Un cadeau empoisonné

Lundi est de retour, j’ai jeté l’encre et pris mon clavier et j’ai un thème à aborder (petit jeu de mot au passage, attention, je suis en forme!).

Les pirates, aujourd’hui, c’est en compagnie de Sara Winchester et Nathan Saint James que nous allons les étudier.

Dans « Un cadeau empoisonné » de Julie Garwood, nos héros se voient mariés par injonction du roi à l’âge canonique de 4 et 13 ans.
Pourquoi?

Parce que les Winchester et les Saint James nous la font un peu à la Montague et Capulet et que ça agace prodigieusement son Altesse Royale qui voudrait bien profiter de son royaume sans avoir à départager des querelles qui prennent du temps sur son cours de bilboquet et ses soirées de rami (oui, quelques jours avec les munchkins, ça vous change un vocabulaire) (pour celles qui se demanderaient, je suis nulle en bilboquet, mon pouce s’en souvient encore, et j’ai explosé le score de rami, oh yeah!)

Mais revenons en à Sara et Nathan qui grandissent dans leurs familles respectives et vaquent à leur occupations dans l’attente du jour où ils seront réunis… ou pas en fait.

Sara attend, parce que Sara est pure, naïve et pleine d’optimisme sur le monde. Mais sa famille n’est pas vraiment décidée à la laisser partir, et avec elle, à céder des terres fertiles qui valent une fortune aux mains d’un Saint James…

Nathan, de son côté, a essayé d’être réglo, mais les Winchester ne souhaitant pas jouer le jeu, il a été poussé dans ses retranchements et a donc décidé d’enlever la donzelle au giron protecteur (et quelque peu malsain) de sa douce (et cruelle) famille (de barrés).
Les voilà donc tout deux en mer, à bord d’un navire, essayant tant bien que mal de « communiquer ». Car soyons clair, la communication n’est jamais un point fort chez le héros (fille ou garçon) de romance. Vous pensez bien, ce serait trop simple, et l’histoire se finirait en une conversation!
Mais Sara et Nathan essayent. Ce qui est tout à leur honneur. Mais c’était sans compter sur la gourditude et la quichauderie de Sara. Car quand je parlais plus haut de naïveté et d’optimisme, ce que je voulais dire en fait, c’est que la jeune fille a été élevée dans une bulle arc-en-ciel de petits poneys à paillettes, le tout baignant dans une mer de moelleux petits cœurs roses irisés… Autant dire que la « vraie vie des gens normaux », Sara ne connait pas. Et son voyage sur le navire de Nathan, c’est un peu comme si elle se retrouvait projetée dans l’émission « Seul face à la nature » (Man vs. Wild) et où Nathan serait Bear Grylls qui lui expliquerait ce qu’elle doit faire pour survivre (ce que je ne préciserai pas ici, parce que la maîtresse de l’étiquette me sauterait dessus sans préavis, et je finirais privée de romance) (oui, ici, on ne prive pas de dessert, on fait PIRE!)

En résumé, Sara n’est pas vraiment taillée pour la mer : elle est maladroite, gauche, gourde et quiche à ses heures, manque de jugeote, peut se montrer un tantinet agaçante et par dessus tout TSTL (je vous renvoie à l’explication de Chi-Chi sur le sujet). J’en veux pour preuve les diverses catastrophes qui surviennent sur son passage. « Là où l’ombrelle passe, le marin trépasse », cette phrase, somme toute obscure dans sa signification, devrait prendre tout son sens une fois la lecture du livre faite!

Alors comment se fait-il que je n’ai pas jeté violemment mon livre contre le mur en poussant un grognement (très digne et plein d’élégance) et que j’en suis au stade où je vous recommande le-dit livre?

Parce que Sara arrive à supplanter son statut de TSTL (elle a frôlé la frontière de l’agacement ultime pendant ma lecture) et se rendre finalement hilarante au yeux de la lectrice avertie. 

Et puis toutes ces tentatives pour se racheter aux yeux de l’équipage, ces efforts qu’elle fait pour s’adapter à l’environnement, et enfin, son infaillible optimisme la rendent hyper attachante et font d’elle un personnage très positif dans son évolution et finalement parfait pour Nathan.

Nathan qui est un héros magnifique, régalien, macho, tout puissant…. patient! Et qui avait finalement besoin du grain de sable Sara pour retrouver le goût des choses et comprendre le sens général de la vie (envolées lyriques Tam-Tam? Oui, j’aime bien Nathan, et il a beaucoup de mérite).

Et les pirates dans tout ça?
Ce serait spoiler… Mais disons qu’il est question d’un certain Pagan le pirate, mais que l’histoire de ce dernier passe au second plan dans l’histoire. Sachez seulement que vous aimerez beaucoup Pagan. Voilà… Faudra vous débrouiller avec cela!

Avant de vous laisser, j’ai une dernière chose à partager. Je vous ai beaucoup parlé de Sara, de son côté TSTL irritant, et j’ai passé sous silence le côté overmacho tout aussi pénible du héros.

Parce que soyons honnête, un héros qui pense avoir tout le temps raison, c’est contrariant et cela peut faire naître des pulsions violente chez la plus douce des lectrices.
D’où cette interrogation: pourquoi ai-je été beaucoup plus facilement agacée par les travers de l’héroïne, alors que j’ai pardonné en un clin d’œil au héros d’être un tantinet butor par moment?

Après étude approfondie, je me demande même ce qui dans l’écriture de l’auteur, a permis la transformation logique et cohérente de Sara? Comment l’auteur a-t-elle réussi à me vendre le passage du TSTL à la Sara de la fin (je ne donnerai pas de détails, spoilers!)?

Aurais-je branché mon cerveau sur le mode « old school » qui me  permet d’encaisser certaines tendances caractéristiques de cette époque sans avoir les cheveux qui se dressent sur la tête (quand bien même, Garwood ne soit pas vraiment une old school)? Certains disent que la lecture d’un Garwood ne peut engendrer que 2 sortes de réactions: soit on adore le côté « over the top »/excessifs des héros, soit on déteste. C’est un peu comme la Marmite

Il ne me reste plus qu’à m’en remettre à votre bon jugement…
 
Bonne lecture,
Tam-Tam
PS: la première parution datant de 1991, et la couverture suintant le kitch à plein nez, ce livre fera aussi partie des Harlequinades Vintage de Karine
 
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6 réflexions sur “Un cadeau empoisonné

  1. elle a frisé le lancé de livre quand meme notre amie sara…j'imagine que si je l'avais lu dans de moins bonne dispositions, j'aurais beaucoup moins apprécié son potentiel comique!

  2. ahh c'est vrai que son potentiel comique a de quoi exaspérer mais la magie de Garwood fait que j'adore ce livre et tous les autres de la même série ! j'aime l'humour de Garwood et je crois ne pas avoir détesté un seul de ses ouvrages ^^

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