Captive passions – Passions captives

Pour l’article d’aujourd’hui (le premier article du vendredi, je suis toute émue…), j’ai décidé de vous parler de la maaagnifique lecture commune que nous devions faire avec Fashion et Karine. Et du magnifique fail que cela a été, puisque le livre était tellement merveilleux que Fashion a arrêté après quoi… 60 pages ? Et Karine a abandonné page 171 très précisément. Mais vous me connaissez, je suis prête à risquer beaucoup pour la gloire, à commencer par ma santé mentale, et j’avais décidé que ce livre n’aurait pas raison de moi !

Avant d’en dire plus, je vous laisse lire l’article de Karine sur le sujet, puisqu’elle a tout dit bien mieux que je ne pourrais le faire (si vous ne le faites pas, vous allez vraiment vraiment avoir du mal à suivre, après moi, ce que j’en dis…) et de mon coté, je reprends l’analyse là où elle s’en est arrêtée puisque oui, victoire, je suis venue à bout de Captive Passions de Fern Michaels. Et en français en plus !!!

Les lectrices assidues de romance, les anciennes, celles qui fréquentent le milieu des grandes initiées sont déjà parties en courant là, normalement. A commencer par Tam-Tam ! Ben oui, Fern Michaels, non mais quelle idée ??! Une auteur connue pour écrire de la romance old-school dans tout ce qu’elle a de plus hard-core, à base de clichés d’hommes machos dominateurs et violents et d’héroïnes TSTL

Hélas, nul n’est à l’abri d’un moment d’égarement…

Enfin, reprenons avec Sirena, femme pirate pleine d’entrain, devenue la Sirène des mers pour venger la mort de sa sœur et son déshonneur (son viol donc). Parce que, quand on se fait capturer par des pirates, les choses se passent généralement moins bien que dans Pirates des Caraïbes… 

Petit rappel hyper super rapide, Sirena est espagnole, super douée en bateaux, et a juré de venger sa sœur et son oncle assassinés par des pirates alors qu’ils étaient en route pour Java où ladite sœur devait épouser l’administrateur hollandais local. Sirena étant over intelligente, est persuadée que c’est le hollandais (Regan, son futur mari) qui a orchestré l’attaque, parce que bien qu’anglais, les pirates avaient une navire hollandais. No comment sur la logique imparable… Sirena a donc épousé Regan pour mieux se venger de lui et le ruiner en attaquant tous les vaisseaux passant dans le coin, sous le nom poétique de la Sirène des mers (mais si elle ne vient pas de la mer, je me demande d’où peut venir cette sirène moi…). En plus, les similitudes entre les deux noms sont absolument stupéfiantes, à croire que l’auteur voudrait nous faire comprendre que son héroïne était prédestinée à devenir une grande pirate et un génie de la navigation. Ceci dit, dans ce livre, ils sont tous parfaitement stupides, et étrangement, personne, absolument personne ne fait le lien entre les deux ? Vraiment ?

Peut-être parce que Sirena est très bonne maîtresse de maison (même si elle n’a jamais rien commandé d’autre qu’une cuisine de bateau, moi je parie que c’est son maître d’armes qui lui a appris à faire la cuisine). D’ailleurs, c’est bien simple, à Java au 17ème siècle, elle commande un repas fait de poisson au beurre et citron, petits pois marinés avec des oignons, et un dessert d’abricots avec de la crème fouettée qui me rappelle étrangement celui de Carissa… (mais si voyons, Carissa… pfff, personne ne m’écoute quand je parle…) Un repas à haute probabilité historique donc.

Mais Sirena n’est pas si parfaite car en dépit de ses efforts, elle ne s’entend pas du tout avec la gouvernante, qui ne veut jamais rien servir d’autre que du chou bouilli, la vilaine ! C’est bien connu, la cuisine allemande se résume à ça. Et ne me demandez pas pourquoi un hollandais ne mange que de la cuisine allemande, la compréhension d’un pareil phénomène est au dessus de mes pauvres moyens, mais c’est pour cela que je ne suis pas auteur de romance !

Heureusement que la cuisinière, elle, est bien plus heureuse depuis qu’elle peut faire des dessert à la crème, elle en avait marre d’avoir les cheveux qui sentaient la choucroute… Le bonheur tient parfois à si peu de choses, je pense qu’il y a là une grande leçon de vie à retenir.

Oh et tiens, Karine, Fashion, dommage que vous n’ayez pas continué, l’un des personnages du livre a un goût très prononcé pour la domination, le maniement du fouet et les bottines pointues…

L’intégration à la vie familiale de Caleb se déroule comme sur des roulettes, d’autant plus qu’il sait instinctivement où Regan range ses cigares… Sur fond de petite musique mystérieuse, demandons-nous un instant si il s’agit vraiment d’un hasard ou si… Mais je m’avance trop, il ne faudrait pas que je spoile la suite des événements !

Invités à un mariage traditionnel javanais, nos héros (qui sont alors mariés depuis un moment mais n’ont rien consommé du tout parce que Sirena porte le deuil et qu’elle prétend passer ses nuits en prière pour l’âme de sa sœur, ce que Regan ne trouve pas spécialement sexy) découvrent que la tradition locale implique pour la fiancée une épilation intégrale à la pince à épiler, (c’est quoi le trip de Fern sur ce coup-là ? Plus ça fait mal, meilleur c’est ? Chacun son truc hein, mais j’aurais bien aimé être prévenue à l’avance, ça peut surprendre au début… voir, ça fait mal…) sachant que le fait d’émettre le moindre son durant l’épreuve voudrait dire qu’elle n’est plus vierge ? Et sachant qu’il est évident aux yeux de Sirena que la fiancée brûle de désir pour Regan ? Euuuhhh ???! WTF ? (oui, pardon, je m’égare) Mais je vous rassure, Regan est un type bien, il ne pouvait quand même pas laisser cette malheureuse (fiancée qui restera anonyme car pourvue d’un nom débile dont l’auteur avait du se dire que cela ferait bien assez exotique) souffrir ainsi… Il va donc se faire un devoir de la déflorer… la nuit avant son mariage. Dans la hutte voisine de celle du fiancé. Et de sa femme. Je répète, pour être sure que vous ayez tout bien compris, Regan et la fiancée, pendant que le fiancé cuve son enterrement de vie de garçon à coté et que sa femme (Sirena donc), dort dans la hutte d’à coté. Où elle entend tout… Mais ce n’est pas de sa faute à lui quand même, pauvre Regan, s’il est trop désirable ? –  un peu comme Lord Bannor le Hardi mais en drôlement moins sympathique et drôle en fait… –  En plus, Sirena refuse de coucher avec lui pour cause de deuil, il faut le comprendre ! (bref, un héros de romance tout ce qu’il y a de plus dreamy) (limite je voudrais le même…) (mais limite hein)

Enfin passons, finalement, c’est sous les traits de la Sirène des mers que Sirena va conclure avec son mari, après des mois et des mois à le tenir à distance. Non sans avoir auparavant tué le capitaine pirate anglais (ceci dit, elle pense toujours bien que Regan est le responsable, mais c’est un début, un de mort, plus que 12 ou 15…) et été battue en duel par Regan ! Oui oui, vous avez bien lu, la génialissime Sirena est battue. Mais attention seulement par son mari, ce qui montre bien qu’ils sont faits l’un pour l’autre, puisque seul l’homme auquel elle donne son cœur (un cœur ? où ça ? lequel ? son corps plutôt non ?) peut être plus fort qu’elle. Sans cela, Sirena est invincible et indestructible. Enfin, à ce stade, elle a couché (et j’emploie ce terme de façon très libérale, puisque Regan juge quand même nécessaire de l’attacher avant, il trouvait qu’elle protestait un peu trop !!!), sous un faux nom, avec son mari, qu’elle déteste encore cordialement. Ou le déteste-t-elle vraiment ? Après tout, ce n’est qu’une faible femme, elle ne doit pas bien savoir ce qu’elle a réellement dans la tête !

Car dès le lendemain de leur première nuit d’amour, notre chère héroïne se réveille avec des étoiles dans les yeux et des mots d’amour au bord des lèvres. Dilemme cruel, comment accomplir sa vengeance contre l’homme qu’elle aime maintenant ? Eh bien tout simplement en découvrant (enfin !!!!) que le responsable n’était pas Regan. Il était temps. Chose qu’elle découvre en passant tous ses après-midis chez Chaezar, l’administrateur espagnol du coin, vil personnage qui trouve Sirena très charmante et ne manque pas de le lui faire savoir à grands coups de robes déchirées et tout ce qui s’ensuit, et je laisse votre imagination faire le reste.

Aussi détestable que soit Sirena, je n’ai jamais vu une auteur maltraiter son héroïne à ce point… Alors parlons peu mais parlons bien. C’est du Fern Michaels, je le sais. Des blessures, du sang, des larmes, des séductions forcées et même des viols, des meurtres, des membres coupés (à un moment, Sirena coupe un bras à un pirate et lui crie « Ramasse ton bras, sale chien », mais je m’égare), j’étais préparée. Franchement, je m’attendais à une tournante, il y en a toujours chez cette auteur (en tout cas dans ceux que je connais), mais là, pour cette malheureuse Sirena, c’est carrément un viol collectif qui dure tout le livre… Tam-Tam qui a compris ma douleur m’a dit que c’était une nouvelle échelle à ajouter à nos références… L’échelle de Fern Michaels : de la tournante à l’épanouissement de la femme.

Enfin, plus ou moins au même moment et grâce à ces visites chez Chaezar, elle apprend également que Gretchen la traînée (et maîtresse de Regan, celle qui dès la page 1 avait dévoilé son âme noire et perverse, pensez-vous, elle osait coucher sans être mariée, si ce n’est pas le plus sûr des signes de perversion, je ne sais pas ce qu’il vous faut… et en plus elle espérait que Regan l’épouserait, c’est vous dire si elle se berçait d’illusions !), a conspiré avec lui pour faire assassiner la 1ère femme de Regan, et disparaître son fils. Et paf, c’est mauvais les préjugés, Sirena ! On croit que les hollandais sont méchants et les espagnols gentils et c’est exactement le contraire. Magnifique morale non ?

A partir de là, les choses s’enchaînent dans la plus grande fluidité : Regan échappe à une tentative d’assassinat de la part de prostituées javanaises payées par le grand méchant de l’histoire (il ne comprend pas comment elle peuvent lui vouloir du mal, lui qui les a honorées de ses avances – quand on vous disait que c’était un type bien ce Regan !), part en chasse de pirates, capture sa femme, se bat en duel avec elle (again) et manque de mourir d’une blessure qu’elle lui inflige, il lui livre alors le pirate au crochet qui a tué sa sœur, et sa vengeance accomplie, la Sirène des mers prend sa retraite. Mais Regan doit partir enquêter sur la mort de sa femme et la disparition de son fils, il emmène Caleb avec lui, lequel, une fois sur le bateau, lui révèle toute la vérité sur Sirena, son identité secret et son plan, et Regan découvre que Caleb est son fils. 

Nooonnnn, mais quelle révélation fracassante, vraiment, personne ne l’avait vu venir, celle-là (et surtout pas Karine qui ne devine jamais le nom du meurtrier avant la dernière page…), c’est stupéfiant, où Fern va-t-elle chercher tout cela, je vous le demande !!! 

Pendant ce temps, à Java, le volcan du coin se réveille et tue Gretchen qui ne voulait pas partir sans ses robes. (enfin je crois qu’il tue un certain nombre d’autres personnes aussi, mais pour une raison qui m’échappe il était important de s’attarder sur le sort de cette chère Gretchen qui meurt en proie aux flammes et dont les derniers mots sont « Sans mes robes, je ne serai plus jamais belle ».) Stupéfiée par la qualité de cette traduction, je suis… à moins que ce ne soit la qualité de l’écriture, j’hésite !

Sirena, qui est enceinte mais pense que Regan ne l’aimera jamais, maintenant qu’elle a pris sa retraite de pirate, prévoyait de partir avec son bateau pour retourner en Espagne, attention, TOUTE SEULE ! Bah oui, cette fois, elle s’est dit que ça avait été trop facile à deux la dernière fois avec Caleb, alors du coup, une femme enceinte seule, mais qui est tellement super trop méga top, peut bien naviguer toute seule pendant des semaines à travers les mers pour relier Java à l’Espagne !

Manque de chance, l’éruption volcanique imminente retarde ses projets et elle est faite prisonnière par Chaezar (le grand méchant donc), qui a un peu perdu la tête puisqu’il a prévu de devenir roi d’une petite île du coin et voudrait bien faire de Sirena sa reine. Ce qui tombe d’autant mieux que Sirena est enceinte, et Chaezar pense que l’enfant est de lui. De son coté, Regan se lance à la recherche de Sirena. Des mois se passent, Sirena accouche, toujours prisonnière, et je vous laisse deviner le plaisir de Chaezar quand il naît avec les cheveux blonds – comme Regan of course ! Chaezar n’est pas content et il veut tendre un piège à Regan en l’attirant sur place, appâté par sa nouvelle progéniture. Regan débarque ENFIN !!! Mais croyez-vous que ce serait pour sauver sa femme ? Non bien sur, c’est pour récupérer son fils et voir sa femme régler son compte au vilain méchant dans un duel de 12 secondes. D’ailleurs, il prévoit de le séparer de sa mère, qui n’est qu’une traînée puisqu’elle a couché avec Chaezar. Et Sirena étant une idiote d’orgueilleuse, juge qu’il est inutile d’essayer d’expliquer que ce n’était pas vraiment volontaire. Mais puisqu’elle a un nouveau né sur les bras et que Regan veut le lui prendre par la force, il faut bien qu’elle suive, qui va nourrir le bébé sinon hein, je vous le demande ?

Voila enfin Sirena de retour à Batavia (le port où vivait tout ce petit monde… ce nom, décidément, je ne m’en remet pas, quelle horreur… à la 74ème mention, l’image de la laitue s’impose toujours autant à mon esprit !) avec toute sa petite famille… Et lors d’une énième dispute, Regan, grand prince devant l’éternel, trouve le moyen de se surpasser, en frappant Sirena. Pas comme un duel comme avec la Sirène des mers où tous les coups sont permis et que chacun est à armes égales, non non, une belle gifle bien dans les règles de l’art qui l’envoie valser à l’autre bout de la pièce et l’assomme.

Lecteurs, nous sommes à 10 pages de la fin, rassurez-vous, votre supplice est bientôt fini ! Enfin presque car de longs mois doivent encore s’écouler, histoire de permettre à nos chers héros d’oublier tout ça. Regan, sur un coup de tête, décide d’aller faire un petit tour en Hollande respirer l’air du pays et pendant ce temps, Sirena, toute seule avec l’aide de la gouvernante (deux femmes seules donc), plante un champ entier de muscadier qui va ressusciter la fortune de Regan (et assurer l’avenir de leur fils). Au retour de Regan pourtant, Sirena plie armes et bagages, abandonne son fils et prend la route de l’Espagne. Il faudra l’action combinée de la gouvernante et de Caleb pour que ce fichu Regan prenne son bateau et se lance à la poursuite de sa femme, et qu’il lui avoue son amour. Oh, c’est beau, en plus il va pardonner à sa femme d’avoir couché avec d’autres hommes, parce que pendant ce temps, elle pensait à lui. Oui.

Bon, je suis atterrée. Que l’on ait pu écrire un truc pareil me dépasse. Que l’on ait pu le publier, plus encore. Franchement, Sirena et Regan se méritent l’un l’autre à ce stade, et moi, je pense qu’il est bon de laisser la seule chose qu’il est possible après une œuvre pareille, le silence…

(j’hésite à signer, c’est la honte quand même, d’avouer que j’ai lu un truc pareil)
(bon allez je me lance)

Chi-Chi

PS : Je crois pouvoir affirmer que ce livre est absolument, sans conteste possible, sans l’ombre d’un doute, le PIRE livre que j’ai lu de ma vie, et que quelqu’un ait OSE appeler cette chose une romance me dépasse ! Si vous voyez passer ce livre ou un autre de Fern Michaels, surtout, fuyez… 

PPS : La couverture est absolument fidèle au livre, vous le croyez ça franchement??! 

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52 réflexions sur “Captive passions – Passions captives

  1. Si tu veux, repasse lire la chronique quand tu auras lu le livre en entier (car si je t'ai bien compris tu ne l'as pas fini) et raconte nous pourquoi tu l'as aimé. c'est toujours inintéressant d'entendre les points de vue des autres lecteurs!Même chi-chi et moi pouvons parfois avoir des différents sur un livre héhé!

  2. Angélique comme Sirena ici sont des héroines qui ont marqué une époque mais qui ne correspondent plus du tout aux canons de la romance aujourd'hui, c'est certain… Bonne lecture!

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