Ces couples que je ne saurais voir

Pour conclure notre « mois de la guest-star », notre invitée mystère, la toute première des invitées sur notre blog, j’ai nommé Lady V. Voila déjà un an qu’elle prenait la plume pour vous faire part de ses Conseils à l’intention des novices en romance, nous la retrouvons aujourd’hui pour parler de science de la romance de nouveau!
Il est de ces personnages qui représentent, selon certains « la plus belle histoire d’amour du monde ». Le cinéma nous a donné Jack et Rose, la télévision Ross et Rachel, la bande dessinée Tintin et le capitaine Haddock. La littérature a donné à nos pauvres cœurs de romantiques des couples mythiques qui nous font rêver. Enfin officiellement. Pessimiste (ou réaliste) assumée, je veux vous expliquer pourquoi je déteste certains de ces couples que Hollywood et les éditeurs essayent encore de nous faire passer pour une destinée merveilleuse. Non, parce que j’ai vérifié, en vrai, la petite sirène ne finit pas avec le prince Eric. Nous avons donc :

1) Roméo et Juliette, les amants maudits :

LE couple romantique par excellence. Parce que c’est bien connu, épouser un type rencontré quelques jours plus tôt, à 13 ans, c’est vraiment l’idée du siècle. Surtout à quelques jours de son mariage arrangé. En plus, Roméo tue le cousin de Juliette (histoire d’amorcer une réconciliation avec la belle-famille), doit fuir et revient pour découvrir le cadavre de sa femme. Au lieu de se donner un temps pour se remettre, il se suicide! Juju finit par se réveiller (en fait cela faisait partie d’un plan génial pour s’enfuir avec son mari. Où? Comment? Avec quel argent? Question futile enfin, elle suit son coeuuuuuur) et se tue aussi. Ils ont donc dû passer environ 48h à la suite ensemble et se marient. 

Comment ça finirait en vrai : Après s’être enfuis tous les deux, Roméo se rend compte que Juju, du haut de ses 13 ans, n’est rien d’autre qu’une petite blonde et qu’ils n’ont rien en commun. En plus, la vie dans la forêt, ça va deux minutes, mais il y a une fête chez Benvolio samedi soir. Il quitte sa femme pour sa nourrice, et Juliette n’a plus qu’à faire comme toutes les filles de l’époque ayant péché : direction le couvent.

2) Les hauts de Hurlevent, l’égoïsme à l’état pur :

Alors là, j’avoue, je n’ai pas lu le livre. Le film, le résumé, la bande-annonce, les fiches de lecture m’ont largement suffi. L’histoire? Heathcliff, une brute épaisse maltraitée dans son enfance par son frère adoptif, tombe amoureux de Cathy, sa sœur adoptive (déjà c’est limite incestueux, mais personne ne dit rien), laquelle, pour une raison obscure lui retourne ses sentiments. Mais elle en épouse un autre (qui l’adore malgré le fait qu’elle crève d’amour pour son presque-frère) et Heathcliff jure de se venger, entre autres en épousant la belle-sœur de Cathy, innocente dans l’affaire, et en la maltraitant. Cathy meurt en donnant naissance à sa fille, ce qui n’empêche pas Heathcliff de poursuivre sa revanche sur la fille de Cathy, son propre fils et le fils de son frère adoptif. Ou comment ruiner les générations futures à cause de deux personnes qui s’aiment et se haïssent. J’ai du mal à voir pourquoi cette histoire plait tant.

Comment ça finirait en vrai : Le mari de Cathy a la bonne idée de déménager (parce qu’habiter en face de chez Heathcliff, ça n’aide pas vraiment à tourner la page), cette dernière devient alcoolique, tout comme l’amour de sa vie, qui fait une faveur à tout le monde en allant rencontrer Freud qui, au bout d’une heure de thérapie, trouve en lui l’inspiration pour l’ensemble de son œuvre.

3) Twilight, la possession, une nouvelle forme d’amour :

Plus besoin de raconter l’histoire, Twilight représente 97 000 résultats sur Youtube, 125209 sur Fanfiction.net et 46700000 pages sur Google. Bella et Edward, qui pense qu’espionner une camarade de classe en train de dormir, c’est romantique. Perso, moi j’appelle le 17 et je n’accepte pas sa bague de fiançailles, surtout quand ce qu’il préfère  chez moi, c’est mon odeur et mon sang. Mais c’est une question de goût… Les vampires plus vieux que l’Arc de Triomphe, qui m’interdisent de voir mes amis et dont la famille essaye de me manger comme un BigMac, ça ne me donne pas trop envie de m’effondrer lamentablement et ne plus sortir de ma chambre pendant 5 mois parce qu’il a déménagé sans laisser d’adresse. Heureusement qu’il y a un loup-garou bodybuildé à proximité pour enchainer! Simone de Beauvoir doit s’en retourner dans sa tombe.

Comment ça finirait en vrai : Edward tue Bella pour notre plus grand soulagement, la rédaction de Lire respire à nouveau, et Edward meurt bêtement lors d’une partie de balle au prisonnier avec ses frères (toujours puceau, il s‘agit d‘un livre mormon, rien en dehors du mariage). Au moins Shakespeare savait écrire, lui (oui, Stephenie Meyer s’est paraît-il inspirée de Romeo et Juju pour son chef d’œuvre)!

4) Les quatre filles du docteur March, « mais restons potes, hein? » :

On a toutes lu ce livre, on a toutes craqué pour Laurie (malgré son nom de chanteuse), on a toutes cru qu’il finirait avec Jo, son meilleur pote, son mousquetaire, le Joey de son Chandler (elle était un peu facile celle- là) qui, malgré son nom, est une fille. Mais Louisa May Alcott a brisé bien des cœurs (et reçu bien des lettres de fans en colère dans les années 1860) en casant Laurie avec Amy et Jo avec un prof allemand, après que Jo ait refusé d’épouser Laurie car elle ne l’aimait pas, et qu’elle ne montre aucun signe de jalousie quand il revient avec sa petite sœur à son bras.

Comment ça finirait en vrai : de la même façon, avec deux couples bien assortis, une amitié sauvée et une maison pleine de garçons pour Jo. Ça s’appelle tourner la page avec classe et maturité. 

Il y a bien sûr bien d’autres couples, mais je ne m’occuperais que de ces quatre-là aujourd’hui… J’aurais pu par exemple écrire sur Papa Longues-Jambes, mais ce sera pour une autre fois. En attendant, dites-moi, vous, quelles histoires d’amour vous avez adoré détester ?

PS : Par pitié, fans de Twilight, que je sais animées d’une passion violente et rare, épargnez moi !

Lady V.
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17 réflexions sur “Ces couples que je ne saurais voir

  1. Tintin et le capitaine Haddock!!! Hahahaha…quel fou-rire de si bon matin!Je ne sais si c'est la faute de la caféine qui n'a pas encore fait son travail, ou tout simplement mon esprit qui refuse de retenir ces histoires d'amour qui me frustre tant, mais je n'arrive pas a en trouver d'autre ce matin!Mais je suis tellement d'accord avec toi pour ces 4 là!!

  2. Excellent ton article Lady V. (belle gosse) , et hilarant aussi. Surtout le paragraphe sur Twilight, je ne peux pas être plus d'accord avec ce qui est dit 😉 !

  3. @ Belette : voila une option fort probable mais quand meme moins marrante que la partie de balle au prisonnier! ;o)@ Lady V. : Morte de rire!!! Tu devrais venir écrire pour nous plus souvent…

  4. Je suis bien d'accord avec tous ces exemples, mais justement, ce ne sont PAS des couples romantiques! Ceux qui veulent les faire passer pour tels (et c'est vrai qu'il y en a) n'ont manifestement rien compris à l'histoire que l'auteur a voulu écrire (enfin c'est mon analyse, LOL)…Roméo et Juliette, c'est une critique de l'amour adolescent immature: la moralité, c'est que ça ne peut pas marcher (cf la mort finale des protagonistes, CQFD).Les Hauts de Hurlevent, c'est l'invention d'une femme vierge, qui a vécu pratiquement recluse dans sa bruyère, dotée d'une imagination tordue. Ce n'est pas fait pour être charmant ou sentimental, mais torturé et tragique. (Rien à voir donc avec Jane Eyre, pour lequel Charlotte se serait inspirée d'un amour qu'elle a réellement vécu, même s'il s'est mal terminé.)Twilight, no comment. Là je crois que c'était authentiquement raté.Les 4 filles du Dr March, c'est de la malice délibérée de la part de l'auteure, qui savait bien que tout le monde s'attendait à voir Jo finir avec Laurie, et s'est donné à coeur joie de tromper les espoirs de ses lecteurs. Moi aussi je préfère l'histoire telle qu'elle est, au final.

  5. @ Asia : Je connais pourtant bien des gens qui te diront que Les hauts de hurlevent sont une des plus belles histoires d'amour de tous les temps, ou que Roméo et Juliette sont l'incarnation de l'amour le plus pur qui soit… Le problème dans tout ça, c'est la perception que l'on en a : si on nous dit que c'est romantique, alors la plupart d'entre nous ne remettrons pas ce principe en question, alors que je crois qu'il y aurait beaucoup a redire sur le romantisme du suicide. Mais c'est aussi parce que notre notion de romantisme a sérieusement évolué depuis un siècle ou deux, le mal des enfants du siècle n'est plus à la mode et nous parait parfois un peu ridicule aujourd'hui! Quand aux 4 filles du Dr March, personnellement, j'ai toujours été une fan du couple Laurie/Amy aussi! ;o)

  6. De la part d'une fan de Laurie/Jo, j'ai adoré ta chronique. Merci! C'est très bien écrit et très perspicace. Le "comment ça finirait en vrai" m'a fait rigolé à chaque fois! Je cherche depuis 2 jours d'autres couples qui ne m'inspirent pas, mais je ne trouve rien à la hauteur de tes exemples. J'ai juste quelques doutes sur le début de la relation de Maxim de Winter et la narratrice dans "Rebecca" de Daphne du Maurier. Il n'a pas était d'une honnêteté débordante avec elle, pendant qu'il lui faisait la cour, et ensuite entre le procès et le coup de Manderley (je galère, là, pour pas faire de "spoiler" car je sens que Chi-Chi le garde en réserve, celui-là, pour une chronique), on ne peut pas dire que le mariage démarre sur les chapeaux de roues, si c'est comme ça que vous dites… Mais ça, je ne me l'avouerais jamais, puisque ce livre a été pour moi une sorte de révélation, presque aussi puissante, pour celles qui me connaissent, que ma rencontre avec Darcy et Elizabeth! Bravo en tout cas, et je réfléchis encore…

  7. @ Pirouette : ^^ je n'avais pas pensé à Rebecca, mais maintenant que tu l'évoques, cela pourrait être un bon sujet de chronique, il faudrait que je le relise quand même parce que la dernière fois j'avais 14 ans!

  8. Je suis d'accord pour tout, sauf pour Daddy-Long-Legs parce que quand même, dans la tête de Judy il a y Daddy d'un côté (qu'elle ne rencontre jamais au final, si ce n'est dans sa tête) et Mr. Jervie de l'autre et donc malgré tout, elle ne tombe pas amoureuse de l'homme à qui elle écrit et qu'elle prend pour son père mais bien d'un homme en chair et en os qu'elle voit souvent et dont elle tombe amoureuse "naturellement". Pour Roméo et Juliette, autant j'adore l'écriture de Shakespeare (les déclarations, la langue et l'humour) autant je suis d'accord le couple n'est pas romantique! Quant aux 3 autres….hein!Je n'aime pas du tout le couple Marianne-Brandon de Sense and Sensibilty. La différence d'âge ne me dérange pas, pas plus que le fait qu'elle l'épouse sans amour mais finit par l'aimer à force de respect et de compréhension. Ce qui me gêne c'est que Brandon épouse Marianne non pas parce qu'il l'aime mais parce qu'il rattrape le temps perdu avec la fille dont il était amoureux jeune…et être aimé parce qu'on rappelle une morte je trouve ça morbide!!!

  9. Ouh la la tu spoile à mort dans ton commentaire là ! Alors que j'avais fait si attention de supprimer toute référence! 😉 Moi je ne suis pas du tout d'accord avec Lady V., tu le sais bien, mais je suis bien obligée de la laisser dire ce qu'elle veut, même si ce sont évidemment des bêtises! Pour le couple Brandon/Marianne, c'est marrant je ne l'avais jamais vu de e point de vue, pour moi le colonel passe a autre chose bien avant le mariage et il voit réellement Marianne pour qui elle est, même si au début il était attiré par sa ressemblance, je ne pense pas que cela dure. Mais c'est mon interprétation de Jane… Je refuse de lui trouver des défauts! 🙂

  10. Chimène et Rodrigue… le poète George Fourest s'en moquait avec son célèbre vers : "Dieu !" soupire à part la plaintive Chimène, "Qu'il est joli garçon l'assassin de Papa!"Le bossu… où cela ne dérangeait personne à l'époque que la jeune fille épouse son père adoptif, pour moi bien plus dérangeant que papa longues jambes (connu aussi sous le titre le faucheux) où à part lui financer ses études, notre héros n'est en aucun cas un père de substitutionEn fait, la notion de l'amour a énormément évolué avec les siècles et même les années, ainsi dans les "romances" des années 70, les héros avaient au minimum 12 ans de plus que l'élue, et facilement quinze à vingt ans, une normalité intéressante à étudier.

  11. 🙂 Je connais et j'adore cette citation! Quand au Bossu, j'avoue avoir trouvé cette histoire plus romantiques à une époque, nettement moins maintenant… C'est vrai que la notion de ce qui est acceptable en amour a terriblement évolué, et il n'y a qu'a voir la différence entre les romances 70's et 80's et maintenant pour s'en rendre compte!

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