Docteur Jayne and Mrs. Quick

La semaine dernière, il était question de ma révélation alors que je lisais un contemporain de Judith McNaught.

Historique et contemporain, une auteur peut-elle être aussi douée dans l’écriture de ces deux genres si diamétralement opposés ?

La semaine dernière, je vous dévoilais comment Teresa Medeiros, reine de l’historique de toute époque avait su se montrer à la hauteur du challenge et nous avait régalé de son récent « Goodnight Tweetheart ».

Pour Teresa il s’agissait d’une digression de son talent premier, les historiques. Mais entre les deux « familles », certaines auteurs ne semblent avoir jamais réussi à se décider.

C’est le cas de Jayne Ann Krentz, qui sous le nom de plume d’Amanda Quick, nous offre des régences où bien souvent de mystérieuses forces sont à l’œuvre pour rendre la vie impossible à nos héros (et les rapprocher par la même occasion).

JAK, AQ… mais aussi Jayne Castle, lorsque tout à coup il prend l’envie à l’auteur de se plonger dans une romance futuriste. De quoi verser dans la schizophrénie…

L’auteur en a presque fait sa marque de fabrique. Depuis des décennies, elle sort environ un livre de chaque nom de plume par an (toutes ces heures de lectures en perspectives ^^).

Il semble donc que Jayne (qui parait être son réel prénom) soit habituée à la gymnastique de passage entre chaque période. Avec autant d’années d’expérience derrière elle, on peut imaginer qu’elle sait gérer les détails contemporains et  jongle parfaitement avec les idiomatismes du passé. Qui sait, peut-être maitrise-t-elle les codes de la mode du 19ème siècle tout en se maintenant à jour sur les derniers défilés pour les accessoires de ses héros contemporains ?

Rien de tel que des exemples pour déterminer si oui ou non notre auteur maitrise son art. Au hasard d’un bouquiniste britannique qui s’est trouvé fortuitement placé sur ma route en juillet (admettez que ça tombe plutôt pas mal ?), j’ai déniché des vieilleries à un prix imbattable, dont « Absolutely, Positively » (publié en français sous le titre de « Passionnément, à la folie » que j’ai dévoré en cette semaine de canicule.

Publié en 1997, il commence à dater – je n’en reviens pas d’en être arrivée à dire que les années 90 « datent », mais passons. L’histoire de Molly et Harry m’a pourtant bien plu, la rime mise à part bien sûr !

Depuis la mort de son père, inventeur de génie, Molly est en charge de la fondation scientifique que son père avait mise en place avant son décès. Cette dernière vise à aider les jeunes talents scientifiques en mal d’investissement financier. Mais comme toujours lorsqu’il est question de grosses sommes d’argent, les escroqueries sont légions. Elle décide donc de faire appel aux compétences de Harry Trevelyan.

Harry est le fruit de l’union maudite entre la famille des Trevelyans, forains, saltimbanques et diseurs de bonne aventure ; et celle des Strattons, businessmen de pères en fils. Jayne ne nous le décrit pas comme une gravure de mode, il est trop intense, trop grave par moment pour cela. Mais cette intensité ne le rend que plus captivant et mystérieux. Harry fait partie de ces hommes qui ne verbalisent pas leurs sentiments. Ils agissent.

Et les actions de Harry parlent pour lui. Protecteur de Molly dès que la première menace se fait sentir. Déterminé à trouver la source du danger, il a l’abnégation du soldat qui part sauver sa patrie. Il est de ces hommes qui pensent toujours au bien-être de l’autre. L’égoïsme lui est inconnu. *soupir*

On aurait pu tomber dans le « trop bon, trop c** », mais Jayne est plus fine. Elle en a fait un homme sans pitié pour ceux qui se mettent en travers de son chemin.

Nous avons donc un protecteur sans pitié pour protéger Molly. Elle aurait pu en profiter, mais cette héroïne est à la hauteur du preux consultant.

Une belle histoire où il est question des valeurs de la famille, où la sensualité des personnages m’a fait monté le roses aux joues, et où l’héroïne, une femme qui a la tête sur les épaules  sait quand « trop, c’est trop! ».

Un 10/10 pour JAK sur ce contemporain. Voyons à présent si l’historique sera à la hauteur…

Là même année, Amanda Quick a sorti « Mischief » (en français « La dame de lumière »).

Dans cet opus, AQ (tout le monde suit entre les différents pseudonymes ?) raconte l’histoire de Matthias, Lord Colchester et de l’excentrique Imogen Waterstone (appelée Deborah dans la VF), le tout sur fond d’archéologie.

Car Matthias est un brillant archéologue qui vient de retrouver des ruines d’une civilisation dont seule l’auteur à le secret (j’ai vérifié, même wikipédia n’a jamais entendu parlé de la Zamarie). L' »imodeste Imogen », de son côté, est en pleine planification de sa vengeance à l’encontre du supposé assassin de sa meilleure amie (qui se trouve être le mari de la-dîte défunte). Et comme la jeune femme est 1) une spécialiste de la Zamarie et 2) une superbe créature, Matthias se laisse convaincre d’entrer dans la machination.

J’aime beaucoup certains historiques de l’auteur – Chi-Chi vous a déjà chroniqué son préféré - j’ai pour ma part une faiblesse pour « The paid companion » et la série « Arcane society ». Amanda Quick a le talent nécessaire pour me faire passer une nuit blanche. Pour des raisons qu’il me serait bien difficiles de nommer avec acuité, sa « Dame de lumière » me laisse un sentiment d’inachevé. C’est donc avec regret que je ne donnerai que 6/10 à cet historique.

C’est donc à croire que l’on peut être bon dans les deux genres, mais il est dur d’être bon sur toute la ligne et en permanence. Je n’écarte pas la possibilité d’une année faste pour cette auteur, mais en 1997, Jayne a été meilleure qu’Amanda.

Je m’en remets à présent à votre jugement.
 
 
Bonne lecture,
Tam-Tam
 

Passé/Présent 10 Commentaires

Une héroïne… et quelle héroïne!

Si vous saviez comme ça me fait plaisir de venir vous dire que cette semaine, j’ai passé une nuit blanche! C’est que j’en ai fait beaucoup depuis quelques temps des nuits blanches, mais toujours courbée sur le clavier de mon ordinateur à travailler. J’avais délaissé ma BAL, par manque d’inspiration mais aussi parce que je mettais toute mon énergie dans un projet très particulier qui m’aura demandé beaucoup d’énergie et plusieurs mois de ma vie. Le projet est terminé, je fais des nuits complètes depuis une semaine et mon esprit est enfin libéré, je peux reprendre mes livres!

Souvenez-vous, il y a à peine 2 semaines, je vous faisais un petit bilan de ma BAL, où je mentionnais More than a mistress de Mary Balogh.

Voilà, c’est fait, je l’ai lu. Et adoré. J’ai terminé la dernière page à 6h30 du matin, en soupirant d’extase et de frustration, comment ça, déjà fini?

Mary Balogh nous y raconte l’histoire de Jane. Un peu de son héros, Jocelyn, mais surtout de Jane. C’est un bonheur trop rare en romance de rencontrer une héroïne que l’on aime vraiment. La plupart du temps, on l’aime bien, la trouve chouette, agréable, marrante, mais c’est pour le héros que l’on fond, c’est lui qui fait palpiter notre cœur de midinette. L’héroïne est là pour mettre en valeur le héros, pour le sauver de lui-même et lui apporter le bonheur. Certes, elle en retire aussi quelques bénéfices, mais le héros reste l’intérêt principal et il marque plus durablement la mémoire…

Pas ici. Jocelyn est un héros à la hauteur de Jane, et pas l’inverse.

Jane est une lady qui a quelques problèmes. Depuis la mort de ses parents, elle est sous la tutelle de son oncle, lequel aimerait bien qu’elle épouse son fils/cousin, pour conserver l’héritage. Et utilise à cette fin des méthodes peu honorables. Schéma classique de la romance régence. Et Jane, après un incident malheureux, fait ses bagages et quitte la maison familiale pour se rendre chez sa marraine. Par un enchainement de circonstances malheureuses, elle se retrouve à Londres, obligée de dissimuler son identité. Qui dit lady incognito dit obligation de subvenir à ses besoins, Jane est employée chez le Duc de Tresham, Jocelyn donc. Lequel se dit que notre héroïne ferait une fort charmante maitresse.

Oui oui, une maitresse, une femme entretenu, vivant dans une maison tous frais payés en échange de ses services dans un lit. Tout à fait le genre de carrière pour laquelle une lady de bonne famille a été élevée. La proposition du Duc reçoit donc un accueil pour le moins… original!

Jane est réellement l’une des meilleures héroïnes qu’il m’ait été donné de découvrir depuis longtemps. Elle est la parfaite illustration du talent de Mary Balogh. C’est une jeune femme d’une grande finesse psychologique (dont elle fait abondamment usage), qui a la tête sur les épaules, qui se connait bien et ne parle jamais sans réfléchir. Elle sait qui elle est, est consciente de sa propre valeur sans jamais en devenir prétentieuse ou arrogante, regarde les problèmes dans sa vie avec courage et objectivité, enfin, elle ne se ment jamais à elle-même. Et toutes ces qualités, bien loin d’en faire une caricature de vertu et de perfection, en font un personnage fort et attirant.

Jocelyn de son coté, est comme il se doit un débauché, un Duc vivant à la hauteur de sa réputation, entre duels, paris insensés, bagarres à coups de poings et nuits d’ivresse. C’est aussi un personnage plein de facettes cachées, que Jane saura à la perfection révéler. Il a clairement plus besoin d’elle qu’elle n’a besoin de lui, leur couple est loin d’être une évidence, et pourtant ces deux-là se complètent.

Bien sûr, la question demeure, pourquoi Jane doit-elle se cacher, va-t-elle être contrainte d’accepter la proposition du Duc de Tresham, comment se sortir de cette situation délicate?

Une seule façon de le savoir, empressez-vous de lire More than a mistress, vous ne le regretterez pas!

 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi

Passé ou Présent ?

En romance, les sous-genres sont légions. C’est bien simple on retrouve tous les sous-genres de la littérature classique, l’unique différence se trouve bien souvent dans le nombre de scène sexy.
Néanmoins, il existe deux catégories « ancestrales » qui selon moi, existent en romance depuis l’aube du genre. Chacune de son côté ont leurs adeptes, leurs auteurs et leurs codes.

Historique vs. Contemporain. Hier, aujourd’hui. Passé, présent.

Si je lis fort volontiers des deux, je ne les aborde pas de la même manière.

Il sera par exemple très difficile pour moi de supporter une jeune fille naïvement ignorante des choses de la vie dans un contemporain, quand bien même cette dernière aurait été élevée au couvent par des Ursulines ne parlant que latin. Il y va de la cohérence de l’auteur avec le contexte actuel, et de ma propre crédulité.

De la même façon, une héroïne ayant connu pléthore d’hommes avant de tomber sur Lord Perfect, c’est suspect. Qu’elle ait été enlevée à 4 ans par des boucaniers et vendue au sultan de Constantinople, passe encore, mais qu’elle se soit enfuit armée seulement d’une lime à ongle…il ne faut pas abuser des courgettes quand même ! (Les courgettes sont de saison, surtout si elles sont hallucinogènes !)

Vous l’avez compris, il est des clichés qui ne fonctionnent que dans les historiques et d’autres qui ne passent que dans un contemporain.

Cela va même un peu plus loin, puisque personnellement, je fonctionne par période. Je pourrais lire 10 romances historiques et les adorer en juillet, mais si je m’aventure à en lire une en août, je vais gémir d’exaspération devant l’héroïne et son chevalier.

Les auteurs l’ont bien compris, puisque bien souvent, elles se spécialisent dans un genre particulier, et apprennent à y exceller. Elles formeraient presque deux bandes ennemies si le monde de la romance n’était pas un pays sucré et acidulé où le happy-end et les sourires sont de rigueur.

C’est toutefois sans compter sur les petites malines qui publient tour à tour des romances contemporaines et historiques, en changeant juste de pseudonyme…

C’est d’ailleurs de cela que je veux parler aujourd’hui. En effet, alors que je relisais avec plaisir « Until you » de Judith MacNaught, je me suis interrogée sur ces auteurs qui manient leurs plumes aussi bien en historique qu’en contemporain, et après une longue réflexion, un Mr. Freeze pour rafraichir mes neurones et un tour d’horizon de mes étagères, voici celles que j’ai trouvé :

- Jayne Ann Krentz qui devient Amanda Quick lorsqu’elle écrit des historiques
- Lisa Kleypas, grande prêtresse de l’historique, qui ces derniers temps s’essaye au contemporain (avec plus ou moins de réussite selon mes sources…)
- Judith McNaught, que j’ai personnellement découverte chez les contemporains, mais dont la renommée vient essentiellement de ses romances historiques pleines de combats contre les conventions et de personnages qui se découvrent dans les bras l’un de l’autre.
- Connie Brockway
- Susan Elisabeth Philips
- Jude Deveraux
- Teresa Medeiros, prêtresse de la jeune fille en détresse et du rake reformé, qui nous a dernièrement régalé de son « Goodnight Tweethart »

Et j’ajouterais une mention séciale pour Sherrilyn Kenyon, qui certes n’écrit pas du contemporain, mais de l’urban fantasy à la sauce Dark Hunter, et qui sévit aussi avec talent dans la catégorie historique sous le nom de Kinley McGregor.

Passer d’un genre à l’autre m’apparaît comme un exercice assez compliqué. Chaque auteur a son talent particulier pour rendre ses histoires inoubliables. Je ne peux donc m’empêcher de penser qu’une auteur qui navigue entre le monde du passé et du présent garde une prédisposition naturelle pour l’un des deux genres. Qu’elle se montre plus inventive, plus cohérente, meilleure même apparaît comme inéluctable. Entre les « tics » littéraires, les personnages fétiches des unes et des autres, les codes changent, et l’auteur doit s’adapter… Un véritable challenge littéraire en soi !

Je lance donc une nouvelle série d’articles. Dans chacun d’entre eux, je tacherais de me pencher sur un opus contemporain et un opus historique d’une seule et même auteur pour savoir si elle a su éviter les pièges d’un tel défi.

Et pour ouvrir le bal, je vous invite à vous pencher avec moi sur le cas Teresa Medeiros. Chi-Chi ne pourra que me seconder dans ce que je vais dire : Teresa est de ces auteurs qu’il est fort aisé d’adorer.

Elle nous a longtemps habitué à des romances historiques où les héros aiment se voler dans les plumes. Elle est passée maitresse dans le maniement de l’humour dans l’historique. De retournements de situations impossibles en éclats de rire en tout genre à la découverte de situations « compromettante » pour le héros fort, viril et macho. Teresa aime les chevaliers, les demoiselles dégourdies et les fins heureuses (ça tombe bien, nous aussi).

Un recette parfaitement au point… Jusqu’à ce moment fatidique où, prise d’une envie subite, elle nous annonçait il y a plus d’un an qu’elle travaillait sur un contemporain.

Et là, dans mon fort intérieur, des ongles ont grincé sur un tableau noir (oui, dans mon fort intérieur, il y a un tableau noir…).

Pas que je ne lui fasse pas confiance, non. Mais imaginez donc Lord Bannor The Bold, dans le monde actuel ! En guise de héros, ce n’est pas tout a fait crédible (si tu ne sais pas à quoi je fais référence cher lecteur, va donc lire la chronique de Chi-Chi sur le sujet). Teresa à beau avoir de l’humour, ses héros sont fait de cette étoffe particulière qui sied si bien aux chevaliers.

Les mois ont passé, et Goodnight Tweetheart est arrivé. Pas du tout membre de la frénésie tweeter, la lecture du synopsis ne m’a pas rassurée…

Et Chi-Chi (bless her little heart) l’a chroniqué… Et je l’ai lu…Et j’ai adoré !

Tous les éléments qui faisaient de Teresa une si bonne auteur d’historique se retrouvaient dans son contemporain. Mais son talent avait su épurer les traits des personnages. Je me suis imaginé dans la peau d’Abby. J’ai rêvé de Mark.

Je m’en suis presque voulue après coup d’avoir douté du talent de l’auteur. A tel point que je n’ai plus qu’une chose à dire : Teresa, si tu lis ces lignes, à quand un nouveau contemporain ?

En attendant ce jour béni, je m’en vais mettre ma tête dans le freezer, avant de fondre de chaleur.

Bonne lecture,
Tam-Tam
 

La rebelle attitude

Argh, mais ce n’est pas possible! Que m’arrive-t-il en ce moment??!

 
Pas d’inspiration, pas envie de lire, pas envie d’écrire… C’est la fin des haricots mes amis (ou des courgettes hallucinogènes comme dirait Tam-Tam)!

 

Bref, puisque je n’ai pas de nouveautés à vous faire découvrir, je vais me rabattre sur une vieillerie. Enfin vieillerie, tout est relatif… Disons assez vieux pour être un classique de la romance! Tender rebel de Johanna Lindsey a été publié pour la première fois en 1988. Et pour toute personne qui fréquente un peu le genre, vous savez que la romance a bien changé depuis ce temps! Ce livre appartient à la série des Malory, et les Malory, c’est ce que l’on appelle en science de la romance, une série « old school »… Genre qui est donc marqué par un coté parfois un peu (mais juste un peu n’est-ce pas…) excessif  à l’occasion (comment ça, il y aurait des clichés dans la romance? Est-ce possible?).

 

Mais quand l’histoire est bien menée, quand l’auteur a du talent, ces héros savent rester savoureux. Ils sont « too much » mais qu’ils sont drôles dans leurs excès!

 

Johanna Lindsey fait partie de ces auteurs dont les œuvres ont vieilli. Légèrement. Elle est « old school » mais pas trop. Juste assez pour savoir que ses livres ont été écrits il y a plus de 20 ans pour certains!

 

On y retrouve un héros, homme fort, un rake sans scrupule, aristocrate imbu de sa personne, dont l’assurance confine à l’arrogance, ce qui l’empêche d’écouter quoi que ce soit autour de lui. On y retrouve aussi une héroine, faible femme dans une situation délicate, ayant besoin au plus vite de la protection dudit homme fort et viril (si il pouvait être beau, cela ne gâcherait rien bien sur – sauf que notre héroine veut un mariage de raison et que notre héros ne veut pas tomber amoureux, non non jamais, c’est pour les omelettes ces histoires!).

 

En résumé, Roslynn est une riche héritière menacée par une terrible menace (parfaitement), sans compter la horde de ses admirateurs un peu trop pressants. Oui, sachez Messieurs Dames, qu’une fortune importante poussera des jeunes hommes (autrement biens sous tout rapport) à tenter de vous compromettre dans tous les coins d’une salle de bal, avec l’espoir de vous forcer à l’épouser.

 

Comme Roslynn est une fille intelligente, elle va demander la protection d’Anthony Malory, débauché notoire. Normal. Pourquoi se met-elle en tête qu’Anthony n’essayera pas de faire comme les autres, mystère et boule de gomme. Peut-être parce qu’il est encore plus riche qu’elle, ou parce qu’il est encore plus beau qu’elle? Toujours est-il que Roslynn se rebelle fermement contre le sort que la société lui réserve, un beau mariage et une vie de soumission à son mari. La rebelle attitude version « old school » veut simplement dire que notre héroïne n’a pas la langue dans sa poche, la plupart du temps, mais si on compare avec ce qui se faisait à la même époque, c’est déjà un gros progès!

 

Et si vous mettez une forte tête avec un débauché, vous obtenez des étincelles! Ces deux-là entrent alors dans un rapport de séduction qui ne va pas vraiment arranger les plans de Roslynn pour éviter de se retrouver compromise, puisqu’ils manquent de se faire découvrir toutes les 10 minutes! Rassurez-vous, malgré son caractère rebelle, notre cher Anthony ne manquera pas d’occasion de prouver sa virilité en la sauvant des griffes de ses ennemis… Rebelle, mais pas indépendante, il ne faut pas exagérer!

 

C’est donc une régence 80’s pur sucre, pleine de clichés et de caricatures, mais une romance qui fonctionne malgré tout car Johanna Lindsey sait écrire! Certes, si vous êtes réfractaires à ce style de personnages et à ces intrigues cousues de fil blanc, vous n’aimerez pas Tender Rebel, mais personnellement, j’aime bien retrouver l’ambiance si particulière de mes premières romances!

 

Petit détail à noter, il s’agit du tome 2 de la série des Malory, récemment traduite en français chez J’ai Lu pour votre plus grand bonheur (encore que, ne me demandez pas ce que vaut la traduction, je n’en ai pas la moindre idée)!

 

 

Bonne lecture,
Chi-Chi
 
 
PS : La série est composée, dans l’ordre de :
  • Love only once (Le séducteur impénitent)
  • Tender rebel (Tendre rebelle)
  • Gentle rogue (Passagère clandestine)
  • The magic of you (Magicienne de l’amour)
  • Say you love me (Une femme convoitée)
  • The present (La faute d’Anastasia)
  • A loving scoundrel (Voleuse de coeur)
  • Captive of my desires (Les trésors du désir)
  • No choice but seduction (Confusion et séduction)
  • That perfect someone (Mariés par devoir, amants pour toujours)
Malory, 13 Commentaires

Irrésistible, moi ?

L’été évoque souvent les vacances, la plage, le soleil. Juillet et août sont souvent rythmés par une course ininterrompue entre les balades dans l’arrière-pays, les apéritifs devant le barbecue qui rougeoie et les matins qui démarrent doucement, le tout au son des cigales et des grillons.

Mais au delà de cette langueur, de cette douceur de vivre, l’été est aussi synonyme de grandes réunions de famille et autre obligations sociales, j’ai nommé les mariages !

Je suis bien placée pour le dire, puisque c’est votre serviteur ici présente qui a prié sa condisciple et partenaire dans le crime de venir apposer sa signature au bas d’un registre pas plus tard que la semaine dernière.

Je vous privais en même temps d’un article en bonne et dû forme. Déshonneur sur moi, déshonneur sur ma famille, déshonneur sur ma vache…

Mais je ne vous avais pas laissé sans livre, cela doit compter pour quelque chose, non ?
Alors rattrapons-nous, et passons à présent à « Call me Irresistible », le dernier livre de Susan Elisabeth Philips qui parle de… mariage ! Tiens comme c’est étonnant, je suis une princesse pleine d’humour !

Quittons la France et ses mariages « à taille humaine », bonjour le Texas (tout y est plus grand, c’est bien connu) où Ted Beaudine, l’enfant chéri du pays, le wonderboy de Wynette, le Superman du Texas, est sur le point de s’unir à Lucy.

Cette dernière, qui craint de n’être pas assez bien pour ce parangon sudiste, fait part de ses doutes à sa meilleure amie Meg, qui tant bien que mal essaye de lui donner de bons conseils – si tant est que l’on puisse en donner de bons lorsque l’on a jamais rencontré le marié et qu’on n’est pas citée en exemple dans la bouche de la mère de la mariée. 25 minutes de conversation et le lendemain, alors qu’il est à présent temps de remonter l’allée centrale, Lucy décide de prendre ses jambes à son cou, et de planter l’homme parfait à l’autel. Laissant sa meilleure amie ramasser les morceaux et endosser l’entière responsabilité du désastre.

Parce que voir s’enfuir Lucy, c’est un peu comme si tous les anglais avaient vu Katherine relevant ses jupons en avril et s’enfuir en bousculant la foule, plantant William à l’autel et laissant à Pippa le soin de tout expliquer..
Autant dire que c’est de l’ordre de l’incident diplomatique !

Meg se retrouve donc sans ami et sans le sou dans une ville qui ne lui veut pas du bien.
Et qui mieux que Susan Elisabeth Philips pour vous retourner une situation désastreuse ?

Je vous l’accorde, Meg va devoir se retrousser les manches et ravaler sa fierté.
Sa seule arme, une langue acérée qu’elle n’hésitera pas à utiliser sur Môssieur Parfait… qui a décidément bien besoin de se remettre en question.

Parlons en d’ailleurs de Ted. Beau, brillant, le sourire tellement radieux que lorsqu’il rit les anges soupirent… Enfin, si l’on en croit la légende !
J’ai eu peur un instant de ne pas pouvoir le supporter. Mais c’était sans compter sur l’aide de Meg, qui n’a pas son pareil pour le faire tourner en bourrique.

Deux héros fort bien dépeints par une auteur au gout sûr, et une atmosphère de petite ville du sud américain qui me régale à tous les coups. Vous pensiez que Paris était un village, attendez de découvrir Wynette !

Bienvenue dans un monde où tout le monde se connaît, où les femmes boivent du thé glacé et parlent des bonnes manières avant de vous assassiner. Vous voilà au Texas ! Un peu d’accent sudiste, du golf, l’avenir d’une ville, une histoire de bijoux et des discussions sulfureuses entre nos deux héros vont nous amener doucement mais sûrement vers un dénouement pas si attendu.

Des héros plein de surprises, de quoi me faire presque oublier qu’il aura fallu un mariage avorté à ces deux là pour se trouver !

Bonne lecture,

Tam-Tam
PS: Et si vous m’en vouliez encore un peu, j’espère que le cliché exclusif du Prince pas si charmant et de moi-même m’aura racheté à vos yeux…

En attente

Fidèles lecteurs, si lundi dernier vous étiez privés d’article pour cause de royal wedding, aujourd’hui, vous allez de nouveau être frustrés… exactement pour la même raison! 
Non, pas de second mariage à l’horizon, mais il fallait bien aller soutenir Tam-Tam en ce grand jour (oui, Tam-Tam a le mauvais goût de ne pas habiter tout près de chez moi – voir carrément loin!). Et comme je vous l’avais déjà expliqué, en juillet, les lectures ont été rares. Bref, je suis au regret de vous annoncer que je suis en totale panne d’inspiration en ce moment!
Pourtant, les livres s’entassent toujours plus nombreux dans ma BAL (bibliothèque à lire – le concept de la pile est largement insuffisant chez moi). Alors je vous ferais pour l’occasion une petite liste de ce qui m’attend ces jours-ci, sans compter bien évidemment les perles récemment chroniquées par Tam-Tam et qui sont bien sur tout en haut de la liste!

- The strangely beautiful tale of Miss Percy Parker, de Leanna Renee Hieber : Une aventure un peu magique, tendance gothique, dans un Londres victorien saupoudré de magie.
- Twist of fate, de Jayne Ann Krentz : Une auteur que l’on ne présente plus, alias Jayne Castle, alias Amanda Quick… 
- Trust me on this, de Jennifer Crusie : Une histoire policière légère et drôle, la parfaite lecture de vacances (ah, si seulement j’étais en vacances…).
- Marry me, de Jo Goodman : Tout est dans le titre, les mariages sont de saisons et en plus, ma comparse a le bon goût de se faire passer la bague au doigt, comment ne pas être légèrement obsédée par le sujet?
- The marriage trap, de Elisabeth Thornton : Je disais quoi, juste au dessus? Le premier d’une série dont j’attends beaucoup je dois dire…
- More than a mistress et No man’s mistress, de Mary Balogh : Dans la BAL depuis des lustres, le tome 3 (au résumé très alléchant) de la série vient de sortir, et comme je deviens raisonnable, j’ai décidé de commencer par lire les tomes 1 et 2!

Comme toujours, pas mal de VO, mais aussi quelques VF :
- L’amour est à la lettre A, de Paola Calvetti : Comment ne pas m’intéresser à une histoire où l’héroïne tient une librairie spécialisée dans le roman d’amour?
- Envie de fraises, de Jennifer Weiner : Par l’auteur du roman qui a inspiré le film In her shoes (roman meilleur que le film d’ailleurs), avec une héroïne grosse, ce n’est pas si commun.
- Les mille et une nuits : Déjà lus adolescente, je me demande comment mon regard d’adulte verra ce grand classique.
- Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper Lee : J’ai honte, je vais le lire en français, mais c’est un cadeau… Atticus Finch, le héros, est souvent cité par les américaines comme un des personnages les plus romantiques de la littérature, il est temps de me pencher sur cette question.

Hum, une grosse dizaine de livres en perspective, je crois qu’il est temps de retrousser mes manches et de me mettre au travail, je vous laisse!

 
Chi-Chi
 
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Save the date

 
Aujourd’hui je me marie, j’ai pas envie d’écrire. 
Tam-Tam
PS: J’ai lu le dernier SEP, il est top (just in case).
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Strike two

Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, je vous vantais les mérites d’un livre qui me rappelait furieusement l’une de mes séries fétiches… Premier livre d’une nouvelle auteur, après cette réussite je me devais de vérifier si elle allait tenir ses promesses et entrer dans mon panthéon des valeurs sures!
C’est chose faite avec Money shot, le deuxième livre de Susan Sey. On y retrouve le personnage Goose, Maria di Guzman, déjà rencontrée dans Money, Honey. Cette (très sexy) agent du FBI dissimule un bien lourd secret derrière son brushing impeccable et son gloss écarlate. Le mascara, les vêtements à la mode, tout cela lui permet de se forger une image publique, lisse et parfaitement contrôlée. Goose vit en représentation permanente, et Maria, son « moi » profond, est prié de se faire tout petit et discret dans un coin pour ne pas la déranger. Parce que son « moi » profond est mauvais. Affreux. Horrible. Impulsif. Une catastrophe en devenir. Donc, ignorons-le. Aha, certes, mais jusqu’à quand?
Car Goose, toujours si irréprochable, n’a pas pu empêcher Maria de faire usage de méthodes peu orthodoxes pour régler son compte à un collègue un peu trop entreprenant. Et bizarrement, la hiérarchie n’a pas vu d’un bon œil les photos compromettantes dudit collègue envoyées à tout le département!
Notre agent très spécial se retrouve donc, en plein hiver, envoyée sur une toute petite ile du grand nord américain pour y enquêter sur une histoire complètement farfelue. Ou en tout cas, c’est ce qu’il semble au premier abord…. Suspens, suspens!
L’ile de Mishkwa, sous ses airs tranquilles, n’échappe pas aux fléaux de la vie moderne : des hippies qui pratiquent la sorcellerie, des jeunes qui veulent embrocher le gouverneur avec une fourche enflammée, un élan aux pulsions sexuelles débridées (avec une préférence pour les poubelles, plutôt que ses congénères), bref, une actualité brulante!
Sur cette île, Goose va tout de même mettre la main sur le seul célibataire potable à 500 km à la ronde, le (très sexy) Rush, garde-forestier ex-militaire qui se planque là suite à quelques traumatismes (qui a dit que la vie dans l’armée était une partie de plaisir?).
Ajoutez à tout cela un trafic de faux billets (après tout, c’est la spécialité de Goose, il fallait bien une autre raison que les hippies pour l’envoyer dans ce coin paumé), beaucoup, beaucoup de neige, une cérémonie païenne, une cousine gothique et un cousin flemmard, une grand-mère prêtresse de la lune, et vous obtenez un cocktail efficace et dynamique.
Est-ce que j’ai aimé ce livre? Oui.
Est-ce que ce livre est du même genre que Money, Honey? Non.
Money shot est moins léger, moins pétillant. Il ne m’a pas du tout évoqué l’humour et la malice de Castle… Goose et Rush sont tous les deux des personnages tourmentés, littéralement étouffés sous le poids de leurs erreurs passées. Tous deux vont progresser au cours de l’histoire, et tout doucement apprendre à lâcher du lest pour avancer, mais ce cheminement ne se fait pas sans mal, et tous les évènements, jusqu’à l’enquête de Goose, ne sont que des prétextes à les faire évoluer.
J’avoue ma nette préférence pour Rush au détriment de Goose. Il est plus solide et, soyons claires, très sexy! Oui, je l’ai déjà dit, mais il me semblait important de bien insister sur ce point. Il fait des étincelles, mon petit cœur de midinette a fondu, il est charmant…
Susan Sey confirme son coup d’essai avec ce livre, et bien que les deux soient très différents, je les recommande également!
 
 
Bonne lecture,
Chi-Chi
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From Notting Hill, With love… Actually

Chez les princesses, lorsqu’il n’est pas question de lecture, il est souvent question de voyages. Ceux que l’on a faits, ceux que l’on va faire, et ceux que l’on rêve de faire. Vous en avez été témoin pendant ce mois de juillet, où nos guest-stars se sont enchaînées avec brio et talent, les voyages et la lecture font partie intégrante de notre position de princesse.

On dit bien souvent que les voyages forment la jeunesse. J’ai tendance à vouloir nuancer ce dicton, car dans mon cas, les voyages forment… mon dos !

Entre les spécialités gastronomiques et les découvertes littéraires, ma valise semble avoir fait des petits depuis mon départ en juillet !

Mais c’est pour votre plus grand plaisir (et le mien) que je vais vous raconter aujourd’hui comment « From Notting Hill with love… actually » a su me faire oublier que transporter une mini-bibliothèque sur son dos et à bout de bras sur 36 heures de voyage en bus (mon royaume est en crise) fut loin d’être une sinécure.

On y découvre Scarlett, fan de cinéma devant l’éternel, et spécialiste de comédies romantiques en tout genre. Vous doutez sur une réplique culte de Hugh Grant dans 4 mariages et 1 enterrement? Sur le nom de l’acteur qui joue aux coté de Meg Ryan dans « Vous avez un message »? Sur l’année de sortie de Jerry Maguire? Elle sait. Cette petite est une véritable encyclopédie.

Mais cette addiction n’est pas sans conséquences, Scarlett est victime de sa propre passion. Elle ne peut s’empêcher de croire que ce qui arrive aux héros des comédies romantiques n’est qu’un concentré de « la vraie vie » et refuse, au grand désespoir de ses proches, de renoncer à rechercher le « meet cute » dans une rencontre (NDLA : le meet-cute désigne le moment clé où les héros d’une comédie romantique se rencontrent), à comparer chaque évènement à une scène mythique, à attribuer des qualités de personnages cinématographiques aux personnes qui peuplent sa vie.

Sur le papier, on se demande bien pourquoi les autres autour se plaignent ! Perso, j’aimerai bien que l’on me compare à Nathalie sautant dans les bras d’Hugh Grant dans Love Actually et que mon prince pas si charmant soit une réplique de Mr. Darcy (avec le corps de Hugh Jackman il va sans dire). Mais selon les proches de Scarlett, cette tendance à toujours tout placer dans une perspective de cinéma lui fait oublier la « vraie vie ».

Bien décidée à leur prouver qu’ils ont tous tort, elle décide de profiter d’un « house-sitting » à Notting Hill pour mettre sa théorie en pratique. Si dans le même temps, elle arrivait à remettre sa vie en ordre, cela ne sera pas de refus !

Car à la veille de son mariage avec le pragmatique, sérieux (et quelque peu pingre) David, les doutes l’assaillent. L’aime-t-elle vraiment ou bien s’accroche-t-elle au fait que leur couple fonctionne ? Doit-on se contenter de « fonctionner » quand c’est pour toute la vie ? Tant de questions, et si peu de réponses.

Mais à Notting Hill, il semble toujours être question de rencontres fortuites, et ce n’est pas William Thacker et Anna Scott qui nous diront le contraire! Il suffira d’une tache de chocolat chaud, d’un styliste aux manières de grande dame, de la recherche d’une mère disparue et d’un voisin délicieusement horripilant qui pense que le romantisme n’existe pas pour bousculer Scarlett, lui faire enfin se poser les bonnes questions et savoir où trouver les bonnes réponses.

Entre deux références de films, Ali McNamara a su me captiver et me rappeler à quel point les bonnes romances britanniques sont un pur délice. De l’humour, une pointe de sarcasme, des bonnes manières saupoudrées d’une touche d’excentricité, le tout servi avec des personnages hauts en couleur. 

Et comment ne pas apprécier le changement d’atmosphère :
- Au revoir New York, Chicago, Boston, et toutes ces villes où nos héroïnes contemporaines semblent se donner rendez-vous, bonjour Londres.
- Au revoir les crinolines, Hyde Park à cheval, et la soirée du Duke de Westmoran-truc où toutes les héroïnes de régence semblent trouver chaussures à leur pied, Bonjour Portobello, Notting Hill, son cinéma et ses pop-corn.

La romance à l’heure britannique, il y avait longtemps que je n’y avais pas gouté, et croyez-moi, je n’ai qu’une envie, y retourner ! En attendant, je vais aller me faire une tasse de thé, mettre de la marmelade sur un scone et me délecter des délices culinaires dont la perfide Albion n’a pas fini de nous régaler!

Bonne lecture,
Tam-Tam
 

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