étroite avec les vaches.

Mais j’ai cette image glamour du cow-boy.
Et c’est à cause de cette image d’Epinal à la mode US que j’aime les romans où les héros manient le lasso aussi bien que le salut du chapeau. J’aime ces histoires où il est question de ranch, d’élevage, d’étendues sauvages, d’honneur, de liberté… Ce sont des romans où le rêve américain dans tout ce qu’il a de plus cliché peut prendre son ampleur.

Malheureusement, la tendance littéraire en romance est plus aux vampires et autres créatures fantastiques. Et pour retrouver mes étendues sans fin, il m’a donc fallu partir en quête d’un ouvrage lu il y a longtemps, dont Chi-Chi vous parlait jeudi dernier dans son Top 15 : Chercheuse d’or (Silver lining) de Maggie Osborne.

Le concept de l’histoire est simple : à la suite d’une épidémie de variole, Max MacCord se retrouve marié à Louise Downe, dite Low Down, parce qu’elle est restée pour s’occuper des malades et que les survivants veulent la remercier.
Comme souvent lorsqu’il s’agit de mariage arrangé, l’ »arrangement » ne convient ni à l’homme, ni à la femme. Mais tous deux sont des personnes d’honneur, et sitôt la cérémonie prononcée, les voilà mari et femme, en route pour les terres des MacCord.

On pourrait croire que cette histoire se résume à un mariage forcé dans l’ouest. Ce serait sous-estimer l’imagination de l’auteur !

D’une part, il ne s’agit pas d’un mariage forcé dans le sens strict du terme ; ce n’est pas une alliance entre deux familles orchestrées par les deux paternels pour consolider la fortune de l’un et la position sociale de l’autre. Ce n’est pas non plus un mariage organisé pour rétablir la paix dans un territoire en guerre depuis des siècles. Non, en aucun cas les familles des conjoints n’ont eu leur mot à dire. Et j’ajouterais même que les deux parties se retrouvent victimes des circonstances.

Par ailleurs, il ne s’agit pas non plus d’une simple histoire d’ajustement entre deux personnes qui ne se connaissent pas et qui se retrouvent liées par le mariage. Il y aura ici une sombre histoire d’ex-fiancé(e), de vengeance paternelle, de vendetta agricole et de trahison « amoureuse ».

Ce mariage forcé va avoir des répercutions sur la famille entière des époux et saura créer son lot de problèmes. Il est souvent dit que c’est dans les situations difficiles que se révèle la vraie valeur d’une personne. Maggie Osborne applique ici ce dicton à la lettre.

Les conditions sont dures dans l’ouest, la vie est rude au ranch. Entre l’hiver, les accidents, et les tensions familiales, l’histoire entre Max et Louise n’est absolument pas gagnée d’avance. En effet, Max vient d’une famille de ranchers prospère alors que Louise est une orpheline qui a du se battre chaque jour de sa vie. Mais Maggie Osborne réussit à trouver les mots pour adoucir les situations critiques avec un savant mélange de dialogues à l’humour caustique et d’émotions nouvelles.

Nos deux héros vont en apprendre beaucoup sur les autres et sur eux-mêmes et sortiront de ce livre grandis.

Si la couverture a mal vieilli, je relis pour ma part ce livre avec beaucoup de plaisir et m’imagine Max MacCord avec les yeux envoûtants de Paul Newman et la carrure de John Wayne. C’est entièrement de sa faute. Je vous l’avais dit !

Bonne lecture,
Tam-Tam

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19 réflexions sur “C’est la faute de John Wayne

  1. Hum, je dé-tes-te Maggie Osborne ! Je suis totalement imperméable à son style d'écriture, d'autant plus que les histoires de l'Ouest américain ne sont pas ma tasse de thé…Pour moi, la meilleure, la sans-pareille, la plus belle des histoires de cow-boys, c'est "Au coeur de l'Ouest" de Pénélope Williamson, superbe !!

  2. @Salix: tiens, je l'ai pas lu…le synopsis est pas mal.Le héros a-t-il le regard de Paul Newman et le charisme de John Wayne? (si tu réponds oui, je suis perdue pour la patrie ^^)

  3. Ah, je vois qu'on fais des échanges par ici. Du moment où ça ne distrait pas Tam-Tam de la tâche de lire le Medeiros avant le Salon, je vous encourage! Sinon, moi, le cowboy, ça ne me fait rien 😦 Dommage parce que ta chronique était très sympa, quand même, et on sent que toi, ça te touche… Je ferais mieux de retourner à Anne et Gilbert, qui ne s'en sortent pas sans moi… Légèrement plus contemporain, celui-là, mais légèrement! Bises,

  4. Moi je ne suis pas une fan du cow-boy par principe (d'ailleurs c'est vrai que ce sujet n'est plus du tout à la mode), mais j'ai lu ce livre à l'époque de sa première publication par J'ai Lu, et c'est l'un des rares que j'ai gardé. Je n'ai pas autant aimé les autres Osborne, mais celui-là, tout de même… Et puis Clint, moi, bof bof, par contre Paul Newman, dans L'arnaque… OK, il ne joue pas un cow-boy, mais quels yeux!!!

  5. J'ai lu 4 Osborne (pas celui-là) mais je n'accroche pas plus que ça à cet auteur…Je préfère les cowboys d'Elizabeth Lowell, beaucoup plus mâles et beaucoup plus chauds !!

  6. Je me souviens avoir vraiment aimé les livres de Maggie Osborne du temps de mes lectures A&P 🙂 ça changeait des Regency et autres romantic supsense (sans compter que maintenant, j'arrive plus à voir des vampires en peinture dans les romances – seule exception: ma dose de True Blood, mais la saison ne recommence qu'en été lol).

  7. @Catwoman: ça doit être une question de mode…dans 10 ans il n'y aura plus autant de vampires en haut des rayonnages!@Belette: J'ai retrouvé un vieux cartons remplis de A&P et autres Harlequins…Il y a du lourd! Mais ce osborne, je l'ai relu avec la même ferveur qu'étant ado!

  8. Pingback: The Texan’s wager | In need of prince charming

  9. Soit vous avez un blog joueur, soit j’ai fait un saut dans le passé, mais je viens de découvrir cet article (« colonne de droite, je craque ». J’en ai pleins des comme ça, si vous voulez). Moi je suis comme la raison de Tam-Tam, j’associe les vachers (ah ben oui, tiens, « vacher », tout de suite, ça fait moins voyager que « cow-boy », hein, on n’est plus au far West, mais dans le Berry… Laly, casseuse de mythes et de rêves, à votre service!), je disais donc, j’associe les vachers à des semaines de « balade », le fessier usé par la selle de cheval, les jambes arquées (beurk!) la chemise raidie par la transpiration aromatisée à l’odeur de vache. Là, tout de suite, le glamour, on oublie, j’ai plus envie de faire demi-tour pour fuir l’odeur, ou si je suis courageuse, de me jeter sur notre héros pour le décrasser au gant de crin.

    MAIS Tam-Tam est douée, elle sait me faire rêver, elle a dit « Paul Newman », moi, il ne m’en fallait pas plus… Donc je vais m’armer de mon gant de crin ainsi que d’une lotion apaisante (ben oui, ça a la peau fragile, un cow-boy. Dure, mais fragile) et j’irai tâter du cow-boy incessamment sous peu…

    ps : à quand un beau Sud-Américain ténébreux, un homme de la pampa, un taiseux au regard de braise??? Dites, vous auriez ça, caché au fond de votre malle aux trésors???!!

    • hahahahaha!!!!
      Dis moi, quand tu dis Berry, tu parles d’ou dans le Berry
      il se trouve que si Tam-Tamland est plus au sud, les parents de Tam-Tam ont emigré dans le Berry il y a un peu moins de 20 ans, du coup, Tam-Tam est intriguée (et curieuse)(et parle d’elle a la troisième personne)

      • Chère Tam-Tam si émue que tu en perds la première personne du singulier, mon Berry à moi, c’est celui entre Bourges et Vierzon, chatouillé de très près par la boisée Sologne.

        Mais je peux aussi te parler de la morne plaine entre Vierzon et Châteauroux, avec une autoroute si droite dans un paysage si plat que s’il n’y avait pas quelques arbres en bord de route comme repère, tu te demanderais si tu fais du sur place.

        Qu’a-t-il bien pu arriver à tes parents pour qu’ils émigrent dans le Berry? Ils n’ont pas pu le faire de leur plein-gré, si? Soit Tam-Tam père a été muté de force (un militaire à Châteauroux?!) soit Tam-Tam mère a hérité de la magnifique ferme de tante Hortense (et les fermes, on le sait tous, c’est très difficilement déménageable!!!)

        Donc maintenant tu comprends mieux quand je te parle des vachers berrichons, beaucoup moins exotiques que ton cow-boy du wild wild west!!!

      • hhahahaha
        Le berry de mes parents est celui des chèvres et de la brenne, au porte de la tourraine du sud.
        Pas de mutation forcée, au contraire, mes parents ont choisi (le sourire aux lèvres) de s’implanter au milieu du vert, me traumatisant un peu pour toujours. Car je suis une fille bien trop urbaine….Mais bon, c’est toujours un endroit fort agréable pour les weekend, faut avouer (meme si tam-tamland n’est pas non plus sans verdure)(tu restes sur la meme autoroute, et tu comptes 2 petites heures ^^)

      • Oh lala, oui, tes parents sont descendus bien bas (géographiquement parlant!). Les vacances au vert, c’est bien aussi. Surtout si on peut bronzer tranquillement ou faire un lâché de gamins surexcités sans avoir peur de déranger les voisins!

  10. Pingback: Le Top 15 de Chi-Chi – édition 2011 | In need of prince charming

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