Balzac romantique…

Aujourd’hui, je vis dangereusement… Aujourd’hui, je parle d’un VRAI classique. Toute lectrice de romance qui s’y connait un peu a déjà entendu parler de Kathleen Woodiwiss. C’est un peu comme lire du Balzac (oui, j’ose, quand je vous disais que je prends des risques aujourd’hui…), c’est un classique, il faut tester sous peine de rater sa vie (je sens que ces risques ne vont pas faire de bien à ma santé)! Après, on aime ou pas, c’est difficile de prévoir mais c’est un passage obligé je crois. Car si Johanna Lindsey représente la romance old-school, Kathleen Woodiwiss c’est la vieille old-school (et un pléonasme).

En ce qui me concerne, je n’ai qu’une tentative à mon actif (et 3 en attentes dans ma PAL, mais chut!) : A rose in winter, audacieusement traduit sous le titre d’« Une rose en hiver ». Livre qui a été publié pour la première fois en 1982. Aïe… Oserais-je le dire? Ce livre est plus vieux que moi! Je défaille, voilà une prise de conscience pour le moins déplaisante…

Mais assez de suspens, je sais que vous mourrez tous d’envie que je vous parle de ce livre… Enfin tous… les quelques égarés malheureux qui ne l’ont pas encore lu évidemment! Point d’inquiétudes, il n’y a pas ici de spoilers que l’on ne trouve sur les 4ème de couverture…

A rose in winter nous conte donc l’histoire des amours contrariées de la belle Erienne Flemming. Oui, belle, car à cette époque, l’héroïne ne peut qu’être renversante de beauté. Rousse, la peau d’albâtre, petite, la taille fine et les seins hauts, les mains délicates… Et docile de préférence ! Les grandes, les vieilles, celles qui avaient des taches de rousseur ou une jambe en moins, celles qui avaient le malheur d’avoir de l’esprit sont mises au rebut, pas le droit de rencontrer âme sœur. Et je ne vous parle même pas des brunes, des sorcières, des rivales vénéneuses vouées à finir leur vie dans d’atroces souffrances!

Mais j’exagère, car si Erienne est une subliiiime jeune fille, elle n’est pas complètement cruche, et surtout, elle a le sens de l’honneur, elle est droite et morale. Cette précision peut sembler anodine, mais vous verrez qu’elle a son importance pour la suite. Par contre, elle est bien docile. Notre jeune fille vit dans le charmant village de Mawbry, au Nord de l’Angleterre en 1792. La précision est importante, notre histoire commence un 23 octobre. L’exactitude historique est au cœur de l’intrigue, comme vous allez très vite vous en rendre compte. Ou pas.

Mais assez de digressions, revenons à notre mouton, pardon, à notre héroïne.

Erienne (quel nom, franchement) a un crush pour Christopher Seton. Il est beau, il est ténébreux, il a toutes ses dents, son père ne peut pas le voir en peinture, l’affaire est dans le sac et quelques baisers échangés suffisent à convaincre la jeune fille qu’il s’agit là d’un grand amour.

Problème, le père d’Erienne est endetté jusqu’au cou. Et, comme tout bon parent qui se respecte, pour se tirer de cette situation délicate, papa Flemming a organisé une vente aux enchères. Le seul détail qui coince dans ce plan parfaitement au point, c’est qu’il n’a plus rien à vendre. Ah mais si, pardon, il lui reste sa fille. Non contente de lui servir de Cendrillon, elle va aussi lui éviter la prison pour dette! C’est là que l’exactitude historique prend tout son sens, Mesdames (et Messieurs)… Il semblerait que, en ces temps reculés, dans ces contrées sauvages (c’est loin l’Angleterre), ce soit une coutume tolérée que de vendre sa fille au plus offrant. Attention cependant, il ne s’agit pas de la vendre pour en faire n’importe quoi, mais de la vendre en mariage. Une façon habile de renverser la coutume de la dot en fait. C’est donc pour cette raison qu’il était important que notre héroïne soit renversante de beauté, comment espérer en tirer un bon prix sinon ?

Enfin, ne croyez pas que papa Flemming fait cela de gaité de cœur, non non, il aime sa fille. C’est juste qu’il aime sa bouteille de gin un peu plus… Pauvre Erienne, elle voulait épouser Christopher Seton, la voilà « achetée » par Lord Saxton. Christopher n’est même pas venu assister au spectacle, il n’a pas les moyens d’acheter sa belle. Mythe éternel des amants séparés, ou simple goujaterie ?

Quand au futur époux, comment vous le décrire… A en croire le public lors de la vente aux enchères, le diable lui-même ferait moins peur à voir. Noble local que tout le monde avait cru mort dans un incendie quelques années plus tôt, l’individu qui revient est boiteux, bossu, la voix éraillée, tout de noir vêtu, portant masque et gants pour que pas un centimètre de peau n’apparaisse. Il se murmure que les flammes ont si horriblement défiguré l’homme que celui-ci ne supporte plus le regard des autres. Belle perspective pour notre jeune héroïne !

Malgré ce nouveau statut de femme mariée, Christopher n’a pas dit son dernier mot, il entend bien trouver un moyen d’arracher Erienne à cette vie sans lui… 

Voilà donc cette malheureuse coincée entre un mari qu’elle ne connait absolument pas mais qui, contre toute attente, la traite bien, et cet homme vers qui son cœur (enfin ses hormones) la porte…

Mais j’en ai déjà trop dit, il va falloir maintenant vous laisser le bonheur de découvrir par vous-même les multiples mésaventures amoureuses d’Erienne et la personnalité extraordinaire de Lord Saxton (car oui, ce n’est pas l’amoureux qui remporte pas mon suffrage, j’ai décidé de me faire la gardienne de l’honneur bafoué et de soutenir le mari).

Si je me moque de certains aspects terriblement vieillots, ne vous y méprenez pas. Une rose en hiver est un livre passionnant qui vous emporte dans son monde, un grand moment épique et romanesque qui devrait particulièrement plaire aux fans d’Angélique et de Scarlett !

Bonne lecture, 

Chi-Chi
 
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18 réflexions sur “Balzac romantique…

  1. Je me fais toute petite, car, je n'ose presque pas l'avouer ici, je n'ai jamais lu de Woodiwiss. Je ne sais pas si ce sont les prix exorbitants, son nom de famille très étrange ou le côté historique qui m'ont découragée. Probablement juste la flemme de les chercher!Pourtant j'aurais envie de savoir à présent comment se termine l'histoire Grrrrr…

  2. Faut vraiment que je trouve un boulot moi : à 8h40 j'étais déjà en train de trépigner sur le blog ^^Tu as déterré une antiquité dis donc. Antiquité lue et appréciée, enfin autant que je me souvienne de mes débuts de Romantique.

  3. @ Pirouette : Si ce sont les prix qui t'arretent je te preterai mon exemplaire, mais à mon humble avis, c'est surtout l'aspect historique qui va bloquer! ;o) Si tu es sage je te raconterai la fin…@ Yayane : Publication à 9h les lundi et jeudi! ;o) Pour le travail je comprends, mais d'un autre coté, cela me fait plaisir que tu ais le temps de passer commenter en ce moment! ^_^J'ai été le récupérer derrière les fagots, un peu poussiéreux mais quand je l'ai relu pour l'article, j'ai trouvé qu'il fonctionnait encore bien…

  4. Faut dire que je me lève pour emmener l'homme au boulot et qu'après j'ai … pas grand chose à faire, à 8h30 à la maison et y a rien à la télé en plus :o(Je le trouve limite un peu Cartlandien dans le scénario celui-ci, une vraie vieillerie quoi.T'inquiètes je trouverai un moment pour passer quand même quand j'aurais du boulot ;o)

  5. Mon 1er Woodiwiss, et ma 1ere romance non Cartlandienne ! C'est dire si j'ai de la tendresse pour ce livre 😉 Même si j'en ai lu des très bons depuis, il reste mon livre préféré (sans aucune objectivité mdr)

  6. @ Yayane : Comment ça à 8h?? Je vais vérifier de ce pas, si c'est vrai, il va falloir remettre les pendules à l'heure! (littéralement) ;o)Si tu t'embetes trop, tu peux aller commenter tous les articles depuis le début du blog! ;o) Bon, par contre, c'est vrai qu'il y a un peu de Cartland, mais en version un peu plus longue. Je crains que ce ne soit inévitable avec la romance old-school…@ Rinou : Si si, c'est très objectif comme critère! ^_^ @ Belette : Pareil, j'ai envie de valeurs sures en ce moment, pas de prendre des risques!

  7. Pfiouuu ce que t'es jeune!!!!!!! J'étais hélas déjà né en 1982 et ça fait donc un bail que j'ai lu ce bon roman de Kathleen Woodiwiss. Mais j'avoue que mon préféré est le Loup et la Colombe (surement à cause des Normands). Par contre ne tente jamais les flammes de la passion qui est à jeter contre un mur.

  8. Je l'ai jamais lu celui-là, mais ça me donne envie d'essayer de le trouver. :)En fait je ne connais Woodiwiss que de Ashes in the Wind, que j'ai vraiment bien aimé malgré des longueurs. Mais Petals on the River est le prochain livre sur ma PAL! 😀 Ton article tombe bien pour me remotiver… (Je crois qu'il fait 600 pages, LOL.)

  9. @Chi-Chi: oui, je poste une heure plus tot…parce que je commence plus tot, et que j'aime bien regarder les premiers commentaires à la récré!!! Ne me retire pas ce petit plaisir…pleassseeeee!!!!! sinon, j'en ai lu du KW, mais en bonne Dory que je suis, les noms m'échappe…Le début de celui ci me disait quelque chose, mais finalement, ça n'a pas l'air d'être le bon. Dans celui dont je me souviens vaguement, il est question d'une héroïne qui se "mochise" juste avant la vente aux enchère…

  10. "un grand moment épique et romanesque qui devrait particulièrement plaire aux fans d’Angélique et de Scarlett"Tu l'as fait exprès pour alourdir ma PAL, non ? Vilaine. :-))

  11. @ Karine : Good, mon plan diabolique pour convertir le monde fonctionne! ^_^@ bancale : Se jeter contre un mur? Cela me semble douloureux, je vais donc éviter! Tam-Tam après discussion confirme, donc ce livre ne franchira pas le seuil de mon palais…@ Asia : Je ne connais pas du tout Petals on the river, tu me dirais ce que tu en as pensé? Ashes to the wind est dans ma PAL également… @ Tam-Tam : Dans ce cas c'est moi qui vais devoir changer mon horaire de publication, cela me perturbe trop. Tu sais que je suis une personne d'habitudes! ;o)@ Fashion : Nannn, toute ressemblance avec des personnages ayant potentiellement dit qu'ils aimaient Angélique (ce que je comprends) et Scarlett (ce que je comprends beaucoup moins mais il parait que c'est parce que je ne suis pas assez romantiques – ou que je n'ai aucun gout – selon les avis) est purement fortuite! ;o)

  12. Bon, je n'avais pas du tout été convaincue par le premier Woodiwiss que j'ai lu, mais comme Fashion et Karine, tu as utilisé les mots justes pour me donner envie. Je vais essayer celui-ci alors et redonner une autre chance à la Balzac de la romance! 🙂

  13. @ Pimpi : Je ne prétends pas que Woodiwiss, ce n'est pas spécial, attention! ;o)Mais d'après les échos que j'en ai eu, Une rose en hiver est son livre le plus "accessible" donc c'est effectivement à tenter!

  14. Pingback: The Shadow and The Star | In need of prince charming

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