Fifty shades, la trilogie

Je vous l’annonçais mercredi, j’ai lu la trilogie Fifty shades d’E. L. James. Et croyez-moi quand je vous dis que cela valait bien Passions captives
 
A moins d’avoir vécu dans une grotte ces six derniers mois, vous avez du voir fleurir des articles un peu partout sur la blogosphère sur ce phénomène éditorial porno-erotico-soft-BDSM honteusement basé sur Twilight. 
 
Twilight qui est, comme vous le savez, un de mes livres préférés… 
 
Fifty shades est donc une trilogie, version corrigée d’une fanfiction de Twilight parue sur le net sous le titre de Master of the universe et vaguement (mais très très vaguement hein) repris pour être publié. En gros, la différence majeure entre les deux, c’est qu’ici, il ne s’agit pas de Bella et Edward, mais d’Anastasia Steele et Christian Grey. 
 
Pour le reste ? Ce qui change ? Pas grand-chose. Enfin, en surface, si, bien sur. Mais pas tellement. Vous voyez ce que je veux dire ? 
 
Christian est un milliardaire self-made man de 27 ans. Anastasia est une étudiante en littérature (je crois) de 21 ans. 
 
Cricri et Ana se rencontrent, elle lui plait, il lui plait, bref, ils se plaisent. Mais c’est surtout elle qui lui plait. En mode je-t’attacherais-bien-au-radiateur, elle lui plait. En mode je-suis-un-dominateur-et-je-te-ferais-bien-signer-un-contrat-pour-que-tu-portes-une-laisse-et-que-tu-me-laisses-te-nourrir-jusqu’à-la-fin-des-temps!
 
Vous avez tous compris, Cricri d’amour est porté sur le BDSM, en est d’ailleurs à sa 15ème soumise à l’âge canonique de 27 ans, et ferait bien d’Ana la numéro 16… 
 
Mais Ana, la belle (enfin pas tant que ça), la merveilleuse (erreur de casting), la pure (ah ça, c’est sur, on ne risque pas de l’oublier, qu’elle est vierge), en un mot, l’HEROIQUE (oui, comme dans, supposément, c’est elle l’héroïne) Ana, ne mange pas de ce pain là (d’ailleurs elle ne mange pas du tout). C’est une femme (enfin une jeune fille) indépendante, une féministe presque, elle refuse d’être dominée. Enfin il semblerait qu’elle ait quand même des tendances submissives, parce que sa meilleure amie la domine complètement, mais sinon, c’est une femme forte, et elle ne signera pas de contrat. Sauf que Cricri est quand même très sexy. Alors notre gourdasse préférée (ou pas) hésite. Il lui offre à diner. Elle hésite encore un peu. Il lui offre une voiture. Elle hésite moins mais ne peux pas accepter, c’est trop. Puis elle accepte. Le cadeau, pas le contrat. 
Puis le contrat. 
Puis change d’avis en réalisant que dominateur SM = j’aime te faire mal. 
Puis elle le quitte, mais Cricri l’aime trop après à peine 3 jours, il veut bien ranger son fouet au placard alors elle revient. 
Puis elle le quitte parce qu’elle a peur que ses menottes lui manquent trop. 
Puis ils se remettent ensembles. 
Puis une ex de Cricri essaye de la tuer, mais chéri arrive et en bon dominateur, donne un bain à la cinglée (WTF ??!). 
Puis il lui offre une maison d’édition mais ne veut pas qu’elle travaille, surtout quand son patron lui fait des avances. 
Puis la gourde décide que c’en est trop pour elle, les cinglées, la jalousie, et le menace de le quitter. 
Puis, terrifié, Cricri la demande en mariage et elle dit oui. 
Puis comme c’est une femme indépendante, elle va travailler quand même, mais après son voyage de noces et au moins 12 heures par semaine. 
Puis il y a une course-poursuite en voiture, un ex-boss qui rumine sa vengeance depuis 25 ans, un oubli de pilule et the end. 
Et au milieu de tout ça, beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais alors vraiment BEAUCOUP de scènes de sexe. Plus ou moins réussies. 
 
Pardon, j’ai spoilé la fin. Et vu ce que je viens de vous en dire, vous voulez bien évidemment tous vous précipiter pour lire le livre, non ? Non… Et vous avez bien raison ! 
 
J’ai lu le tome 1 pour rire, poussée par la curiosité et l’avis des copines, survolé le tome 2 (aidée par les résumés imagés de Cess), et le tome 3 devait être une lecture commune avec Fashion, Cess et Marika. Je suis maudite des LC je crois. Surtout celles avec Fashion… 
 
Car finalement je suis la seule à avoir terminé (c’était pour la science et les mails débiles) ! 
 
Comment résumer en quelques mots tout ce qui ne va pas dans ce livre ? 
  • Une héroïne TSTL a un point tel qu’elle donne une définition nouvelle au concept. Gourdinette se mord la lèvre toutes les demi-pages, roule des yeux toutes les pages, dit Holy cow 5 fois par pages, se demande si sa connerie (volontaire sinon ce n’est pas drôle) ne va pas énerver Christian toutes les 2 pages (et elle a raison de s’inquiéter), et je pourrais continuer encore longtemps. 
  • Un style désastreux. Pour commencer, cotisons nous pour offrir un dictionnaire des synonymes à E. L. James ! Pour commencer… Pour continuer, il faudrait retravailler le fil de narration sans queue ni tête (plus de flash-back, pitié !!!), apprendre à donner un peu de substances aux personnages (Mrs Robinson, Mrs Johnson, même combat, n’est-ce pas Cess ?), ou tout simplement arrêter le massacre ? 
  • Un pseudo-érotisme de pacotille. Ok, je reconnais, quelques scènes font monter le rouge aux joues. Mais un livre érotique, tendance BDSM, où ça ?? Moi je veux bien hein, mais si on avait pu nous éviter le copier-coller de l’article Wikipédia sur le sujet, cela aurait été un bon début ! Ceci dit, j’avoue, je reconnais, écrire 1500 pages sur le BDSM et avoir comme scène la plus olé olé une fessée, c’est un exploit en soi. Si vous comptiez faire votre éducation sur la question, il faudra repasser… 
 
Bref, rien à sauver là-dedans. Sauf peut-être Cricri d’amour, un peu… Un enfant maltraité, un homme torturé, un cliché ambulant, mais un cliché finalement plutôt cohérent dans sa manière d’agir et relativement pas trop mal réussi. Juste pas assez pour nous faire supporter tout le reste ! 
 
Maintenant, si vous avez une explication sur pourquoi les médias s’enflamment sur ce truc, qu’ils appellent du mommy porn (porno pour maman quand même !!!), et comment cela a pu se vendre à plus de 12 millions d’exemplaires, surtout, n’hésitez pas à me tenir informée, je suis dépassée ! 
 
Ce chef d’œuvre est en cours de traduction et paraitra en VF chez Lattès au mois de septembre. Les droits cinématographiques ont été vendus et le film sort en février 2015 avec Jamie Dornan pour incarner Cricri d’amour. 
 
En bonus, et toujours en anglais (je voulais vous la traduire mais c’est horriblement long – la traduction, pas la chronique – et je suis désolée, je n’ai pas eu le courage), la review d’Alicia sur Goodreads (pas de panique, même les non-inscrits peuvent les voir), qui vous donnera une autre idée de l’ampleur de la catastrophe… 
 
Et une capture d’écran de la dernière page, pour la creepytude totale du livre : 
 
 
Traduction : Ana dit à son fils Ted que papa peut gouter sa glace. Ted tend la main à son père qui commence à lui lécher les doigts en regardant Ana dans les yeux et dit « Savoureux! ». Exactement comme quand ils sont en pleine action dans la chambre de tortures de Christian. 
Ana est enceinte jusqu’aux yeux, ils viennent de finir une petite « séance », et le bébé danse. Commentaire d’Ana « Je crois qu’elle aime déjà le sexe ». Je suis… sans voix… et pas qu’un peu révulsée… 
Pour résumer, en quelques mots : 
 
J’ai souffert, c’était à périr d’ennui et de platitude, bordeline sur plein de sujets, je plains de tout cœur la traductrice, n’y allez pas! 
 
Tout est dit. 
 
 
Bon vendredi et bon week-end quand même !
Chi-Chi
  
PS : L’avis de Cess
  
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51 réflexions sur “Fifty shades, la trilogie

  1. Pingback: Trade me | In need of prince charming

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