Le chevalier n’est plus ce qu’il était

Le chevalier n’est plus ce qu’il était(Réédition du 21/07/10)

Je suis épuisée, je viens de finir un marathon. J’ai les yeux qui piquent et les cheveux qui se dressent seul au sommet de ma tête. Un marathon, c’est éprouvant !

Soyons clair, quand je parle de marathon, je parle bien sûr de session lecture intense où je lis des livres au kilomètre. Il fait trop chaud pour courir de toute façon !

Je disais donc, j’ai fini un marathon. 8 livres lu (ou relus) autour d’une seule et même auteur Kinley MacGregor, et d’un seul et même thème, Les Chevaliers.

Dans ma prime jeunesse, alors que mes jambes ne touchaient pas encore le sol lorsque j’étais assise sur une chaise, j’aimais écouter la douce voix de mon grand-père me lisant des contes de fées tandis que mes jambes se balançaient dans le vide. À l’époque, les princesses étaient retenues prisonnières dans les plus hautes tours des châteaux, ces derniers étant toujours gardé par une vilaine créature pleine d’écailles…

Dans ce temps là, les chevaliers n’avaient pas peur, Ils s’élançaient sur leurs blancs destriers, et sauvaient les princesses. La princesse, une fois libérée, poussait alors un petit cri de plaisir, battait des cils, et leur amour naissait…

Cliché n’est ce pas ?

Et le plus dur dans cette histoire, c’est de réaliser à quel point on a pu y croire aux vraies larmes que la princesse versait (oui, comme Candy) lorsque son chevalier était blessé par la bête…non, je veux dire, un dragon contre un type d’1m80 environ, c’est super crédible !

Aujourd’hui nous n’y croirions pas 2 secondes !

D’ailleurs je pense que je serai pour le dragon pour une fois…

Nous sommes bien plus malines….quoique…

Je me suis penchée sur la question des chevaliers en lisant avec application deux séries, Les MacAllisters et The Brotherhood of the sword.

Huit chevaliers et leur donzelle pour déterminer si oui ou non, nous lectrices étions encore une fois tombées dans le panneau…

J’ai commencé par Born in Sin, j’avais adoré le couple que formait Callie et son chevalier. J’avais beaucoup aimé le caractère de cochon de la jeune fille, et la loyauté de Sin.

Puis j’ai continué sur ma lancée avec l’histoire de Braden, Claiming the Highlander…Encore une réussite avec l’impétueuse Maggie qui impose un moratoire à la gente masculine de son clan. Plus une femme pour leur préparer de bon petit plats et/ou satisfaire leur désirs.

Au bout du 4ème roman fini – Master of Desire où Draven, un délice de virilité, un gros dur super balèze est apprivoisé par les gracieuses et blanches mains d’Emily – mon clichéomètre a commencé à montrer des signes de mécontentement…

Une fois les 8 romans tous relus dans l’ordre et en série, mon clichéomètre était dans le rouge. Force était de constater que tous les héros se ressemblaient. Voyez donc :
Nous avons huit héros : Draven, Braden, Sin, Simon, Ewan, Stryder, Christian et Lochlan
Ils sont tous frères, de sang ou d’armes, tous féroces et vaillants au combat, tous super potes avec Henry Plantagenet, tous plus musclés et plus virils les uns que les autres, ET tous ont un passé de folie !

Entre Draven qui a été traumatisé par son père qui a assassiné sa mère devant ses yeux sur la table de la salle à manger (perso, je crois que je serai condamnée à manger des sandwichs debout dans la cuisine le reste de ma vie durant après une expérience pareille), Sin qui a été renié par sa mère et son père, a été vendu comme esclave aux Sarrasins, Stryder qui a passé des années dans les geôles sarrasines et dont le père a tué la mère dans un accès de colère (vous noterez le grand classique du genre). Nous avons là une belle brochette de testostérone, qui à notre époque, en aurait signé pour 10 ans de thérapie.

Non, là, leur remède à leur traumatisme a été de décider que nonononononon jamais ils ne se marieraient/tomberaient amoureux/auraient des enfants !

Mais comme nous sommes dans la romance, nous avons en face une équipe de choc : Emily, Maggie, Callie, Kenna, Nora, Rowenna, Adara et Cat.

Elles sont toutes belles, brillamment intelligentes (qualité peu désirée à l’époque chez une femme) sont toutes liées de près ou de loin au pouvoir (on a quand même le droit à l’histoire de la fille cachée du roi Henry), et… ont toutes un passé de malade !

Emily est limite cloîtrée par son père qui ne veut surtout pas qu’elle se marie au risque de la perdre (Oedipe, tu Sors!), Rowenna est la risée de toute la cour car la donzelle ne croit pas à la violence depuis que son père est mort, Cat n’est qu’un petit pion dans l’échiquier politique de son papounet Henry…Bref, une vraie sinécure pour ces dames!

Mais contrairement à ces brutes épaisses que sont les chevaliers, ces dames ne vont pas faire les autruches et vont se battre pour leur chevalier, qui à le sauver de lui-même.

Les clichés 2 – Lectrices averties 0

Mais comment m’étais-je donc faite avoir une nouvelle fois ?

J’ai refait le tour des contes qui me faisaient vibrer enfant, j’ai recherché dans ma mémoire les différents « profils » de personnage de romans de cape et d’épée qui me font encore vibrer. J’ai sué sang et eau pour en arriver à la conclusion suivante :

Nous voulons des princesses féministes. Au placard donc les princesses sans défense dont la seule compétence était de savoir pleurer tout en restant irrésistibles.

Ici ces dames se battent contre des chevaliers aussi entêtés que des troupeaux d’ânes du périgord. Elles se battent pour prouver leur amour et extorquer celui de l’homme!

Nous voulons des chevaliers aussi barbares que ceux d’antan, mais avec la tolérance des hommes modernes (on me souffle en régie que tous ne sont pas encore comme ça…). Peu importe que la révolution de la femme n’ait pas encore eu lieu. Nous voulons qu’ils prouvent leur amour par des actes grandioses. Perso, on ne m’a pas encore fait le coup de se sacrifier pour que je conserve ma liberté (lire The Warrior)!

Chez Kinley MacGregor, le cliché est là. Mais il fonctionne.
Alors ne vous laissez pas intimider par les couvertures à mulet, et que vivent les histoires de chevaliers !

 

Bonne lecture !
Tam-Tam

Note : Et pour celles (et ceux) que cela intéressent, dans cette jolie brochette, je vous conseille plus particulièrement Sin et Draven, à bon entendeur…

PS: les autres sont bons…mais on a toujours ses chouchous!

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16 réflexions sur “Le chevalier n’est plus ce qu’il était

  1. Ici ces dames se battent contre des chevaliers aussi entêtés que des troupeaux d’ânes du périgord.

    >>> Hu hu. J’adore cette phrase!
    Merci du billet 😉 Je vote aussi pour les princesses féministes et les chevaliers 2.0 (voire 3.0 soyons fous ^^)

  2. J’adorais également les histoires de chevalier et de princesse… Quand j’étais petite 🙂 ! Aujourd’hui, il peut y avoir des histoires sympas, mais tout me semble un peu beaucoup couler sur le même moule 😉

      • J’avoue, tu m’as démasquée, je ne voulais pas le dire… 😉
        Bon, si je dois vraiment TOUT avouer, je peux dire que je craque surtout pour un autre genre et pour d’autres hommes. NON, je ne dirais pas les noms 🙂 !

    • Eh bien… Disons que parmi mes hommes chouchous…
      L’un habite à Pemberley et il y aurait également un Officier supérieur de la Royal Navy, un autre habite à Milton, l’autre à Thornfield-Hall, un autre a vécu avec une dame qui dit souvent « Demain est un autre jour » et « Taratata »… Pour ne citer que ceux-là 😉 !
      Est-ce que tu as une petite idée 😉 ?

  3. Je ne les ai pas tous lu, mais je garde un petit faible pour Sin, Stryder et Simon. J’aime beaucoup Lachlan mais l’héroine m’horripile, du coup son livre ne figure pas dans mes relectures. Il est clair que dans le genre cliché (en plus certains sont écossais, kilts sexy nous voilà !!) c’est assez fort, mais cela t’a sans doute encore sauté aux yeux que tu les as tous lus à la suite. Dans ce cas, les répétitions apparaissent plus flagrantes. J’ai eu le cas avec des Garwood, il y a fort longtemps, et il faut avouer que tous les héros et héroines sont des copié-collé (quasiment). Et pourtant, elle reste un grand classique.
    Mais c’est vrai que savoir pourquoi livre avec des clichés sera poser dans un coin pour ne pas être réouvert alors qu’on va dévorer le suivant sans prendre le temps de manger ??

  4. Tu as la tête qui bourdonne, tu as des vertiges, limite nauséeuse…
    J’ai lu d’une traite « Gabrielle » de Laberge et j’ai attaqué à la suite « Adélaïde ». Je ne conseille pas ! mon marathon s’est soldé par une crise de larmes inconsolable. Avez-vous lu la trilogie Miss Tam et Chi ? Cela commence comme un conte de fées… un amour de princesse et chevalier.
    Je crois que je suis traumatisée ! Je venais par ici pour me consoler et oui, ça me fait du bien.
    Bonne semaine à venir !

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