Finding Audrey

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Une ola de remerciement guimauve à la reine Pirouette qui a répondu à mon appel de détresse de la semaine passée. Grâce à elle j’ai pu lire ET finir le dernier Sophie Kinsella « Finding Audrey » en temps et heure pour l’article d’aujourd’hui.

Et cerise sur le chou à la crème, il était franchement bien. Alors oui, c’est du YA, et oui, il y a un peu de ce drama si caractéristique de Sophie Kinsella, mais non, nous ne tomberons pas dans le cliché total.

C’est que notre amie Audrey souffre d’un cas assez sévère d’anxiété sociale en mode Choc Post Traumatique. Comprendre, elle porte en H24 des lunettes de soleil, qu’elle ne sort de chez elle que pour aller chez sa thérapeute et elle ne parle que l’idée de parler à des inconnus la plonge dans une crise de panique. Dans un cas pareil, il y a deux options:

– héroïne trouve amour et soudainement va mieux et guérit/lectrice voit surgir en elle des pulsions de destruction de livre
-héroïne travaille sur elle, galère, trouve la force, rechute un peu, et éventuellement en chemin (ou carrément après) rencontre quelqu’un/lectrice soupire de satisfaction

Sophie, dans sa grande sagesse, ne nous a pas cuisiné la recette « chevalier qui vient sauver la damoiselle en détresse ». Non.
Il y a bien une histoire de charmant garçon. D’ailleurs, il s’appelle Linus, ce qui chez moi a eu le mauvais effet de me faire visualiser le personnage des Peanuts au nom éponyme.
Mais il y a surtout Audrey et sa famille, et nous, lecteur, qui assistons tandis que le drama familiale se déroule. Étrangement, c’est au cœur de ce drama que tout se joue.

J’ai choisi d’y croire et me suis laissée porter. L’audiobook était de très très bonne qualité ce qui n’enlève rien.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture!

T.

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Wanted – Audiobooks

Mes chers sujets,

Aujourd’hui est un jour grave. Aujourd’hui est un jour de deuil. Je n’ai plus le temps de lire… Et par lire, comprendre « prendre ma liseuse et lire avec mes yeux ». Alors oui, je vous ai déjà fait le coup du « j’ai pas le temps, du coup j’ai demandé de l’aide ». Le problème étant que le temps que je n’avais pas en mai, je ne l’ai toujours pas… et le prévisionnel est mauvais (en terme de temps libre pour lire).

Du coup, je me suis tournée à nouveau vers mon « plan B », c’est à dire les audiobooks. So far, je suis en mode relecture, mon cerveau étant cuit lorsque vient le temps de se glisser au lit. Du coup, petite booklist aujourd’hui sur mes relecture et reflexion intense sur les « lecteurs » des-dits audiobooks:

White lies de Jayne Ann Krentz: l’alternance des deux voix fonctionne super bien. L’homme a la voix un soupçon velouté, un soupçon en mode « je suis un alpha, beware », un soupcon chocolatée, mais sans le petit truc qui me fait fondre (comme celle de Richard Armitage ou celle de Tom Hiddleston), la femme a une voix modulable (elle fait bien les voix différentes, c’est agréable à l’écoute), sans aigus fatiguant (vous savez, le genre de voix qui peut faire éclater les vitres!). Et globalement, ça aide beaucoup à rendre le livre super chouette à écouter.

10 things I love about you de Julia Quinn: J’adore ce livre, je n’aime pas beaucoup l’audiobook. La lectrice a une voix trop guidée, trop snob dans certaines inflexions… et puis son rendu des voix d’hommes… comment vous dire, c’est pas swoonant pour deux sous. C’est dommage parce que par moment, on sent que la lectrice a du talent (dans la narration notament), mais elle a dû avoir des consignes d’execution, et chez moi, ça marche pas…

-Mackensie’s pleasure de Linda Howard: parce que je sais que cette série est lu par un homme à la voix grave, et que je suis une gourgandine et les voix graves me font vibrer. D’ailleurs je m’étonne de ne pas vous avoir parler plus en détails de cette série un chouilla vintage, mais qui se laisse lire sans mal (pour peu qu’on ait des envies de male alpha howardien dans toute sa slendeur)

-Wicked widow d’Amanda Quick, un vieux AQ qui date de sa série sur la société Vanza… toute ma jeunesse (oui, laissez moi dans mon moment émotion) (première édition en 2000, en fait je suis jeeeeeeuuuunnnne). Bref, un début de Vintage qui me laisse un gout ambivalent. J’ai aimé, mais je ne suis pas emballée par la lectrice…

Malheureusement, les relectures ne durent qu’un temps, et j’ai des envies de nouveauté. J’en suis au stade ou j’hésite à acheter l’audiobook du dernier MacLean (alors que le livre m’attend dans ma liseuse… mais je ne suis pas sure de la voix… ahhhhh choix corneliennnnn…. C’est qu’à mesure que passe les audiobooks, je réalise à quel point mon appréciation du travail de l’auteur sera grandement affecté par la performance auditive, et je procrastine, je procrastine…

Bref, si vous avez des recommandations, je suis preneuse!

Bonne semaine,

T

Into the wilderness

D’après Chi-Chi, je suis quelqu’un qui aime l’ordre. Pas plus tard qu’hier soir, elle m’a surprise en train de réorganiser sa boite de vernis à ongles par taille de flacon…
J’admets, j’aime bien réorganiser les vernis par taille de flacon, ça optimise l’espace. Mais de là à dire que je suis une psychorigide de l’ordre…Toutefois, après une nuit de réflexion sur cette question épineuse, je suis obligée de constater que cette tendance est réelle et qu’elle s’applique à la vie quotidienne ET à mes lectures.

Certains d’entre vous se rappelleront que je peux lire une série dans le désordre, mais j’ai comme la vague sensation que cela ne fait qu’accentuer tout le reste.Comment cela ? Ne craignez rien, j’y viens (et je rime de bon matin… youhouhh !).

Au début de l’année, j’ai relu avec Pimpi le premier tome de la série du Chardon et du Tartan. Une LC, ça ouvre pas mal de perspectives de discussions, surtout lorsqu’un spécimen roux flamboyant tient un rôle prépondérant dans la-dite lecture. Entre deux « Jamie », Pimpi m’a révélé une information de choix : la série a été victime de clins d’œils littéraires.Le clin d’œil littéraire est un peu le « private joke » des auteurs entre elles et la pierre philosophale des addicts en tout genre. Imaginez que vous preniez vos héros préférés et que vous arriviez, par un procédé relevant du miracle, à les voir dans une autre histoire tout à fait passionnante, le livre que vous tenez dans les main se transforme alors en or.

Ce qui explique que lorsque Pimpi a déclaré que dans « Into the Wilderness » de Sara Donati il y avait apparition du « Jamie », je me suis précipité sur l’affaire.

Et à défaut de remercier la terre entière qui m’a permis de découvrir ce livre, je vais remercier l’auteur. Parce que son livre, même sans les morceaux de Jamie à l’intérieur, je l’ai adoré.

Grande fresque historique sur le principe d’Outlander, le roman raconte l’histoire d’Elizabeth Middleton qui quitte son Angleterre natale pour rejoindre son père en Amérique. Nourrie de littérature féministe et humaniste, elle n’en peut plus du carcan de règles que lui impose son statut de jeune femme de bonne famille en ce début du 19ème siècle. Fermement décidée à rester vieille fille et animée d’un désir de faire de sa vie quelque chose d’utile, elle arrive donc à Paradise, Amérique, pour y devenir maîtresse d’école.

Sauf que…

Son père, dont elle avait pourtant récolté l’accord tacite, ne projette pas de la laisser rester célibataire à sa guise, mais s’imagine déjà l’avoir marié à Richard Todd, le médecin local. D’une part parce que ce dernier a une bonne situation, mais aussi parce que le bon papounet a des dettes… Ahhh qu’il est bon de se savoir soutenu par sa famille !

En arrivant au village, elle rencontre Nathaniel Bonner, blanc habillé comme les Mohawks, qui va lui faire remettre en cause la question du célibat pour des raisons très… terre à terre. Parce que si Jamie m’a fait fondre littéralement et vouer un culte aux rouquins en kilt pour l’éternité, Nathaniel me donne envie de me faire pousser les nattes, de récolter du maïs avec Pocahontas et parler à Grand-mère Feuillage (on a les références que l’on mérite).

Il est grand, fier, le visage buriné par le soleil, le sourire rare qui lui illumine le visage, la loyauté chevillée au corps. Et un corps, parlons-en, le physique du chasseur, du soldat vaillant, le muscle dur et nerveux, les épaules larges, le torse fièrement exhibé dans ses vêtements de natif. Le kilt me donnait des rougeurs, le mocassin va finir par avoir ce même  effet… Et puis ce nom si poétique que lui donne son clan « Entre deux vies »… *soupir*Richard vs. Nathaniel… Quel choix archi-compliqué pour notre Elizabeth, haha.

Réflexion d’une demie-seconde, un frémissement du bas ventre, et hop, une décision est prise.

Imaginez à présent le conflit entre les deux prétendants, le conflit culturel, la découverte d’un habitat grandiose, l’apprentissage des choses de la vie, les personnages secondaires et leurs histoires… Et vous obtenez une histoire passionnante du début à la fin.Mais alors que j’ai ouvert ce livre (expression à prendre au figuré puisque j’ai écouté ce livre en audiobook) dans la perspective d’apercevoir Jamie et Clare un court instant, passé le second chapitre, mes écossais chéris étaient clairement passés au second plan tant je voulais savoir ce qui allait ce passer.

Bon, je ne prétends pas ne pas être devenue quasi-hystérique dans ma voiture lorsque les noms de Ian Murray, Jamie et Clare Fraser ont enfin été mentionnés, mais ce ne fut rien à côté de mon anxiété pour les personnages au moment où……….. oups, non, pas de spoilers ! Niark, niark !

Allez, mes chère brebis, allez donc chercher le tome 1 d’une saga qui s’annonce fabuleuse, genre « Jamie fabuleuse » , pour celles qui aiment les références connues.

Oui, vous avez bien lu, ce livre n’est qu’un premier tome. Autant vous dire que ma PAL vient d’exploser sous les 5 suivants qui l’ont rejointe.

Bonne lecture,
Tam-Tam
PS : Edit de Chi-Chi qui se mêle de ce qui ne la regarde pas
Vous avez un parfait exemple du clin d’œil littéraire avec le Mouron rouge, mentionné dans la série Pink Carnation de Lauren Willig ! Et ce même Mouron rouge a servi d’inspiration à notre chère Eloisa James dans son dernier opus, bien que, là, le clin d’oeil soit moins flagrant… Enjoy !

L’amour en embuscade – Jennifer Crusie

amour embuscade VO

(Réédition du 17/10/11)

Cette semaine, une petite infidélité à la série des héros de sa Majesté. James Bond ne m’en voudra pas, j’ai été rendre visite à son pote Nestor Burma, mais en plus sexy.

Fast women de Jennifer Crusie nous amène à pousser la porte de l’agence d’investigation McKenna. J’ai toujours rêvé de pénétrer dans ces établissements discrets aux arrières gout d’années 50. Je n’en ai jamais eu l’occasion, mais Nell l’a fait pour moi. Qui y a t-elle découvert ? Le très grand, le très sérieux, le très autoritaire Gabe (et son non moins charmant cousin Riley) qui s’occupent du business de l’agence depuis la mort de son père et fondateur.

Bon accessoirement, elle y a aussi trouvé un travail. Puisque depuis son divorce voilà un an, notre héroïne s’est quelques peu laissé glisser dans une torpeur mélancolique que le politiquement incorrect m’oblige à appeler par son vrai nom : la dépression.

Mais elle a décidé de se prendre en main notre Nell, et comme premier objectif, quoi de mieux que les bureaux de son nouvel employeur. Ils sont vieillots, désorganisés au possible et son patron a l’air bien malléable non ?

Mais à trop vouloir tout ranger, Nell va découvrir deux choses à ses dépends : Gabe n’est absolument pas malléable, et les vieilles histoires enterrées du passé remontent à la surface avec un timing parfait mais bien souvent très inconfortable pour nos héros. De détournements de fonds en tentatives de chantage, les cadavres sont semés sur la piste que nos deux héros empruntent. Et si cette piste les fait passer par un grand lit bien moelleux, tant mieux pour nous.

Vous pourriez penser avoir affaire à une énième histoire d’enquêtes, mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous surprend une fois de plus, en donnant du ressort et du mordant à ce personnage de Gabe. Nell aura essayé de régenter sa vie. Mais contrairement à certains amoureux transis qui laissent faire et trouvent cela « teeeeeellllement adoraaaaable », Gabe peste, s’énerve, se met en colère et fait clairement savoir à notre psychopathe du contrôle, que non, non et non, ce n’est pas elle qui prend toutes les décisions.

Ne détestez pas Nell tout de suite, l’auteur va lui envoyer une petite remise en question qui fait du bien. Car si, au début, elle fait clairement partie de la catégorie « petite chose toute abimée par la vie », notre héroïne à du répondant, et de la ressource. Au placard la petite Nell traumatisée par l’échec de son mariage. Au placard l’héroïne victime de l’égoïsme masculin. Elle non plus n’était pas sans torts.

Enfin un livre où les héros ne sont pas « parfaits comme ils sont » et où, pour que le couple fonctionne, un peu d’efforts et de sueur sont requis. Et non, je ne parle pas des efforts physiques que nécessite le fameux passage par le grand lit (vous savez bien qu’en ces lieux, la grande prêtresse des bonnes manières définit les règles de l’étiquette) !

Bonne lecture,
Tam-Tam

PS: je vous laisse la couverture de la VF

Call me irresistible

Réédition du 15/08/2011

L’été évoque souvent les vacances, la plage, le soleil. Juillet et août sont souvent rythmés par une course ininterrompue entre les balades dans l’arrière-pays, les apéritifs devant le barbecue qui rougeoie et les matins qui démarrent doucement, le tout au son des cigales et des grillons. Mais au delà de cette langueur, de cette douceur de vivre, l’été est aussi synonyme de grandes réunions de famille et autre obligations sociales, j’ai nommé les mariages !

Je suis bien placée pour le dire, puisque c’est votre serviteur ici présente qui a prié sa condisciple et partenaire dans le crime de venir apposer sa signature au bas d’un registre pas plus tard que la semaine dernière.

Je vous privais en même temps d’un article en bonne et dû forme. Déshonneur sur moi, déshonneur sur ma famille, déshonneur sur ma vache…

Mais je ne vous avais pas laissé sans livre, cela doit compter pour quelque chose, non ?

Alors rattrapons-nous, et passons à présent à « Call me Irresistible », le dernier livre de Susan Elisabeth Philips qui parle de… mariage ! Tiens comme c’est étonnant, je suis une princesse pleine d’humour !

Quittons la France et ses mariages « à taille humaine », bonjour le Texas (tout y est plus grand, c’est bien connu) où Ted Beaudine, l’enfant chéri du pays, le wonderboy de Wynette, le Superman du Texas, est sur le point de s’unir à Lucy.

Cette dernière, qui craint de n’être pas assez bien pour ce parangon sudiste, fait part de ses doutes à sa meilleure amie Meg, qui tant bien que mal essaye de lui donner de bons conseils – si tant est que l’on puisse en donner de bons lorsque l’on a jamais rencontré le marié et qu’on n’est pas citée en exemple dans la bouche de la mère de la mariée. 25 minutes de conversation et le lendemain, alors qu’il est à présent temps de remonter l’allée centrale, Lucy décide de prendre ses jambes à son cou, et de planter l’homme parfait à l’autel. Laissant sa meilleure amie ramasser les morceaux et endosser l’entière responsabilité du désastre.

Parce que voir s’enfuir Lucy, c’est un peu comme si tous les anglais avaient vu Katherine relevant ses jupons en avril et s’enfuir en bousculant la foule, plantant William à l’autel et laissant à Pippa le soin de tout expliquer..
Autant dire que c’est de l’ordre de l’incident diplomatique !Meg se retrouve donc sans ami et sans le sou dans une ville qui ne lui veut pas du bien.
Et qui mieux que Susan Elisabeth Philips pour vous retourner une situation désastreuse ?
Je vous l’accorde, Meg va devoir se retrousser les manches et ravaler sa fierté.
Sa seule arme, une langue acérée qu’elle n’hésitera pas à utiliser sur Môssieur Parfait… qui a décidément bien besoin de se remettre en question.Parlons en d’ailleurs de Ted. Beau, brillant, le sourire tellement radieux que lorsqu’il rit les anges soupirent… Enfin, si l’on en croit la légende !
J’ai eu peur un instant de ne pas pouvoir le supporter. Mais c’était sans compter sur l’aide de Meg, qui n’a pas son pareil pour le faire tourner en bourrique.Deux héros fort bien dépeints par une auteur au gout sûr, et une atmosphère de petite ville du sud américain qui me régale à tous les coups. Vous pensiez que Paris était un village, attendez de découvrir Wynette !

Bienvenue dans un monde où tout le monde se connaît, où les femmes boivent du thé glacé et parlent des bonnes manières avant de vous assassiner. Vous voilà au Texas ! Un peu d’accent sudiste, du golf, l’avenir d’une ville, une histoire de bijoux et des discussions sulfureuses entre nos deux héros vont nous amener doucement mais sûrement vers un dénouement pas si attendu.

Des héros plein de surprises, de quoi me faire presque oublier qu’il aura fallu un mariage avorté à ces deux là pour se trouver !

Bonne lecture,

Tam-Tam

Papa Longues Jambes

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(Réédition du 28/10/10)

La première chose que je regarde, lorsque je vais chez quelqu’un pour la première fois, c’est la présence de livres. Peu importe le genre de littérature, mais une maison ou un appartement sans livres me semble vide. Froid. Sans vie. Lorsque je regarde une émission de déco à la télé, la question qui me préoccupe toujours le plus est la suivante : mais où mettent-ils leurs livres??! Et pour ceux qui en ont, pourquoi le décorateur s’obstine-t-il à les dissimuler? Il paraît que ce n’est pas harmonieux visuellement, une bibliothèque!

Je suis choquée par cette idée, mais du coup, je me suis demandée… Pourquoi, alors que certaines personnes n’imaginent pas vivre sans des bibliothèques surchargées, d’autres n’ouvrent jamais un livre? De qui tenons-nous notre goût pour la lecture? Qu’est-ce qui a rendu certains plus sensibles que d’autres au pouvoir des mots, de l’imagination? Est-ce prédestiné, génétique? Héréditaire? J’ai tendance à croire que c’est une bonne dose de prédisposition assortie d’un héritage favorable.

C’est ma mère qui m’a appris à lire, avant que je n’aille à l’école. Sans être une grande lectrice elle-même (trop d’enfants, pas le temps), elle avait un sain respect pour les livres. Et bien sur, elle m’a lu des histoires dès mon plus jeune âge.

Mon père, c’est autre chose, c’est un malade de lecture. Mais des choses très sérieuses, qu’il ne partageait pas avec nous. Pensez, il n’y avait même pas d’images dans ses livres, ou alors parfois quelques photos ennuyeuses, du genre un chameau au milieu du désert, ou un portrait de vieux monsieur en noir et blanc… Mais même comme cela, il m’a transmis un rapport bizarre au livre : lors des nombreux déménagements de mon enfance, et malgré le poids et les difficultés que cela pouvait entraîner, nous avions des dizaines de cartons de livres à emmener avec nous à chaque fois. Les livres étaient à la fois le boulet du déménagement, et l’élément familier qui symbolisait notre maison, où que nous soyons. D’aussi loin que je me souvienne, dans tous les lieux où nous avons vécu, il y avait toujours des livres dans toutes les pièces : chambres, bureau, bibliothèque, couloirs, entrée, sous-sol…

Pour l’entourage moins proche, même problème : chez les grands-parents, d’un coté, de l’autre, chez les oncles et tantes où nous allions en vacances… En ce qui me concerne, je crois que c’est un peu tout cela réuni qui m’a contaminée et a fait de moi une lectrice avide. Ce serait donc l’environnement? Oui, mais pas seulement. Les résultats n’ont pas été les mêmes par exemple entre mes frères et moi. Mon grand frère est comme mon père, il lit beaucoup, des choses très sérieuses, l’un de mes petits frères n’aime pas vraiment la lecture.Et moi, eh bien je lis de la romance, il paraît que cela ne compte pas. Mais je « consomme » tout de même entre 4 et 8 livres par mois!

Plus que n’importe qui, je crois que c’est ma mère qui m’a transmis ce virus, c’est elle la responsable du temps que je passe encore aujourd’hui le nez plongé dans un livre, et elle m’a donné en héritage des livres qu’elle avait elle-même aimé. Je vous ai déjà parlé d’Anne, il est temps de s’intéresser à Judy, l’héroïne de Daddy Long-legs (Papa Longues Jambes) de Jean Webster.

Jerusha Abbott, aka Judy, a grandi dans un lugubre orphelinat américain, circa 1900. Trouvée bébé, son nom a été choisi par Mrs Lippett, la directrice : Jerusha vient d’une tombe, et selon Mrs Lippett, c’est un prénom « solide », quand à Abbott, c’était le 1er nom dans l’annuaire! Ses 18 ans approchant, Judy devrait bientôt quitter l’orphelinat pour un métier fort enviable, genre domestique, domestique ou domestique. Et en attendant, elle s’occupe des petits de l’orphelinat… Un jour, Judy, que l’on n’appelle pas encore Judy mais plus sagement Jerusha, est convoquée chez la directrice.

Sa vie va changer ce jour-là : l’un des « bienfaiteurs » de l’orphelinat a décidé de s’intéresser à elle, et parce qu’il trouve qu’elle écrit bien, qu’elle a de l’esprit, et du coup, le potentiel pour devenir écrivain, il a décidé de lui payer des études à l’université! Judy se disant que c’est une perspective d’avenir nettement plus enviable que domestique (et elle a bien raison), accepte aussitôt! Seule condition à cette bourse d’études providentielle, notre héroïne doit envoyer à son bienfaiteur une lettre mensuelle sur ses activités diverses et variées.Parce qu’il souhaite rester anonyme (les lettres sont à adresser à M. John Smith – qui ne répondra jamais), Judy décide de le surnommer « Papa Longues Jambes », en référence à sa grande silhouette dégingandée, à peine entre-aperçue.

La suite de l’histoire nous est alors racontée à travers les lettres que Jerusha (qui devient enfin Judy) envoie, racontant son installation à l’université, ses cours, ses exploits sportifs, ses voyages, ses premières tentatives d’écrivain, sa rencontre avec un charmant jeune homme… Le style pétillant et malicieux qu’elle utilise dans ses lettres émaillées de petits dessins (de la main même de l’auteur), nous entraîne au fil de ses années universitaires, vers ses projets d’avenir, son émancipation de femme… Et bien évidemment, à la découverte de l’identité de ce mystérieux Papa Longues Jambes!

Ce roman est un classique de la littérature nord-américaine, maintes fois adapté en film et en dessin animé. Pour prolonger le plaisir, il existe également une suite, Dear Enemy, ou Mon ennemi chéri, qui est bien moins connue, et nous raconte l’histoire de Sally, la meilleure amie de Judy à l’université. Et sur le sujet, je vous fait partager l’avis d’une autre guest-star, Pirouette :

« Côté réflexions sur l’éducation et idées philosophiques, il y a plein de commentaires sur l’influence de l’hérédité, de l’environnement, les méthodes d’éducation plutôt douces (par rapport à celle de Mrs Lippett) et les bienfaits d’une bonne hygiène de vie : aérer les salles, envoyer camper les garçons dehors, varier la nourriture, faire travailler les enfants soit aux champs, soit à la cuisine, à la couture, etc. C’est vraiment très intéressant. Et on peut l’écouter sur librivox.org (NdA : pour les fans des audio-books, donc pas moi!). L’auteur fait référence à Montessori et à d’autres théories de l’éducation. C’est assez avant-gardiste pour l’époque. Elle insiste encore une fois aussi sur le suffrage des femmes, ou plutôt le fait qu’elles n’aient toujours pas le droit de vote. L’horreur!! L’auteur a l’air de croire que l’éducation peut tout changer et sauver tout le monde ».

Si ces livres ont survécu à l’épreuve du temps, c’est bien parce qu’au-delà de la romance, on y trouve différents niveaux de lecture!

Et j’espère bien que si j’ai un jour une fille, elle aussi les aimera, et les conservera précieusement, dans sa maison envahie par les livres (oui, je souhaite avoir des enfants qui hériteront de la maladie familiale)… En attendant, si vous n’avez pas encore lu Papa Longues Jambes, et sa suite, précipitez-vous chez votre libraire!

Bonne lecture,

Chi-Chi

Tom Hiddleston et sa voix envoutante

tom-hiddleston
Cher Tom,

Tu permets que je t’appelle Tom? Merci, c’est fort urbain de ta part…
Je veux dire, j’ai quand même passé plus d’une semaine à me coucher avec toi, cela tisse des liens une intimité pareil. Et puis sa majesté le petit prince babille de plaisir au son de ta voix…

Donc voilà, mon cher Tom, j’ai un aveu à te faire.
Je t’aime.
Surtout quand tu murmures à mon oreille « I will be the first man to kiss you »…. Ahhhhhh, vite, mon éventail!

Qu’importe que ces mots ne soient pas vraiment les tiens mais ceux de Sally Gardner et son livre « The red necklace ». Qu’importe. Parce que le temps d’un livre, j’ai frissonné au son de ta voix qui racontait les aventures de Yann Margoza et Sido De Villeduval.

Et quelle performance mon cher Tom, toutes ces voix (y compris les féminines), tous ces accents si délicieusement rendus donnent vie à ce roman historique YA.

Reconnaissons à l’auteur le talent de son histoire, de ses personnages et de sa cohérence historique. Mais soyons honnêtes, je n’aurais sans doute jamais tenté ce livre sans toi. Alors merci, et vivement le prochain!

Très affectueusement,
Tam-Tam

PS: Pour ceux qui s’interrogeraient:

-The Red Necklace se passe à la période de la révolution. Yann et Sido contre le vil Conte Kaliowski.

-Oui, il y a bien la phrase « I will be the first man to kiss you », et clairement, je me la suis repassée plusieurs fois en oubliant complètement son contexte dans le livre. Shame on me!

-Si je devais faire un top 5 des meilleurs audiobooks, celui-ci en ferait parti, et ceci sans fangirling aucun!

Libre à tout prix

(Réédition du 13/09/10)
Il est des jours où mes yeux, ces traitres, refusent de lire les petites caractères imprimés sur les pages de mes romans. Ils piquent, pleurent, floutent le monde autour de moi.Il est des jours où j’ai des milliers de choses à faire avec mes deux mains, des choses passionnantes comme passer l’aspirateur, conduire, faire des courses, finir de tricoter le châle de tatie Suzanne, rattraper mon retard dans les épisodes de Glee…

Bien souvent ces jours-là, prendre un livre, m’asseoir et me plonger avec délice dans l’histoire des personnages est un luxe qui m’échappe…

Ces jours là, lorsque l’envie de lire est trop forte, j’empoche mon ipod rouge et j’appuie sur play. Les deux mains, les deux jambes et les deux yeux libres, j’écoute mon livre tandis que je vaque à mes occupations manuelles…

Ahhhh qu’il est bon d’être une princesse qui multitache (néologisme du jour, multitâcher! ou faire plusieurs chose à la fois…)

Le livre audio – ou audiobook – est assez controversé dans son utilisation. Nombreux sont ceux qui ne supportent pas d’entendre la voix du narrateur donner une intonation particulière à un dialogue, surtout lorsque le narrateur est un homme et qu’il prend la voix d’une femme. Il est aussi argué par les détracteurs du livre audio (oui, Chi-Chi c’est bien à toi que je pense ^_^) que la narration orale peut être dérangeante lors de la description de certaines scènes particulières – les scènes sexy pour ne citer qu’elles.

Pour ma part, j’aime à entendre les voix graves et sensuelles des narrateurs masculins décrire avec précision la manière qu’à le héros de dévorer l’héroïne du regard… Cela ne date pas d’hier, déjà enfant, je réclamais à ma chère maman l’histoire de Winnie l’Ourson racontée par Jean Rochefort – je pense qu’à l’époque ma mère n’a pas réalisé les implications de ma requête …

Et lorsqu’il arrive que la voix n’ait pas ce timbre suave qui me fait vibrer, j’arrive très facilement à en faire abstraction et je me concentre sur l’histoire pendant que mes doigts agiles écossent les petits pois…

Mon emploi du temps de princesse active m’a ces dernier temps éloigné de ma bibliothèque, et c’est donc avec plaisir que j’ai réécouté pour vous « Libre à tout prix » de Lisa Kleypas.
C’est le dernier opus de la série des « Bow Street Runners », cette police de Londres ayant œuvré à la sureté de la capitale britannique avant la mise en place de la police métropolitaine ou même de Scotland Yard…

Dans les deux premiers tomes, nous découvrions l’histoire de Grant Morgan et de Sir Ross…Dans le dernier, nous est révélé la chute de Nick Gentry, alias Lord Sydney.

Autrefois maître incontesté des bas-fonds de Londres, à la tête d’une solide équipe de malfrats et autres voleurs, il a troqué son costume de Baron du crime pour celui de « Runner » à la solde de Sir Ross… et ce costume lui va encore mieux !

Imaginez, tout le potentiel de testostérone du bad boy dans un homme qui œuvre pour le bien des populations… mon petit cœur d’artichaut est en émoi à la lecture de la description du héros au passé troublé.

NDLR – Je vous ai déjà dit que j’aimais les héros aux passés troublés ? Ils sont sexy, intenses, torturés… je vous ai dit sexy ? Bref, ce sont des hommes que la vie à rendu plus fort mais plus méfiant… et ces handicapés du cœur semblent toujours bien décidé à ne jamais se marier/faire confiance à un être humain/s’attacher à tout être avec un pouls… ce qui rend leur chute bien plus délicieuse.

Et donc je parle ici de chute, parce que pour des hommes si déterminés à ne pas tomber dans le piège de l’amour, ces derniers font souvent preuve d’un aveuglement inversement proportionnel à la circonférence de leurs biceps…

Et dans le rôle de l’instigatrice de la chute de Nick, je vous présente Charlotte Howard.

Cette jeune fille est depuis l’enfance promise à Lord Radnor. Or ce dernier, non content d’être aussi attirant qu’un troll en pleine crise acnéique, est un psychopathe avéré qui a décidé de faire de Charlotte sa « chose ». Charlotte a plus de caractère qu’elle n’en laisse paraitre, et pour échapper à son destin de « chose », elle fuit…

Mais Lord Radnor est un psychopathe persévérant. Il achète les services de Nick Gentry pour retrouver sa promise.

Et Nick la retrouve… précipitant sa propre chute… haha !

C’est étrange d’ailleurs à quel point une partie de moi SAIT que le bad boy inaccessible le reste bien souvent dans la vraie vie.

Comment je le sais ? Je ne suis toujours pas mariée à Batman et je n’ai pas passée une nuit avec Hugh Jackman… alors que je suis une princesse Morbleu !

Si le cliché m’ennuie ? Non, bien au contraire, je le balaye bien souvent d’un geste négligeant de la main (oui, j’arrive à faire le geste négligeant avec beaucoup de classe… noblesse oblige!) , surtout lorsqu’il s’agit d’un historique et que l’auteur a beaucoup de talent, comme ici Lisa Kleypas.

Charlotte réussit à passer les barrières, que dis-je la forteresse de protection de Nick. Bon, encore une fois, monsieur a tout de même besoin d’échapper à la mort pour réaliser qu’il s’est fait avoir comme tous les autres « rakes » au passé sombre et est tombé la tête la première dans les filets de la douce et aimante Charlotte…

En parlant de Charlotte, notez que ce n’est pas mon héroïne préférée, loin de là !

Elle est trop…. douce, sucrée et délicate… Et ces qualités que j’apprécie très facilement dans une autre héroïne, ici… non.

J’imaginais Nick avec un autre genre de femme.

C’est sans doute le problème des séries… on s’attache aux personnages et on apprend à les connaitre avant d’en rencontrer leur moitié. Notre imagination travaille bien avant de découvrir la perle qui saura faire flancher ces personnages qui ont résisté sur plusieurs romans. Et l’imagination est une chose bizarre, elle va dans des directions étranges parfois. En l’occurrence, j’imaginais Nick avec une femme plus énergique, moins conventionnelle… c’est étrange, mais dans ce genre de cas, je me sens comme trahie…

Mais que cela ne vous empêche pas de profiter du tome de clôture de cette série, elle en vaut le détour – comme bien des séries de l’auteur d’ailleurs !

Bonne écoute !
Tam-Tam

Crocodile sur un banc de sable – Crocodile on a sandbank

J’avais juré. Mais j’ai encore craqué. Je n’ai pas encore tourné la page sur la série du protectorat de l’ombrelle. Mais je ne suis pas la seule responsable dans cette affaire. En effet, tout est parti d’un commentaire sibyllin de YueYin « Moi, Connal, je lui préférerais toujours son original ». 


Une partie de moi s’est insurgée, a crié à l’injustice, pendant que l’autre a procédé à un interrogatoire en règle:

- pas original de quoi?

- et qui est l’original?

- et pourquoi, et comment et dans quelles circonstances?


YueYin, dans son infinie compréhension de l’addiction littéraire, a répondu avec précision à toutes mes questions. J’ai alors découvert que l’inspiration derrière Connal, le puissant, le vaillant, le velu loup-garou qui avait fait palpiter mon petit cœur d’artichaut portait le doux nom d’Emerson, et que si je voulais découvrir le couple « originel », il me fallait explorer l’œuvre de Elizabeth Peters et les aventures d’Amélie Peabody.


Explosion de poney à paillettes dans mon esprit en manque et en pleine période de sevrage post « Amelia et Connal ». Quand YueYin m’a proposé de me fournir la « came » (en plus), j’ai à peu près hésité 3 secondes… Je sais, je suis faible.


Mais je suis sûre que cet article parlera à toutes les addicts des séries ici-bas. C’est dur d’abandonner des personnages. Et je serais pour ma part prête à tout pour faire renaître les sentiments qui m’animent lors d’une lecture formidable.


C’est donc un peu honteuse de ma rechute, mais définitivement excitée par cette trouvaille que je vous présente cette semaine « Crocodile sur un banc de sable » le premier tome de la série des Amélia Peabody de Elizabeth Peters.


Notre histoire s’ouvre sur la délicieusement pragmatique Amélia Peabody. Toujours célibataire à l’âge canonique de 28 ans, et confortable financièrement grâce à un héritage, notre héroïne a décidé de profiter de sa liberté pour explorer les chemins du savoir et découvrir les merveilles de l’Égypte. 

Alors qu’elle traverse l’Europe pour rejoindre le continent africain, elle croise sur sa route Evelyne, alors en détresse: une sombre histoire de réputation ruinée, d’un grand-père en colère, d’un cousin plein de bonnes intentions et d’un amant en fuite…
 

Amélia, elle-même en mal d’une dame de compagnie, prend la jeune fille sous son aile, et les voilà en partance pour le pays des pyramides, des momies et des malédictions vieilles de plusieurs millénaires.

Et ce sont les trois que notre Amélia découvrira. Son pragmatisme légendaire aura beaucoup à faire car entre deux sarcophages et trois apparitions de momie, elle devra aussi  croiser le fer (au figuré) avec Emerson.

Leurs échanges pendant cet opus sont délicieux. C’est d’ailleurs ce qui selon moi rend ce livre si irrésistible. Il la fait tourner en bourrique, elle le rend chèvre. Un mélange qui fait des étincelles et qui laisse affamé! Heureusement, cette série, elle va me durer, parce qu’avec une quinzaine de tomes, j’ai le temps de voir venir!

Il ne me reste plus que qu’à me trouver une romance sweet et bien doudou la semaine prochaine, des suggestions?
 
Bonne lecture,
Tam-Tam
   

Charlie all night – Charlie, tout la nuit

J’ai réalisé récemment qu’il me faut être la conductrice pour pouvoir vraiment apprécier un audiobook. J’ai en effet une tendance à l’endormissement indésiré au milieu d’un trajet où je ne suis que passagère, ce qui, pour la compréhension d’un livre, n’est pas sans inconvénients !

Fort heureusement, j’ai repris mes trajets interminables et avec eux, le plaisir des heures de lectures auditives.

Ayant fini d’écouter le dernier tome « The garden Intrigue » de Lauren Willig il y a quelques semaines, je me retrouve cantonnée à attendre, comme le commun des mortels, que le nouveau livre de l’auteur sorte en audio. Du coup, je me suis dit qu’un changement radical serait le bienvenu.

Et quoi de mieux qu’une romance contemporaine pour contraster avec l’espionnage napoléonien ?

Jennifer Crusie a déjà été à l’honneur en ces lieux avec de l’inoubliable, du bon, et du clairement décevant (pour moi). « Charlie, toute la nuit » (Charlie all night en VO) se situe quelque part entre les 2 première catégories (ce qui est plutôt un bonne nouvelle, je vous l’accorde) parce qu’en plus de raconter une belle histoire, les personnages sont attachants et drôles.

Alors pourquoi ne l’ai-je pas rangé dans la catégorie des « must-have » ?

Penchons nous sur la question…

Il était une fois Alice, productrice d’émission radio dans une petite station locale. Alice est obnubilée par sa carrière, par le show qu’elle produit, par la star du show et sa capacité à faire du chiffre… Si bien que lorsque ce dernier la largue personnellement et professionnellement pour un « modèle plus jeune » (et vachement mieux gaulé), Alice se retrouve fort dépourvue (je ne suis qu’euphémisme aujourd’hui)…

C’est là qu’entre en scène Charlie, nouvelle vedette de l’émission de nuit. Émission qui ne fait pas de chiffre (parce que les gens normaux dorment à cette heure-là), mais qu’Alice s’est vu confier suite à la débâcle… Qu’à cela ne tienne, envers et contre tous (Charlie compris) Alice fera de ce nouveau show une réussite et de son nouveau présentateur une star de la radio.

Mais pour Charlie, cette nouvelle émission n’est que temporaire, il sait qu’il part dans quelques semaines et qu’il n’est ici que pour rendre service et faire de l’intérim. Alice le sait, mais n’en a que faire.

Ce qu’elle ne sait pas par contre, c’est que Charlie a été recruté pour un autre motif (que je ne vous révélerai pas), ce qu’il se garde bien de lui dire, alors même que vous imaginez bien que la tension monte entre les deux et qu’ils se mettent à faire des étincelles de sensualité et que le secret prend de l’ampleur dans l’histoire.

Le concept d’un secret dans une romance, c’est qu’il finit toujours par se savoir. D’ordinaire, plus les héros se taisent, pires sont les conséquences. Car si on grossit le trait, garder un secret en romance, c’est trahir la confiance que le héros il a mis à l’intérieur de toi (même si ce secret n’est qu’une recette de mousse au chocolat) (les initiées comprendront l’allusion).

Dans Charlie, toute la nuit, le secret, bien entendu, Charlie ne va pas vouloir révéler son secret à Alice, même quand cette dernière se doute qu’il y a hippopotame sous caillou. Dans ces cas-là, ma réaction est souvent très verbale : « moi, j’aurais pas fait comme ça ! »

Sans entrer dans un débat philosophique approfondi, dans ce livre, je trouve que Charlie ne se révèle pas assez vite. Parce que c’est facile de nous (les femmes, nous le charme… ok, je sors) faire le coup du « fais-moi confiance », mais à un moment, je m’attendais à une preuve en retour.

Parce qu’il serait question d’une enquête de la CIA où un mot révélé à la mauvaise personne déclencherait une guerre atomique, je comprendrais la parano, mais de guerre atomique, il n’est point question ici…

Alice n’est que pardon et mansuétude (et elle a très envie de sauter dans un lit avec Charlie aussi), mais je ne suis pas faite de ce bois-là, je suis rancunière. C’est sans doute qui fait qu’inoubliable, Charlie ne sera pas ! Il n’avait qu’à nous faire confiance ! Nah !

  
Bonne lecture,
Tam-Tam

PS: dernière précision sur le roman, j’ai choisi de vous mettre la couverture de la version originale, parce que non seulement c’est celle que j’ai lu, mais aussi parce que la couverture de la VF est de celles qui font fuir, alors que ce livre ne le mérite absolument pas!