Anne des Pignons Verts

(Réédition du 12/08/10)

Certaines personnes autour de moi s’amusent de mes lectures, d’autres sont franchement méprisantes. Moi, j’ai choisi : je lis ce que j’aime. Et ce que j’aime, c’est refermer mon livre, un sourire aux lèvres, en me disant que si quelqu’un a voulu raconter cette histoire, c’est que le monde n’est pas aussi gris que ce que le journal de 20h aimerait me le faire croire. Est-ce que cela fait de moi une naïve? Une personne moins intelligente? Je ne crois pas… Je connais mes classiques, et je ne suis pas embarrassée. J’ai choisi et j’assume. Un livre bien écrit reste un bon livre, que ce soit une romance ou non.

Et plus je gagne en expérience (et en cheveux blancs, mais chut, c’est un secret bien gardé entre L’Oréal et moi), et plus je réalise que j’aimais la romance bien avant de lire des livres estampillés « romance ». Eh oui, vous en avez tous lu, de ces livres un peu sentimentaux, avec une jolie histoire, qui finit bien. Souvent, ce sont des romances qui se cachent derrière un roman policier, ou un drame historique ou quelque autre prétexte. Je peux vous en citer des exemples ! Anna Gavalda, Jane Austen, Mireille Calmel, Jean Auel, Marc Levy, pour ne citer qu’eux. Le succès de leurs livres me prouve que la romance plait, et qu’elle se cache dans toutes sortes d’histoires, bien au-delà des publications de certains éditeurs qui s’y sont consacré.

Les premiers livres de ce genre, qui n’en étaient pas vraiment, la période pré-Harlequin, c’est ma mère qui me les a offerts, à l’insu de son plein gré la pauvre. Si elle avait su le futur qu’elle me préparait, elle aurait sans doute été plus prudente! Maintenant, on sent chez elle un vague regret, tout ce talent pour la lecture gâché dans des romances… Ah, mais je lui serais toujours reconnaissante de m’avoir ouvert cette porte, toutes ces lectures inoubliables, c’est à elle que je les doit! Merci maman de m’avoir mis entre les mains Les 4 filles du Docteur March de Louisa May Alcott, Le jardin secret de Frances H. Burnett, Papa longues-jambes de Jean Webster et bien évidemment, tous les contes de fées possibles et imaginables!

De cette époque, l’un des livres qui m’a le plus marqué, c’est Anne of Green Gables, ou Anne, la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery. Ce livre est le premier d’une série, écrite par une canadienne entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle, et par la suite adapté pour la télévision, d’abord en films puis en série et enfin en dessin animé. Autour de ce livre s’est créé tout un univers, centré sur le village d’Avonlea, et les multiples particularités qui font tout le charme de cette histoire.

Anne est une jeune orpheline qui entre dans l’adolescence, et tout commence pour elle lorsqu’elle est adoptée par Matthew et Marilla, un frère et une sœur d’un certain âge, lesquels vivent dans la maison « des pignons verts » sur l’ile du Prince Édouard, à l’est du Canada. Ils pensent avoir adopté un garçon pour aider Matthew aux travaux de la ferme, mais c’est Anne, avec ses nattes rousses, sa gouaille et sa philosophie de la vie qui débarque. Et qui restera. L’adaptation ne se fait pas sans mal, mais au fil des livres, on a la joie de la suivre dans sa découverte de la vie, entourée de Matthew et Marilla évidemment, mais aussi de Diana, sa meilleure amie, de Gilbert Blythe, son ennemi de cœur, et une ribambelle de personnages secondaires savoureux.

La plume de Lucy Maud Montgomery est charmante, elle décrit avec tendresse et poésie son pays, la nature canadienne. Tout passe par les yeux d’Anne, qui n’a pas son pareil pour décrire ce qui l’entoure, avec le sens du mélodramatique d’une enfant au début, et puis, au fur et à mesure que passent les années et les tomes, la sagesse d’une femme, qui se marie et a des enfants, lesquels héritent de sa personnalité pour le moins originale, et nous racontent à leur tour des histoires qui font rêver. La série s’achèvera d’ailleurs sur le mariage de la dernière fille d’Anne, comme une passation de flamme, l’ouverture vers une autre histoire que l’auteur n’a pas eu le temps de nous raconter.

Pour la petite anecdote, l’histoire d’Anne a eu tant de succès à son époque que durant la 1ère guerre mondiale, le gouvernement canadien avait offert à ses soldats partis au front en Europe un exemplaire du premier livre, pour leur rappeler leur pays et leur remonter le moral! Et si cette histoire est un peu moins connue en Europe aujourd’hui, elle reste encore un des monuments de la littérature canadienne, que je ne peux que vous encourager à lire à votre tour!

Bonne lecture,

Chi-Chi

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17 réflexions sur “Anne des Pignons Verts

  1. ❤ Il y a des années (mais genre vraiment DES années) je suis tombée sur la série TV et j'ai adoré. Et des années après (oui je suis une fille trèèèès lente parfois lol) j'ai appris que c'était une série de livres. Pour le moment je n'ai lu que les 2 premiers que j'ai trouvé formidables.

    • Ohhhh quelle chance d’avoir encore toute la suite à découvrir! 🙂
      J’ai une tendresse particulière pour Rilla d’Ingleside, le dernier tome… N’hésite pas surtout!

  2. « Les 4 filles du Docteur March de Louisa May Alcott, Le jardin secret de Frances H. Burnett, Papa longues-jambes de Jean Webster », on avait des lectures très semblables, enfants! Tu avais déjà le goût de la littérature anglophone, en plus 😉

    J’ai réécouté cette histoire il y a deux ans, sur Librivox.org, et je me suis encore régalée des vastes exagérations d’Anne, de ses peines de coeur ou ses disputes entre copines élevées au rang de catastrophe naturelle, de sa vision très noir et blanc du monde qui l’entoure, et de son apprentissage des nuances.

    C’est plein d’humour, mais c’est surtout très touchant. Et oui, évidemment que ça m’a fait pleurer!

  3. Ce livre m’avait aussi beaucoup marquée quand je l’avais découvert à 11 ans ! Longtemps après, j’ai eu envie de continuer la série (en plus, si Anne est adulte, ça promet encore plus de romance, non ?) et j’ai « mooché » le second tome plus tôt dans l’année… Il est encore dans ma PAL, mais ce billet me donne envie de m’y plonger ! (Mais je lis au rythme d’un roman sur deux mois ces temps-ci, c’est affligeant !)

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