The great escape

En ce vendredi, je vous fait défaut, je vous propose de rester dans le thème SEP amorcé mercredi… Et pour cela, je vous présente une nouvelle guest-star en ces lieux, pour nous parler du nouveau livre de Susan Elisabeth Phillips, tome 7 de sa série Wynette, Texas.
Série qui se compose comme suit : 
  • Glitter baby (La fille lumière)
  • Fancy pants (La Belle de Dallas)
  • Lady be good
  • First lady (Tu n’échapperas pas à ton passé)
  • What I did for love
  • Call me irresistible
  • The great escape
Mesdames et Messieurs, pour votre plus grand plaisir, Cat ! 
Chi-Chi

En tant que lectrice de romance de longue date, il est une chose qui gâche à coup sûr un livre, même doté d’une intrigue en béton, et cette chose, c’est une héroïne à baffer !

Malheureusement, c’est le cas du dernier roman de Susan Elizabeth Phillips. Malgré de multiples défauts, le roman aurait pu s’avérer un SEP «moyen » si l’héroïne avait été mieux écrite…

La première fois que nous rencontrons Lucy, c’est dans le livre « First Lady », où c’est une ado déterminée à protéger sa petite sœur après le décès de leur bonne à rien de mère, et à s’assurer qu’elles n’atterrissent pas dans le système de famille d’accueil (foster care), système où les orphelins et enfants issus de familles à problèmes sont souvent ballotés d’un foyer à l’autre. Elle est farouche, courageuse et totalement dévouée à sa sœur. En un mot comme en mille, c’est un excellent personnage secondaire.

C’est donc avec impatience que j’attendais la sortie du livre dont Lucy est l’héroïne. J’avais vraiment bien aimé le livre précédent, « Call Me Irresistible », mettant en scène Meg, la meilleure amie de Lucy (contrairement à de nombreuses lectrices qui avaient été déçues).

Comment vous dire alors la déception, le désenchantement, la désillusion…

Le livre démarre pourtant au quart de tour : Lucy plante son fiancé parfait, Ted Baudine, au pied de l’autel, devant les plus hauts dignitaires du monde et nombre de célébrités. En effet, Lucy est la fille de l’ancienne présidente des Etats-Unis, et Ted est le fils d’un joueur de golf de renom et d’une journaliste tout aussi célèbre. Ne sachant que faire pour s’échapper de la petite ville de Wynette, Texas, où elle a l’impression que tout le monde la méprise, elle accepte de monter sur la moto d’un parfait inconnu qu’elle pense vaguement avoir vu lors de la réception la veille, avec pour tout bagage un habit de chœur d’église par-dessus ses sous-vêtements affriolants (mariage oblige !).

Comme c’est un livre de SEP, je ne m’inquiète pas encore malgré la pose du décor peu plausible – c’est bien connu, c’est la reine en la matière, et elle s’en est toujours bien sortie par le passé selon moi (oui, je suis une grande fan depuis mes 15 ans !).

Mais là où je m’attendais à une « road-romance » pleine d’aventures, de belles réparties, de moments chauds et de doux sentiments qui se développent au fil de l’autoroute entre Lucy et notre héros, Panda ( no comment !!!), cette petite escapade est brutalement interrompue aux environs du quart du livre (peut-être même un peu avant, je ne suis pas sûre vu que je « lis » ce livre sous forme de livre audio).

Et puis à partir de là, le livre retombe comme un mauvais soufflé… Il est question d’une petite île au milieu des Grands Lacs avec ses habitants hauts en couleur et en théorie, il est question de Lucy à la recherche de son identité. SEP ajoute et rajoute des personnages, encore et toujours – j’en ai eu le tournis. Il y une deuxième trame, puis une troisième. Chaque trame aborde un thème social qui aurait mérité son propre livre sans doute, mais là j’ai trouvé qu’elle n’a pas vraiment fait justice à chaque thème abordé. 

En vrac, et très politiquement correctement, SEP nous parle : des problèmes de poids, de l’identité raciale d’un petit garçon métisse, du syndrome de stress post-traumatique,  de la vie après le divorce et des problèmes de gang. Elle inclut aussi des sujets aussi divers que : l’apiculture et l’art de faire du pain. Le problème, c’est qu’en abordant autant de sujets en un seul livre, elle n’a pas le temps d’explorer chacun d’entre eux en profondeur. Et le pire, c’est que l’histoire d’amour entre Lucy et Panda se perd un peu (beaucoup) dans tout ce drame.

Mais parlons-en, de Lucy et Panda. Ils s’échangent à peine quelques phrases hostiles avant de se sauter dessus. Puis Lucy se « déguise » et régresse en même temps d’une femme de 31 ans, lobbyiste et mature, à une ado aux allures gothiques et à la cervelle de moineau. Je vous épargne le facteur « beurk » lors des passages où notre héros prouve sa masculinité à notre héroïne qui apparaît avoir 15 ans. 

Malgré sa politique de l’autruche (elle se cache sur une île incognito et ne sait que faire de sa vie, la pauvre petite fille riche), Lucy est forte, Lucy est indépendante, Lucy n’a besoin de personne. Sauf quand elle manque de se faire violer derrière un bar après s’être comportée comme une écervelée. Mais non, Lucy persiste, elle se suffit à elle-même. Non seulement elle prend l’apparence d’une ado rebelle, mais elle en adopte l’attitude. Ça passe pour un ou deux chapitres, mais pour les trois quart de l’histoire, moi j’avais envie de l’envoyer au coin.

Et Panda ? Panda, dont on ne saura jamais pourquoi il a hérité de ce charmant sobriquet, est un homme blessé (forcément). Il a eu la vie dure, se sent coupable de la mort de son frère, mais a réussi à bâtir une carrière plutôt lucrative. Bref, qui n’en voudrait pas, de notre Panda ? 

Les lectrices averties que vous êtes auront probablement deviné que le problème social dont il souffre est le susmentionné syndrome de stress post-traumatique (PTSD en anglais, c’est à la mode en ce moment !). Mais Lucy, qui était une assistante sociale chevronnée avant de devenir lobbyiste, tombe des nues quand enfin la lumière se fait dans son cerveau génial. 
Comment guérir notre héros ? 
Bah apparemment les services sociaux et les psychiatres n’ont rien pu faire, ils ne comprennent pas. Notre héros, très intelligent par ailleurs, n’a apparemment jamais entendu parler du département américain pour les vétérans. Et j’en serais peut-être dupe aussi, si je n’avais pas moi-même dû gérer une crise similaire. Mais il se trouve que je suis mariée à un vétéran de l’armée américaine qui a souffert et souffre toujours dans une certaine mesure, de ce mal. En tant que telle, je trouve que SEP aurait pu faire un peu plus de recherches, surtout que c’est un phénomène qui touche de plus en plus de familles aux Etats-Unis. Elle aurait peut-être découvert qu’on ne guérit pas du PTSD, on apprend à le gérer et à vivre avec, avec beaucoup de patience (si je me souviens bien, Panda en guérit en quelques semaines !) et de sessions avec un bon psychiatre.

En dépit de tout ce monde, de toutes ces différentes histoires et de ces problèmes à peine abordés, j’aurais pu aimer le livre si l’histoire d’amour était plus centrale et si les protagonistes, surtout Lucy, étaient plus sympa.

J’espère vraiment que son prochain livre sera meilleur, car SEP fait partie de mes auteurs cultes. Je lui donnerai une deuxième et même une troisième chance de se rattraper. Croisons les doigts et repensons à Phoebe et Dan ou à Sugar Beth et Colin en attendant !

Signé : Cat
 
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11 réflexions sur “The great escape

  1. Pour la "science" et le thème de l'apiculture (ce serait drôle de vérifier si l'auteur a cru bon de se renseigner !) je devrais lire ce roman… mais faudrait déjà que je lise le reste de la série et puis ce que tu en dis de l'héroïne me fait déjà grincer des dents !

  2. J'avoue que je vais avoir du mal à le lire, étant donné que les deux tomes précédents n’étaient déjà pas de franches réussites pour moi (genre sympa mais sans plus). Finalement, j'aime Breathing room, Ain't she sweet et les Chicago stars, et depuis, je suis trop souvent déçue. Mais comme toi, je veux tjs lui laisser une nouvelle chance! Et je suis frustrée de ne pas savoir d’où vient Panda, c'est quand même un surnom peu commun!

  3. Ça a l'air du grand n'importe quoi ! LOL Heureusement, il me reste beaucoup de "bons" SEP à lire avant d'en être réduite à tenter celui-ci… First Lady est une de mes romances préférées de tous les temps. Quant au jeu sexuel de se déguiser en ado, on l'a déjà vu chez SEP, dans It Had To Be You, je pense. Sauf que justement, c'est l'ex-femme un peu space qui s'y prête et non notre héroïne (et c'est une seule scène aussi).

  4. Oui tu peux faire l'impasse sans problème sur celui-ci 🙂 Le problème c'est que le déguisement en ado n'est pas un jeu sexuel du tout dans celui-ci, c'est sa façon super intelligente de se déguiser pendant le 3/4 du livre (le fait que la plupart des gens ne savent pas à quoi ressemble une ex-fille de la présidente des Etats-Unis et franchement s'en balancent, ça c'est une autre histoire lol)

  5. Mon dernier gros coup de coeur SEP c'était Match Me If You Can, ça m'avait redonné envie de me remettre à la romance après 2-3 ans de "bof". j'avais franchement bien aimé ses deux derniers avant celui-ci aussi, d'où mon énorme déception! 🙂

  6. hihihi Si c'est juste pour la science, tu perdrais moins ton temps à lire un traité d'apiculture 🙂 Je t'encourage à lire le reste de la série mais à passer ton chemin pour celui-ci, malheureusement…

  7. J'avais trouvé le tome précédent très borderline niveau crédibilité de l'histoire. j'avais aimé. Mais pas adoré. C'est clairement le livre que j'ai lu parce que c'était SEP et qui finalement me déçoit un peu…Si celui là est vraiment moins bien, je risque de ne jamais me relever de sa lecture!

  8. Moi aussi, Tam-Tam, j'avais aimé ton audio-book de Call Me Irresistible, mais sans pouvoir dire que j'avais adoré. J'ai aimé Meg, Ted beaucoup moins… Et pour celui-ci, je partage un peu la déception de Cat, mais bizarrement, mes impressions sont tout le contraire!! Elle est super, ta chronique, Cat, plein de choses à dire, mais plein où je ne suis pas d'accord ;-)- J'ai DETESTé le début du roman. J'ai écouté aussi en audio, et la partie Road-Movie m'a semblé plate, sans intérêt. Au bout d'une heure 26 d'écoute, je me suis vraiment demandé si j'allais pouvoir aller jusqu'au bout. Mais comme c'est SEP, qu'elle a souvent des débuts bizarres / dérangeants / mal écrits, j'ai persisté. Dans la première maison, il ne s'est rien passé. On doit subir pratiquement 2 heures de Panda mal elevé, silencieux, Lucy traumatisé et triste. C'est un peu lourd. J'aurais aimé avoir une toute petite lueur d'affection pour Panda un peu plus tôt dans l'intrigue. – J'ai bien aimé Lucy. Je suis d'accord qu'elle manque un peu de réflexion. Je trouvais étrange qu'elle parte se planquer pour faire le point, et qu'en définitive, elle n'avance pas beaucoup dans son analyse de sa propre situation. Je m'attendais à ce qu'elle cherche un peu plus longuement pourquoi elle a laissé tomber Ted, mais apparemment les tatouages et les vêtements grunge l'intéressent beaucoup plus. – J'ai beaucoup, beaucoup aimé, à partir de la deuxième ou troisième heure (parce qu'en audio, le livre est massif et dure 12 heures!!) les personnages secondaires. Les histoires de Bree, de Mike, de Toby et de Temple m'ont ravi! J'ai beaucoup aimé les dialogues entre Lucy et Panda et aussi les échanges des deux avec Temple, qui était un personnage très humoristique. – La partie apiculture était assez cool! Après, je suis d'accord qu'il y a trop de sujets abordés. La partie où Bree essaie d'intéresser Toby à son "héritage" m'a semblé très étrange! Je ne comprends pas où elle veut en venir, SEP, et je suis plutôt d'accord avec Toby à ce sujet… – Elle prétend que Panda (oui, d'où vient ce surnom???) est "guéri"? Je ne l'ai pas ressenti comme ça. Il arrivait déjà à gérer son stress d'une certaine façon, en évitant certaines situations, et ensuite il arrive à un moment où il peut se confier à un psy et mieux surmonter. On a déjà vu des "guérisons" moins probables et plus instantanées, notamment de l'alcolisme, mais celle-ci ne m'a pas choquée. Pour moi, c'est en effet un livre un peu trop long, où SEP n'a pas fait assez preuve de sélectivité. On a l'impression qu'il manque des coupes à la fin et de l'ordre en général. Mais je pense que les fans sont obligés de lire de toute façon :p

  9. Pingback: Heroes are my weakness | In need of prince charming

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