Tu veux parier?

Pour rester dans le thème abordé par Tam-Tam, je voulais parler de kilos en trop.

Il faut dire que les auteurs de romance ont une conception intéressante du défaut physique. Passons sur les boucles indomptables, les taches de rousseur, la grandeur (à moins d’être une girafe, ça ne compte pas) ou les lèvres trop charnues, qui sont au défaut physique ce que le perfectionnisme est au défaut de caractère : de la fausse modestie mal placé. Les héroïnes sont rarement moches, à part cette pauvre Face de moineau, et si on se limite à la question du poids.. eh bien c’est encore plus édifiant!

La plupart du temps, notre héroïne est plutôt complexée car elle est trop mince pour la mode de son époque, et se lamente sur le fait que cette minceur s’accompagne d’une petite poitrine (plains-toi ma fille, au moins tu ne connaîtras pas le drame des seins qui tombent!)…

Parfois, elle a des rondeurs, ce qui, en langage romance, se traduit par des hanches un tantinet plus larges que la moyenne et une poitrine opulente qui fait toujours baver d’envie les autres filles et laisse les hommes pantelants de désir! Et pire encore, ce que l’on voit souvent dans les historiques, un bon corset et hop, l’héroïne a une silhouette voluptueuse, dans les contemporains, elle décide de faire un régime (et n’a bien évidemment jamais aucune difficulté à s’y tenir) et hop, tout va mieux dans sa vie… Aaaargh!!!

Alors, oui, la romance, ce n’est pas la vraie vie, mais moi j’aime bien pouvoir m’identifier à une héroïne moins que parfaite, un peu de justice dans ce monde de brutes à la fin, elle va déjà avoir son prince charmant, elle ne peut pas EN PLUS ressembler à un mannequin!

Soyons honnêtes, le poids, c’est sûrement l’un des pire cliché de la romance. Et cette fichue héroïne qui se trouve ronde est la plupart du temps tout ce qu’il y a de plus normale, et son complexe n’est rien d’autre qu’une excuse bidon de l’auteur pour justifier un « conflit » entre nos héros, ce qui prend à peu près aussi bien qu’une mayonnaise ratée! Je préférerai une héroïne bien dans sa peau et moins de rebondissements à 3 francs 6 sous, merci bien!

En cherchant un peu dans ma bibliothèque, j’ai tout de même réussi à mettre la main sur quelques livres où l’héroïne est ronde, ne passe pas par un extreme-makeover/un régime draconien/Marraine la Bonne fée, et se contente d’apprendre à vivre avec le corps qu’elle a. Pleasure for pleasure, ou Le plaisir apprivoisé d’Eloisa James, Night play ou Jeux nocturnes de Sherrilyn Kennyon, et Bet me, de Jennifer Crusie.

 J’avais déjà lu les 2 premiers, mais Bet me était dans ma pile à livre, c’était donc l’occasion de le dépoussiérer!

Laissez moi vous dire que j’ai regretté d’avoir attendu si longtemps, je me suis régalée.

Oui, le poids de l’héroïne est en question, mais c’est aussi et surtout une histoire géniale, avec une ex-fiancée psychologue qui développe une théorie bidon, un ex-petit-ami qui est le dernier des crétins, des familles qui m’ont fait adorer la mienne, un neveu intolérant au sucre (le pauvre), une héroïne qui a le job le plus sexy de la planète, actuaire (désolée Tam-Tam, c’est pire que comptable) et qui ne croit pas aux contes de fées, un héros avec une réputation de play-boy peu fréquentable et qui adore parier quand il est sur de gagner, des chaussures de folie (dignes d’une princesse, sauf la paire de mules à talon en plastique transparent avec des cerises sur les orteils…), une amie leste du sac à main, une obsession pour le poulet au marsala, un chat borgne et des boules à neige.

Evidemment, Min, notre héroïne, se trouve trop grosse (si d’aventure elle venait à l’oublier 3 minutes, sa mère se charge bien de le lui rappeler), et elle suit religieusement les préceptes du régime Atkins, où on ne peut manger aucun glucide (pas de pain, de pâtes, de fruits, de légumineuses, de sucre, rien). Au passage, quelqu’un devrait lui expliquer qu’il y a bien plus de calories dans le cocktail qu’elle avale en 3 gorgées que dans une bouchée de pain… Min vient aussi de se faire larguer, à 3 semaines du mariage de sa sœur. Ô joie, elle va devoir aller seule à la cérémonie, et en plus sa robe est 2 tailles trop petite parce que sa mère espérait qu’elle maigrirait pour l’occasion.

 Quand Min rencontre Cal, tout commence avec un pari. Et continue sur le même registre…

 Cal quand à lui, est convaincu que si Min ne se trouve pas jolie, personne ne pourra l’en persuader, et qu’être sexy, c’est une attitude, pas une taille de robe. Voilà un discours qui a fait clic dans ma petite tête. Il ne prétend pas une seconde que Min est mince. Il ne lui dit pas si elle devrait ou non perdre du poids Par contre, il lui dit d’arrêter de torturer son corps et son esprit avec un régime qu’elle ne fait que pour satisfaire sa mère (oui, car Min, si elle est un peu complexée, l’est plus par le regard de sa mère que par ses kilos en trop). Voilà une attitude autrement plus saine que de passer sa vie au régime pour de mauvaises raisons!

 En prime, Cal (qui n’est pas parfait non plus, rassurez-vous) et Min n’ont pas du tout envie de tomber amoureux l’un de l’autre. Et, comme souvent avec Jennifer Crusie, cela donne un cocktail détonant de dialogues à mourir de rire et de situations comiques qui ne tombent jamais dans le ridicule!

Bonne lecture,
Chi-Chi

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16 réflexions sur “Tu veux parier?

  1. OK, je peux le réserver pour octobre? Prems!(Tu ne l'aurais pas en audio-book…? lol)J'étais persuadée, en lisant le titre, de l'avoir déjà lu, mais en fait je ne crois pas. En plus, je ne me souviens pas d'une héroine qui s'appelle Min. Bon, je passe sur la question douloureuse des petites poitrines, il faut le vivre pour le comprendre. L'important, c'est en effet, un héros qui l'aime "just as you are" (ou je ne sais pas ce qu'il dit, Colin Firth, dans Bridget Jones). Très sympa la critique. Ca me donne surtout TRES envie de lire le livre!!!

  2. Il dit bien "just as you are" (Coliiiinnnn!!!!)…Quand à la question de la poitrine… trop imposante, elle peut être aussi douloureuse que trop petite (voir plus, question de gravité) et de toute façon l'herbe est toujours plus verte ailleurs! ^_^Bref, non je ne l'ai pas en audio-book, désolée!Mais je te le met de coté pour la rencontre, pas de souci!

  3. Oulà, tu me donnes envie de le lire ! Un vrai homme qui l'aime comme elle, ça fait tellement envie pour les lectrices moins-que-parfaites dont je fais partie (oui, parce que les super beeeeelles qui peuplent nos livres sont parfois lassantes, tu as raison).

  4. @Pirouette: pas gentil de me piquer ma place de preums…bon, je saurais attendre pour le lire….PS: rahhhhhh colinnnnn!!!je pense créer d'ici peu un échelle Firth…qu'en pensez-vous?

  5. Euh j'ai une vision là… Je crois que ça vient de me bruler la rétine! Et tu peux juger Colin sur l'échelle de Hugh Jackman non? Personnellement, il partage le 2ème échelon avec Edward Norton!

  6. Ah non, Edward Norton mérite au moins la 1ère place !! ;)J'ai a-do-ré ce livre ! C'était mon premier de l'auteur, lu en une nuit sous la tente, à la lumière d'une bougie chauffe-plat…Tout m'a plu, l'histoire, les personnages, les répliques, la fin, les fous-rires que j'ai piqué en lisant ; et le sourire que j'avais en tournant la dernière page !

  7. Le débat est serré entre ces 3 là en ce qui me concerne, mais l'échelle est une création de Tam-Tam, c'est donc elle qui lui a donné son nom et je dois respecter sa décision de mettre Hugh au sommet…Ceci dit, rien ne vous empêche de rajouter des échelons au dessus! ^_^

  8. NON NON NON!!!Je proteste!!!Hugh Jackman est au sommet, et il n'y a pas de barreau au dessus…..Sans vouloir faire débat ni rien, Colin Firth pour moi, il a un échelle à lui tout seul et il est au sommet, mais ce n'est pas la même que Hugh.Quant à Ed, désolée…il est trop petit ce cher monsieur…il perds des point et NE PEUT etre au sommet!

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  11. Vrai coup de coeur ! je n’ai pas pu le lâcher avant la fin à 3h du matin (heureusement qu’on est dimanche matin !).

    Enfin une héroïne qui ne soit pas un culte à la minceur et qui apprend à assumer ses formes ! ça fait du bien !

    Je dois dire que je suis tombée amoureuse de Cal (comment faire autrement) mais j’ai également adoré ses deux copains, surtout Tony, les trois ensembles forment une super équipe.

    Min, elle, est vraiment adorable, drôle, une héroïne comme je les adore ! Ses deux meilleures amies et sa soeur sont également géniales et apportent un vrai plus au bouquin.

    Tout comme les familles de Min et Cal, même si elles sont insupportables, apportent une dose d’humour supplémentaire mais aussi un plus d’émotion.

    L’histoire de paris est super bien menée et on se prend finalement au jeu et on a également envie de parier.

    Mais le vrai plus, c’est que ça tourne autour de la cuisine, ils m’ont mis l’eau à la bouche avec leur poulet et leurs donuts j’en veux j’en veux j’en veux (si possible offert avec Cal … 😀 )

    j’ai adoré et j’en redemande !

  12. Pingback: 27 questions à Courtney Milan, l’interview fleuve | In need of prince charming

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