Où l’on continue à vous raconter des histoires…

Parlons aujourd’hui de La princesse aux pinceaux magiques de la Comtesse de Bonaugur. Née en 1918, elle vit dans une maison de retraite en Alaska, entourée de ses 5 chats Berlioz, Toulouse-Lautrec, Marie-Madeleine, Duchesse et O‘Mazette. Très attachée aux valeurs du passé, elle a déjà publié « La règle en fer, le fouet et le bonnet d’âne : comment donner une bonne éducation à vos enfants », « Le retour aux jupes en dessous du genou » et « Du droit de porter des strings » et s’essaie avec brio à la fiction avec « La princesse aux pinceaux magiques ».
  
Il était une fois au pays des princesses la princesse Cissile. Tout le monde l’aimait parce qu’elle était bonne et cultivée, même si elle était mauvaise perdante. Elle avait quatre frères, tous plus forts et intelligents les uns  que les autres et une sœur ingrate. Mais ils étaient tous loin à présent, mariés/pacsés avec des rois et des reines de contrés éloignées. Elle avait reçu une véritable éducation de princesse : elle dansait avec plaisir, lisait volontiers, savait dire « Enchantée de faire votre connaissance » en vingt-quatre langues (dont en morse) et écrivait couramment en latin, en grec et en hiéroglyphes. C’était une princesse libérée. Elle aimait raconter qu’elle savait changer une roue. 

Cependant, la princesse Cissile avait un secret qu’elle gardait bien précieusement : ce qu’elle aimait par-dessus tout c’était la peinture ! Elle était heureuse avec des pinceaux, une toile (en lin parce que le coton ça boulotte) et un chevalet. Elle passait des heures et des heures dans son donjon gardé par un dragon à peindre des toiles, des triptyques, etc . Personne ne l’y dérangeait, puisque son dragon, Mushu de son petit nom, dissuadait les plus téméraires.

Parfaite sous tous les rapports, il manquait tout de même quelque chose dans la vie de la princesse pour être totalement heureuse : un  prince !
Elle avait bien eu quelques « affairs » (comme on disait dans les bouquins de sa bibliothèque) mais aucun d’eux n’avait été l’amour de ses rêves, celui avec qui elle chanterait « aimer c’est ce qu’il y a de plus beau, aimer c’est monter si haut, c’est toucher les ailes des oiseaux » et autres envolées lyriques sur le thème de l’amour. Cissile rêvait du prince charmant, le vrai, le seul, celui avec un grand P comme prince ou P comme parfaitement parfait.  Alors, Cissile était triste parfois parce qu’elle se lamentait de ne voir arriver son fidèle et preux chevalier avec qui elle allait avoir beaucoup d’enfants (qu’ils adopteraient et avec qui ils vivraient heureux jusqu’à la fin de leurs vies). 

Comme toutes les princesses, Cissile avait une Fée comme Marraine.  Elle s’appelait la Fée Moirévée et veillait sur elle attentivement. A chaque anniversaire, elle se creusait la tête pour trouver un sort original et dans l’air du temps ( il faut avouer que Cissile attendait beaucoup des cadeaux reçus le jour de son anniversaire, certes moins que sa sœur mais tout de même. La Fée Moirévée avait donc la pression) . Un jour qu’elle vit Cissile triste pour ses histoires de cœur, à se lamenter de ne voir arriver l’homme parfait, elle se dit : « Trop c’est trop je vais donner un petit coup de pouce au destin ».

Certes, il y avait des règles, elle ne pouvait pas transformer quelqu’un en l’homme parfait, ne pouvait forcer quelqu’un à tomber amoureux etc… Moirévée se creusa les méninges et trouva THE idea.  Elle avait hâte de lui offrir.
Cissile organisait souvent des diners avec ses amis proches : Hugh le jardiner du château, la comtesse Guillemette, la princesse Tam-Tam  avec qui elle partageait son amour des livres, Edward le gardien de Mushu (pratique d’être amie avec le gardien de celui qui te garde) (liste non exhaustive). Elle faisait souvent  des quiches pour les régaler (quiches au saumon avec plein de crème, et même qu’elles étaient parfaitement cuites !).  Elle s’entendait très bien avec tous. Elle ne les trouvait pas parfaits pour autant ! Edward et Hugh  étaient très beaux, mais l’un  un peu trop « geek » et l’autre trop orienté « foot », ce qui avaient le don de la mettre hors d’elle. Et Cissile recherchait la perfection.
Le jour de son anniversaire arrivait à grand pas…Et voilà, une bougie de plus au gâteau d’anniversaire de la princesse (je n’ai pas dit combien il y avait de bougies, on ne demande jamais l’âge d’une jeune femme, non mais, quel toupet).
Sa mère, la reine B. avait préparée un énorme festin pour l’occasion. Tartelettes aux myrtilles, crêpes au nutella, cookies aux pralines (d’ordinaire, elles n’aimait pas les cookies, mais quand il y avait des pralines… ah les cookies aux pralines), des cakes au chèvre frais et aux olives, des tapenades en tous genres etc … Puis vint le fatidique moment de l’ouverture des présents. Le roi de Birmanie lui offrit un chameau, le prince de Monaco un casino, la princesse de Clèves une bibliothèque, l’empereur de Papouasie une des huit merveilles du monde (pourquoi crois-tu qu’il n’y en a plus que sept maintenant ?), ses parents un château en Espagne, Hugh un parfum,  Edward des mains d’argents pour ranger ses bracelets… C’est alors que la fée Moirévée arriva dans un éclair de chocolat… roulement de tambour et chants de troubadours. 

Moirevée annonça fièrement le souhait qu’elle lui accordait. 
A chaque équinoxe de printemps tu pourras rendre réel un de tes dessins. Pour cela, il faudra que tu clignes des yeux trois fois devant le tableau en question et que tu récites ces mots magiques :
« Waddiwasi que ce tableau prenne vie»
Toute la cour resta ébahi devant ce présent si original et si plaisant.
Quelques mois passèrent. Cissile savait d’ores et déjà le tableau auquel elle allait influer un souffle de vie. Ce tableau elle le peaufinait depuis des mois. LE Prince Charmant. Il avait (entre autres, la liste est longue et non-exhaustive) des yeux bleus rieurs, un air doux, un sourire charmeur, des pommettes intelligentes, des boutons de manchettes efficaces, un pantalon avec beaucoup d’humour, des mains sincères, des souliers protecteurs et une ceinture costaude. Le jour où le règne de l’astre lunaire dura aussi longtemps que son confrère céleste,  Cissile cligna trois fois des yeux et prononça la formule magique… Et paf, ça a fait des chocapics (du latin chocapicum : qui veut dire étincelles, ne se méprenons pas). Le prince était là, beau comme un dieu, sentait bon le sable chaud, fort comme Hercule, un pro, l’Apollo du show, un monstre sacré qui met tous les monstres KO.
Cissile était ra-vie. Il correspondait à sa vision du Prince dans les rêves les plus fous.
« Bonjour Cissile, Je m’appelle le Prince Parfait. Vous êtes la princesse des mes rêves. Je ne peux déjà plus vivre sans vous. Vous êtes la pièce manquante du puzzle de mon cœur. »
Cissile était charmée. Même si techniquement, c’était vrai, sans elle et son sortilège, il ne pouvait pas vivre…
«  Ma mère est la fée Dulojie et m’as transmis son savoir. Pour te prouver mon attachement à toi, je souhaiterais te concocter un banquet pour ce soir ! »
Cissile était enchantée. Elle prit un bon bouquin (« Ain’t She sweet » ) et se prélassa jusqu’à l’heure où le Prince Parfait la fit prévenir que le repas était servi. Cissile vint, Cissile vit, Cissile fut vaincue. Chandelles, pétales de roses, feu d’artifice, musique d’ambiance, cygnes sur le lac, bougies, paillettes dans l’air, doux parfum d’encens, arc-en-ciel (ça aide d’être pote avec le Soleil et la Pluie), rien n’avait été laissé au hasard.
« Mon amour, avant de commencer notre souper, je voudrais  t’offrir ce petit présent en témoignage de mon affection.» dit Parfait en lui tendant un paquet. Cissile défit les rubans roses et le papier argenté pour découvrir, ô comble de satisfaction, le dernier sac Nat & Nin.
Cissile était bouche-bée. Parfait était parfait. Ses cadeaux, ses attentions, tout était toujours… parfait comme lui. Le repas commença (avec un feu d’artifice dans son palais). Le charme avait pris. Au moment du dessert, le prince Parfait récite (matez le présent de narration pour rendre l’intrigue plus vivante) un poème en alexandrin qu’il avait composé pour sa dulcinée. (Petits curieux, vous vous demandez ce qu’il a bien pu lui dire. La discrétion voudrait que je ne vous répète rien mais je vais vous faire l’immense faveur de vous dévoiler quelques vers histoire de vous mettre l’eau à la bouche «  Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues. Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu […] »)
Cissile était aux anges, rayonnante, heureuse, épanouie, sous le charme, et cetera et cetera. Elle était amoureuse du parfait Prince Parfait, un prince pas en toc et sans tics. Ils parlaient mariage et appart.
Un vrai conte de fée en vérité.
OUI mais. Au bout de une semaine :
Cissile était un peu contrariée. Parfait était vraiment trop parfait : elle n’avait plus besoin de faire quoi que soit. Il faisait tout, tout, tout, du ménage au repassage en passant par les massages. Il prévoyait les moindres envies de Cissile. Il était irréprochable, toujours là pour elle et toujours prêt à lui faire plaisir. Certes, elle pouvait peindre autant qu’elle voulait, mais elle n’était pas une princesse oisive. Elle finit par se raisonner en concluant qu’après avoir chercher tant d’années l’homme parfait, elle n’allait pas râler, une fois trouvé, qu’il soit trop parfait !
OUI mais. Au bout de deux semaines :
Cissile était très contrariée. Parfait était toujours trop parfait et elle se sentait parfois en sucre à trop vivre à ses côtés. Or, comme nous avons déjà pu voir au début de cette histoire, Cissile était une princesse libérée. Parfait était infaillible, or parfois elle aurait voulu qu’il ait besoin d’elle autant qu’elle pouvait avoir besoin de lui. Elle lui fit part de son désarroi et Parfait se montra si compréhensif et si prompt à réagir qu’elle lui pardonna sur le champ.
OUI mais. Au bout de trois semaines :
Cissile était agacée. Parfait était toujours lui-même c’est-à-dire trop parfait, et elle en avait marre de se sentir imparfaite. Elle alla en parler à Hugh pour lui demander conseils, qui lui expliqua que l’amour parfois demandait des concessions. Peut-être Parfait n’avait pas encore compris que Cissile voulait qu’il la protège moins. Il lui conseilla patience, tolérance et mise au point. Ce qu’elle alla faire. Il y eut du mieux.
OUI mais. Au bout de quatre semaines :
Cissile était vénère-sa-grand-mère. Elle appela sa marraine la fée et lui confia ce qu’elle avait sur le cœur, c’est-à-dire qu’elle lui expliqua pourquoi elle en avait gros sur la patate. Parfait était peut-être un prince idéal, exemplaire et qui ne laissait rien à désirer mais Cissile ne pouvait l’aimer. Elle pouvait avoir du respect, elle pouvait être admirative, elle pouvait le remercier de toutes ses attentions mais elle ne pouvait pas l’aimer. Elle avait besoin qu’il lui ouvre son cœur et lui montre ses faiblesses, elle avait besoin qu’il se confie à elle en retour de ses confidences. Hugh se confiait bien à elle, comme elle savait qu’elle pouvait se confier à lui. Parfait était parfait mais finalement ce n’est pas ce qu’elle voulait. Elle s’était trompée sur ce qu’elle attendait de son prince charmant. Elle aurait même accepté qu’il aime le foot s’il avait su lui montrer qu’elle lui était indispensable. 

Elle ne voulait plus d’un prince parfait, elle ne voulait même plus d’un prince du tout. « Je veux  un homme et que j’aime, et qui m’aime et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, et m’aime et me comprends. » Pas une, pas deux secondes ne se déroulèrent avant qu’un flash, qu’un éclair de compréhension ne vint écarquiller les yeux de Cissile. L’homme qui lui fallait, l’homme qui aimait certes le foot, mais avait toujours été là pour l’épauler quand elle avait besoin, tout comme elle avait toujours été une oreille à qui il pouvait se confier, cet homme qu’elle attendait, elle l’avait devant les yeux depuis longtemps. 

Cet homme c’était Hugh.

Elle courut jusque chez lui, les yeux plein de larmes (de joie évidemment). La voyant en pleurs, Hugh grinça des dents, serra les poings pour contenir sa rage et s’exclama que le prince Parfait-tement crétin avait encore fait des siennes et qu’il allait lui toucher deux mots car il ne pouvait continuer à rendre Cissile malheureuse.
Cissile lui coupa la parole pour lui annoncer :
« Deux mots tu dis, moi j’en ai trois à te dire : je t’aime »

Parfait, comme il était Parfait, comprit qu’il était de trop et que la Princesse avait enfin trouvé chaussure à son pied. Il décida de retourner dans son tableau. Après tout, ses frères Aimé et Désiré l’attendait pour finir la partie de poker.
Abasourdi, ébahi, interloqué, éberlué, époustouflé, Hugh ne sut que lui répondre alors il décida de l’embrasser. Un an plus tard, ils se marièrent et eurent beaucoup de bibliothèques.

Première morale de cette histoire :
Tu fais erreur,
demoiselle au grand cœur
si tu crois que tu es à la recherche d’un homme parfait.
Un homme sans défauts tu le trouveras surfait.
Toi ce que tu veux, dans le fond
C’est un amour si beau et si fort qu’il frôle et les étoiles et la perfection.

Deuxième morale de cette histoire :
Quand on s’appelle Hugh, pas besoin de chercher le bonheur longtemps,
car un jour, il viendra à vous en courant.

Morale selon Victor Hugo :
« Il reconnut qu’être parfait, c’est être incomplet. N’ayant que des qualités, il résolut de se donner des défauts. » (comme jouer au poker par exemple)

Remerciements : Pour leur soutien, leur inspiration, je voudrais remercier mes maîtres Charles Perrault et la comtesse de Ségur, ma muse Cécile R., mon confident Paul Eluard, mon livre de chevet Beaudelaire, mon pote Gérard Presgurvic, mon amoureux Hugh Jackman, mon ex Edward Norton, mon humour Jessie Trodrole, et bien sur vous mes lectrices ( oui lectrices, restons réalistes).


Alors, ça se passe comment niveau références aujourd’hui? La Comtesse s’est un peu lâchée je crois! 

Bon vendredi, 
Chi-Chi
 
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6 réflexions sur “Où l’on continue à vous raconter des histoires…

  1. ahh y est!!excellente histoire !! et parfaite morale, je retiendrais le vénère-sa-grand-mère qui m'a fait éclater de rire et +1 pour la description de ce prince parfait bon niveau référence nous avons déjà les Aristochats, Mulan, Cendrillon, Hugh Jackman, y aurait il également une référence à Edward aux mains d'argents? Prince Parfait me ferait bien penser à Mister Perfect et nous avons la petite référence à SEP et j'ai du en oublier pas mal je suis pas encore réveillée :DEn tout cas je dis un grand bravo à l'écrivain, j'ai passé un très bon moment !

  2. Merci beaucoup pour le commentaire, ça donne le sourire héhé 🙂 !Les Aristochats,Mulan Cendrillon,Hugh Jackman, un clin d'oeil à Edward aux mains d'argent, c'est tout à fait correct…Je rajouterais Cookie Dinger, Diam's ( si si, il me faut l'avouer), Hercule et effectivement pas mal d'autres encore plus ou moins avouable 😉 !

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