You’re the one

Récit d’une tragédie ou comment le succès tient à un fil…

Ami lecteur, la semaine dernière je lisais tranquillement un livre de Robin Kaye. C’est une auteur que j’aime bien, et je pensais, une valeur sure. Et, alors que j’arrivais à 20% de la fin, une grande catastrophe est venue tout détruire.

Le livre était classique, pas inoubliable mais plutôt agréable. You’re the one, numéro de la série Bad boys of Red Hook, dont je n’avais déjà pas lu le tome 1 car le résumé ne me disait rien…

Logan revient dans le quartier de son enfance (Red Hook à Brooklyn, apparemment un coin moyennement fréquentable), pour s’occuper quelques temps de son père adoptif, qui se remet d’une crise cardiaque. Logan a fait du chemin depuis son enfance de délinquant, il a fréquenté une grande université, décroché un emploi de rêve dans un vignoble prestigieux de Napa en Californie, s’apprête à épouser la fille du patron parce qu’ils s’entendent bien et que cela sera profitable à tous les deux et que de toute façon, les gens comme lui n’ont pas ce qu’il faut pour tomber amoureux.

C’est en tout cas ce que Logan explique à sa nouvelle belle-sœur le soir de son mariage. Explication qui pousse ladite belle-sœur à rigoler et à prédire que cela va lui tomber dessus un jour où il ne s’y attendra pas, et qu’il ferait bien de s’abstenir d’épouser n’importe qui dans l’intervalle.

Et comme nous sommes dans une romance, vous vous doutez bien que cette prédiction n’est pas loin de se réaliser !

De son coté, Skye est une poupée de la bonne société qui n’a qu’une ambition dans la vie : avoir son propre restaurant, avec sa propre cuisine. Objectif qu’elle pensait à portée de main puisqu’elle est la benjamine d’une puissante famille et que ses quatre frères sont tous chefs. Et qu’ils ont tous reçu un restaurant clés en mains comme cadeau pour leurs 30 ans, de la part de leurs parents. Sauf que voilà, Skye vient d’avoir 30 ans, et toujours pas de restaurant à l’horizon. Elle décide donc de s’enfuir à New York, et de faire ses preuves incognito.

Sauf que, décrocher un emploi dans un restaurant réputé, sans utiliser le nom de sa famille (fierté oblige), c’est mission impossible. Skye se résigne à officier pour le moment dans le bar familial de Logan… Et rencontre.

Bien sûr, elle reconnait tout de suite ce jeune loup aux dents longues qui s’est introduit dans le milieu qu’elle cherche à fuir. Bien sûr, elle lui donne donc un faux nom pour ne pas griller sa couverture. Et bien sûr, avec son emploi arrivent magiquement un appartement à sous-louer et un chien, sans compter les amis sur mesure, pour cette pauvre petite fille riche qui n’a jamais pu être certaine que l’on l’aimait pour elle ou pour sa famille.

Maintenant, si vous comptez lire ce livre, arrêtez-vous là.

C’est une histoire mignonne et Skye et Logan sont des personnages agréables. Surtout Logan d’ailleurs, avec le côté chevalier servant que l’on pouvait déjà retrouver dans les autres livres de l’auteur… Jusqu’au grand malentendu qui ne dérangera peut-être pas la plupart, mais qui a été insurmontable pour moi !

Spoilers à gogo pour la suite donc, et pour les autres, une retranscription des textos enragés que j’ai envoyé à T. au fur et à mesure de ma lecture !

« Pff, le gars abandonné dans son enfance qui tombe amoureux alors qu’il vint passer quelque temps chez son père, ils sont heureux, mais il vient de rompre ses fiançailles avec la fille de son patron qui bosse aussi dans la boite et il doit aller à une remise de prix hyper-prestigieuse couverte par la presse qui ne sait pas que les fiançailles sont rompues. La chérie voit UNE photo dans un journal et une copine se charge de lui dire qu’elle l’a vu parler à l’oreille de l’ex et direct, elle claque un plomb, elle se casse et refuse de lui parler sans même le laisser s’expliquer. Pas un mot ! Bon débarras non ? Ben même pas, il s’en veut à mort de lui avoir fait de la peine alors que c’est lui qui a un complexe d’abandon et qu’elle le sait !!!
« Oh et il a aussi une sœur adoptive qui a été abandonnée par sa mère quelques mois plus tôt et qui s’était attachée à la nouvelle, et quand elle part, la gamine croit que c’est de sa faute ! Elle n’aurait pas pu mieux gérer la pouffe ? (oui, je suis grossière dans mes textos) (T. va croire que le ciel lui tombe sur la tête)
« En 24h, elle disparait de la surface de la terre et ne se dit pas que si elle l’aime vraiment elle va au moins lui laisser une chance de s’expliquer ? »

Et là, T. me répond :
– Non, c’est une pouffe !
– C’est quoi ce livre de l’horreur ?

« Il me reste 12%, c’était pas mal jusque-là, mais ça ce n’est pas possible ! »

– Ah mince, c’est moche quand ça se gâte sur la fin…

« Et maintenant toute sa famille se ligue contre lui en mode « Qu’est-ce que tu fichais avec ton ex ?
« Mais b*** elle était à côté de lui et arrêtait pas de se coller à lui devant les journalistes, et l’a embrassée en public, il pouvait faire quoi, lui mettre une claque ? Et personne pour lui laisser le bénéfice du doute ??! »

– Non, il a un pénis. Il a forcément tort.

« Le pire c’est que c’est son père adoptif qui lui fait la morale. C’est un ex policier droit dans ses bottes le papa. Le sens moral il n’y a que ça de vrai. Alors les photos ont brisé le cœur de la petite chérie, lui on s’en fout.
« Et trop drôle, la copine qui t’a filé une claque de la part de ta chérie avant qu’il ait l’occasion de s’expliquer – je sens que je vais bien l’aimer cette copine – c’est ce que dit le père à son fils. Pretending is cheating, et tu as mérité qu’elle te quitte ! »

– Le blaireau !

« Oh ben tiens, maintenant il s’agace parce que son fiston ne prend pas bien le fait d’être rejeté et qu’il se retire dans son mutisme. Je rappelle donc, son père adoptif qui sait qu’il a été retrouvé dans la rue à l’âge de 3 ans parce que ses parents s’en sont débarrassés.
« Il devrait se secouer et aller la supplier ! »

– Job well done…

« C’est drôle hein comment un livre peut devenir insupportable en moins de 10 pages ? »

– L’auteur devait avoir la grippe à ce moment-là ?

« Je n’ai même plus envie de lire la fin ! Cette pouffe ne le mérite pas ! Et la pauvreeee chérie, cela fait deux semaines qu’elle se morfond de son côté… Non mais attends, après ma rupture, je me suis levée le lendemain pour passer mes examens, dans quel univers tu passes deux semaines sans même décrocher ton téléphone et tout le monde vient te faire à manger et se relayer auprès de toi parce que tu es trop mal, après 3 semaines de relation ? C’est un cœur brisé, ok, c’est moche, mais quand même !!!!
« Ok, il a supplié à genoux, elle a daigné lui pardonner. La pouffe. The end. »

Et voilà, mes amis, pour vous et rien que pour vous, un petit exemple des messages qui s’échangent avec T. à chaque lecture… Au moins, je ne souffre pas seule et en silence !

Vous l’aurez compris, aujourd’hui, je ne vous recommande pas spécialement ce livre, sauf si les grands malentendus venus d’une absence totale de communication ne vous dérangent pas, mais j’en doute un peu… On fera mieux la prochaine fois !

Bonne journée,
Chi-Chi

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19 réflexions sur “You’re the one

  1. Hu hu hu. Sorry, vos messages m’ont donné le sourire! Je comprends que le malentendu sur lequel est basé la rupture – si j’ai bien compris – ne casse pas trois pattes à un canard et du coup, casse un peu la lecture. (Bon,j’avoue, j’ai utilisé le même procédé dans un roman – enfin, pas avec une photo de l’ex ^^ – mais bon, je n’ai pas fait durer le suspense pendant 20 pages non plus ^^ Oui, on se dédouane comme on peut!)
    Bon,j’espère que ta prochaine lecture sera plus satisfaisante 🙂

    • Le malentendu est acceptable, mais pas la fille qui refuse de laisser une chance de s’expliquer et toute la famille qui se ligue contre lui! :p
      Bon, j’avoue, étant une grande supporter du dialogue, j’ai toujours du mal avec les personnages qui ne se parlent pas…

  2. OH BOY!!!
    Tu as publié mes allusions au penis!!!
    je suis rouge d’embarras! maintenant la terre entière va savoir que sous une carapace d’élégance et de raffinement se cache une poissonnière aux langage fleuri à souhait…..
    …….comment ça le monde savait déjà? :-p

    • 😀 J’étais sure que tu allais relever! J’ai vraiment hésité, je te l’avoue…
      Et puis je me cache derrière le fait que ce sont TES textos, et une retranscription fidèle. Désolée pour ta « réputation »!

      • tu as été frappé par un éclair de folie! ou alors la maitresse de l’étiquette qui est en toi est parti en vacances.
        C’est juste que je ne me censure pas du tout en texto… vilaine que je suis…mais j’ai bien ri, hein.

    • Mais qui sait écrire « tort »! Ca pardonne tout!

      Et tu n’as rien d’une poissonnière. Je fais constamment des comparaisons entre les avec- et les sans-pénis dans la vie réelle…

  3. Non, je ne vais pas noter.
    Mais je passais pour vous dire que j’ai bien aimé « Un sentiment plus fort que la trahison » d’Ashley March. Il change des autres romances et le style n’est pas bête.
    A bientôt !

  4. Je partage ta peine, surtout qu’on (le « on » collectif, j’aime ça) aime bien les livres de Robin Kaye d’habitude. Mais le big misunderstanding, c’est trop nul, trop usé et abusé, et comme toi, je suis fan de la communication dans le couple.

    Que dis-je? Je suis même fan de la communication dans les réunions de parents d’élèves, dans la rame de métro, dans le fil d’attente aux caisses des supermarchés, donc dans le couple, évidemment!

  5. Désolée pour toi, c’est toujours détestable ce genre de livre mais j’avoue que ça nous offre de merveilleux textos (je dois reconnaître qu’avec une copine nous échangeons ce genre de textos sauf que nous ils sont vraiment
    secret défense 😀

    • Attends, j’ai filtré et pas choisi les pires textos non plus, je tiens au decorum 😉
      Mais c’est une grande partie du plaisir de la lecture, j’avoue…

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