Celle par qui tout a commencé

Judith McNaught à l’honneur aujourd’hui après une série qui vous aura tenu en haleine pratiquement un mois. Un mois pour étudier avec sérieux ces auteurs qui naviguent entre le passé et le présent, ces auteurs qui savent aussi bien manier le corset et les jupons, que les téléphones portables et les voitures à gros cylindres.

Mais à l’origine de cette étude, il y avait une auteur, et un livre dans lequel je m’étais plongée alors que les derniers jours de l’été sonnaient. Judith McNaugh et son « Until You ». C’est étrange parfois comme certains livres semblent avoir été placés sur votre chemin. « Until You » fut de ceux-là, déniché lors du fameux voyage diplomatique qui vous aura permis de passer un mois entier en présence de nos guest-stars.

Mais revenons à « Until You ». Romance historique écrite par une auteur découverte dans le contemporain, ce dernier raconte l’histoire de Sheridan Bromleigh et de Stephen David Elliott Westmoreland Comte de Langford (à vos souhaits !).

L’honnêteté me pousse à vous révéler un fait des plus critiques : j’ai lu ce roman dans sa version française il y a une dizaine d’années (à l’époque où j’ai découvert l’auteur), mais ma mémoire étant des plus faillibles, j’ai complètement oublié le-dit roman, jusqu’à la relecture de celui-ci, quand, arrivée à la page 57, j’ai eu une vague impression de déjà-vu. Mon incapacité à retenir les noms sera ma perte, c’est dit!

Vous me direz, ceci en dit peut-être long sur le roman en question, mais pas du tout !

L’histoire entre Stephen et Sheridan est plutôt bien menée. La jeune fille a été élevée aux États-Unis, de manière peu conventionnelle, suite au décès de sa mère. Elle sait monter un cheval comme une écuyère de cirque, enfile un pantalon comme d’autres enfilent des corsets et possède un répertoire d’injures qui ferait honneur au capitaine Haddock.

Fort heureusement, elle sait aussi être un portrait de convenance, grâce aux enseignements de sa tante. Tout irait pour le mieux si, à son arrivée en Grande Bretagne, notre héroïne ne perdait pas la mémoire…

Coup de chance pour elle, et pour notre histoire, ce malencontreux accident survient alors que notre héros Stephen Du nom à Ralonge se trouve à ses côtés. Un petit coup de pouce du destin, ou une chute de cargaison (tout dépend du point de vue), mais voilà donc nos héros en présence l’un de l’autre.

Alors que Sheridan tente de retrouver les bribes de son passé, elle découvre Stephen. Ce dernier est un héros historique comme on les aime : beau, charmant, noble mais enclin aux propositions indécentes, arrogant et réticent à admettre ses erreurs. Bref, un héros un peu « rake » sur les bords.

J’ai fait l’erreur de m’attendre à une histoire d’amnésie assez « traditionnelle » et finalement quelque peu sans saveur : héros rencontre héroïne, héroïne perd mémoire, couple tombe follement amoureux, héroïne retrouve mémoire, héroïne n’est pas de son rang, héros fait proposition indécente, etc…

Mais je suis heureuse de vous annoncer que Judith, dans son infinie sagesse, a su trouver les éléments nécessaires pour perturber ce schéma éculé. Elle a su créer une folle équipe de personnages secondaires et de situations parallèles qui donne de la profondeur à ce roman, pour le rendre très bon.

Si bon, que je ne m’explique pas vraiment cette amnésie partielle de ma part, car si j’avais complètement oublié « Garçon Manqué » (titre français), je garde un très beau souvenir de « Séduction » (Remember When)… Peut être ai-je été frappée du même mal que l’héroïne ?

Mais penchons nous donc sur ce fameux contemporain : « Séduction ». Diana Foster, Cole Harrison et son ambiance texane. Il me suffît de voir la couverture pour me remémorer certaines scènes empruntes de sensualité, de chaleur, et de haute société sudiste.

Cole Harrison est un businessman accompli. Bien des années ont passées depuis le temps où il travaillait dans les écuries Foster pour payer ces études. C’est dans ces mêmes écuries que Diana Foster est tombée amoureuse de lui. Bien des années plus tard, les voilà de nouveaux réunis.
A l’époque la jeune fille était une riche héritière, mais un revers du destin l’a forcée à travailler dur pour sauver sa famille de la ruine. Aujourd’hui, elle aussi est à la tête d’une entreprise florissante. Deux travailleurs hors du commun, à la volonté de fer qui décident de s’unir. Non, ce ne sera pas un mariage sous le signe de l’amour, mais chacun à quelque chose à tirer de cette situation : Cole donne satisfaction à son grand-père qui lui a posé un ultimatum « tu te maries, ou c’est la ruine », et Diana sauve son image du scandale (lequel, je vous laisse découvrir).

Encore un scénario cousu de fil blanc ? Que nenni ! Judith a plus d’un tour dans son sac, et sa plume m’a enchanté encore une fois de rebondissements imprévus, de personnages plus subtils que les apparences ne le laissent entendre… Un réel plaisir de lecture !

Comment les départager alors? Pour les besoins de cette chronique, j’ai été farfouiller dans la vie de l’auteur, pour savoir si elle était comme AQ/JAK, et que ce va-et-vient entre historiques et contemporains était une habitude ou si, comme Lisa Kleypas, elle ne s’était tournée vers le contemporain que récemment…

Et bien figurez vous qu’elle a commencé par l’historique, mais voyant que de plus en plus d’auteurs débarquaient sur ce même marché, elle s’est réinventée auteur de contemporain et n’a plus vraiment changé depuis.

Si une partie de moi se dit que c’est peut-être dommage, je préfère qu’elle se concentre sur un genre et qu’elle y excelle, une déception est si dure à gérer !

Je referme à présent cette série Passé/Présent, je n’écarte pas l’idée d’y revenir un jour… Mais en attendant, vous avez de la lecture devant vous !

Tam-Tam

NB: Sur la photo vous pouvez apercevoir « Once and Always », autre roman historique de Judith McNaught, il est désormais dans ma PAC (Pile à Chroniquer), mais si vous voulez prendre de l’avance, c’est un bon cru de l’auteur!
 
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17 réflexions sur “Celle par qui tout a commencé

  1. Until you est le premier livre VO que j'ai acheté!!! Par contre, je n'en garde pas un souvenir impérissable, au point que c'est le seul McNaught que j'ai lu, je me souviens avoir trouvé que le héros était vraiment goujat avec Sheridan… Il faudra que je donne sa chance à Seduction un jour, met le moi de coté! ;o)

  2. Comme je souffre moi aussi du syndrome de Dory en ce qui concerne 1) les noms des personnages et 2)carrément l'intrigue d'un roman, je comprends tout à fait que tu puisses lire un roman en Français puis en Anglais sans te rendre compte au début que tu connais déjà. D'ailleurs je trouve que la p57, c'est assez rapide pour découvrir le pot à l'eau de rose! Et en plus plusieurs années se sont écoulées entretemps. Moi, je te jure, ça m'est arrivé d'acheter en Français un roman que j'avais lu quelques moi auparavant en Anglais sans m'en rendre compte. C'est grave!Du coup je ne me souviens plus ce que j'ai lu en McNaught. Aucun des intrigues que tu décrives ne me semble familier, mais ce n'est pas un argument concluant pour dire que je n'ai pas lu le livre…

  3. J'ai lu deux historique de McNaught, mais je n'ai pas vraiment envie d'insister… J'ai l'impression que ce n'est pas mon style, je la préfère nettement en contemporain. (Ça ne m'a pas donné envie non plus: http://gossamerobsessions.blogspot.com/2011/03/until-you-by-judith-mcnaught.html)"Remember When" est pour moi la preuve qu'elle fonctionne en contemporain même quand elle se foire un peu. Je crois qu'elle a écrit elle-même dans une préface à ce bouquin à quel point elle a eu du mal à finir de l'écrire, la panne sèche vers les deux tiers… Eh bien ça se sent drôlement! Le rythme de ce bouquin est effectivement mal tenu, ça devient lent à un moment, pour se résoudre finalement à toute vitesse… Ça cloche un peu. N'empêche que l'histoire, les émotions rattrapent le tout pour en faire quand même un bon livre!Ceci dit, Cole ne travaille pas pour les Foster pendant ses études, mais pour des voisins méchants qui deviennent la cause de sa mauvaise réputation, alors qu'en fait c'est lui qu'ils ont maltraité (un motif récurrent chez McNaught; le héros est toujours victime d'une injustice que seule l'héroïne va découvrir et comprendre).

  4. @Yayane: mais pas de quoi Mademoiselle. Je ne suis pas non plus une fan absolue, mais ses livres sont tout de même une référence!@Cosette: c'est bien gentil de t'arrêter par chez nous. Et encore un autre merci pour ce joli compliment. Je dois admettre qu'on est assez fière de tenir le rythme!@Chi-Chi: je pense que tu le préféreras en VO. Mais mon exemplaire VF t'attends en Corrrezie très chère.@Pirouette: Mon surnom aurait pu être Dory-Dory…Mais bon, ça sonnait pas aussi bien! Quant à la page 57…coup de chance sans doute!@Asia: tout à fait d'accord pour le détail, mais j'ai voulu faire à l'économie en terme de mot, et ne pas me lancer dans les explications de "qui est qui"…ouhh paaasss bien! ça m'apprendra!@Cynthia: Merci! Merci! J'ai bien aimé commencer par les contemporains, mais je te laisse seule juge!

  5. @Pimpi: j'ai lu Once and Always, le premier de cette série, mais celui là ne me dit rien…mais bon, je viens de prouver que cela ne veux pas dire grand chose parfois ! ^^

  6. @ Pimpi : Moi je l'ai lu, Almost Heaven, j'en ai gardé un souvenir nébuleux, plutôt sympa mais pas impérissable… J'avoue, je ne suis pas une grande fan de McNaught! Mais j'ai lu tes articles sur Lauren Willig, il va falloir que je tente un de ces jours!

  7. Franchement, Chi-Chi (et Tam-Tam aussi, tiens… plus on est de folles, plus il y a de riz! Ah non, pardon, on me dit que c'est pas ça, l'expression consacrée…), tu devrais essayer Lauren Willig, je suis sûre que tu adorerais vraiment!!! C'est impossible de résister à tant d'humour, d'amour, de romantisme, d'aventures, de références à Jane Austen et de sexitude… Vraiment!

  8. @Pimpi: je suis dans une phase de "dry spell" côté lecture…Dirais tu que cette auteur est de celle qui va me remettre sur les rails?PS: n'ait crainte, les chroniques continueront à affluer, mais je suis lassée des auteurs que je connais, et j'ai toutes les peines du monde pour en découvrir d'autres…

  9. @ Pimpi : ^_^ ça tombe bien, le riz c'est très "couleur locale", il y en a plein par chez moi… Je note donc, Lauren Willig, parmi les 172 articles de ma liste "à acheter"… Aïe!@ Tam-Tam : Don't worry, you know it always comes back…

  10. Oh mais oui, oui, OUI, je suis sûre que Lauren Willig te remettra sur les rails! Si tu aimes l'espionnage sous Napoléon, les sexy espions séduits par des héroïnes qui n'ont pas les deux pieds dans le même sabot, ni la langue dans leur poche, Paris sous Napoléon et un humour irrésistible! Give them a try! Mais commence par le premier, c'est vraiment une série qu'il faut lire dans l'ordre… The Secret History of the Pink Carnation (et là, maintenant, j'ai la pression…. je crois que je serais suuuuuper triste si tu n'aimais pas! Comme Chi-Chi si une personne n'aimait pas Julia Quinn – ce qui est impossible, entendons-nous!). 😀

  11. @ Pimpi : Je compatis, chaque fois que je prête ou recommande un livre à quelqu'un, je m'angoisse comme une folle à l'idée qu'il n'aime pas ensuite… J'ai l'impression que c'est un échec personnel!Comme je suis une grande paresseuse, je vais laisser Tam-Tam le lire en premier et me le passer ensuite… ;o)

  12. Bon, les filles, est-ce qu'il faut que je vous envoie un exemplaire direct from Quebec ???? 🙂 Chi-Chi…. tu vas adorer, j'en suis persuadée! 🙂 Il FAUT que tu le lises!!! 🙂

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