The proposal

Après des semaines entières de frénésie contemporaine, j’ai changé de registre à la faveur de quelques régences des plus classiques. Miranda Neville of course, mais aussi deux nouveaux Courtney Milan dans ma PAL, le dernier Mary Balogh et une nouvelle série moins classique dont j’espère vous reparler très vite…

Le Mary Balogh m’a dangereusement évoqué le souvenir d’un des chouchous de mon Top 15 : Slightly dangerous.

Il m’a évoqué cette tendance de la régence à vouloir être un peu plus réaliste, à présenter des situations un peu plus complexes, sans pour autant tomber dans l’angoisse et les périls qui pourraient me distraire de la seule chose importante : l’histoire d’amour. Et il y a un problème similaire autour de la demande en mariage que l’on ne rencontre pas souvent !

Une tendance qui personnellement me ravit, j’aime découvrir de plus en plus souvent des couples où les milieux sociaux se mélangent, même si je suis bien consciente du peu de potentiel réaliste d’une telle chose, dans une société aussi codifiée… Certes, lorsque Courtney marie une courtisane notoire avec un parangon de vertu, les choses s’arrangent étonnement bien, mais j’apprécie l’effort d’imagination et la finesse avec laquelle c’est amené.

Mais je m’égare, ici il n’est pas question d’une courtisane mais d’une lady tout à fait comme il faut, qui se tord la cheville sur une plage, un jour de mars, et de l’homme qui, à contrecœur, se sent obligé de voler à sa rescousse. Il est donc question de Mary Balogh et de The Proposal, tome 1 de la série Survivors’ club.

Je vais commencer par ce que je n’ai pas aimé :

  • Je n’ai pas aimé que ce livre parle encore d’anciens soldats et de leur difficulté à se réadapter après la guerre. Non pas que le sujet me laisse insensible mais ces derniers temps, je croise des anciens soldats au détour de chaque page. Tous les hommes ne sont pas des soldats et tous les héros n’ont pas besoin d’être passés à deux doigts de la mort pour valoir la peine qu’une femme s’intéresse à eux.
  • Je n’ai pas aimé l’aspect info-dump de certains passages. Si l’on était dans un tome plus avancé de la série, je dirais que Mary a voulu faire des rappels des tomes précédents. Comme il s’agit du tome 1, je crois qu’elle a simplement voulu planter son décor rapidement, pour mieux se concentrer sur ses personnages. Et parce que je lui accorde cette intention, j’accepte de passer outre. Même si par moment, j’avoue avoir fait une diagonale sur quelques paragraphes/monologues intérieurs dont le seul objectif est clairement de nous faire passer de l’information, faute d’avoir réussi à la caser ailleurs.
  • Je n’ai pas aimé, conséquence de l’info-dump susmentionné, la présence d’une flopée de membres du fameux Survivors club. Quoi, encooooore un club où tous les membres vont trouver l’amour les uns après les autres en rang bien serrés comme des dominos ? Pff…. Surtout que tous les membres du club ne sont pas très bien personnifiés et que je ne me suis pas spécialement attachée à tous. 
  • Je n’ai pas aimé que l’émotion entre les personnages soit tellement retenue, certes en accord avec ce que l’on peut imaginer de l’esprit de l’époque mais un peu trop timide pour mon petit cœur contemporain… 
Mais…

Mais maintenant que j’ai dit du mal, je vais pouvoir m’attarder sur ce que j’ai aimé : 

  • J’ai aimé Hugo, notre héros. Un protecteur dans l’âme, pensez, il refuse d’abandonner notre héroïne avec une cheville invalide, sur une plage déserte en plein hiver. Anobli à la fin de la guerre pour services rendus à la couronne, il est issu de la bonne bourgeoisie émergente et n’oublie pas ses racines. Pire, il n’aime pas la haute société et la noblesse et considère qu’il n’a rien à y faire. Il vit en quasi-reclus dans la propriété qu’il a acheté à la campagne et ses séquelles de la guerre sont psychologiques. Le pauvre chéri se débat comme il le peut avec ses fantômes et est fermement décidé à aller de l’avant, à ne plus inquiéter sa famille qu’il adore et à se marier, pour lancer sa sœur dans la bonne société et donner un héritier à la fortune familiale (acquise donc dans le commerce, oh so shocking)… Je veux bien le consoler, anytime !
  • J’ai aimé Gwen, l’héroïne. Une veuve, plus très jeune, fermement décidée à ne jamais se remarier après une première expérience qui, sans être malheureuse, n’a pas été spécialement réussie. Une lady, certes sans préjugés mais avec une conscience aigue de sa place dans la société et des barrières qui peuvent se dresser entre les différentes classes. Et une lady qui sait ce qu’elle veut et n’en devient pas pour autant une virago. Une lady qui sait parfois oublier ses bonnes manières pour faire un pas en direction de son héros, et après tout, c’est bien tout ce qui compte.
  • J’ai aimé que leur rencontre soit pleine d’idées reçues l’un sur l’autre et que, étrangement, au lieu de les éloigner, cet antagonisme initial les poussent à être d’autant plus honnêtes l’un envers l’autre et à apprécier les efforts que cela implique.
  • J’ai aimé que Hugo se lance à la conquête de Gwen, non pas comme une lady s’attend à être courtisée mais à sa manière bien particulière, un mélange de franchise brutale, de tendresse instinctive et de maladresse sociale, et qu’il ne se décourage pas au premier signe de difficulté.
  • J’ai aimé que la différence de classe en ces deux-là soit prise en compte, considérée, remise en cause et affrontée, qu’ils ne prétendent pas qu’elle n’existe pas ou que l’intégration de l’un au monde de l’autre et vice et versa sera facile.
  • Enfin, j’ai aimé la manière dont chacun fait ressortir le meilleur de l’autre et la tendresse qu’ils se manifestent, celle qui fait oublier tous les défauts qui peuvent embarrasser l’histoire.
En un mot, et malgré tout, j’ai bien aimé The Proposal et s’il croise votre chemin, vous passerez j’espère un bon moment ! 
  
Bonne lecture,
Chi-Chi
 

Chi-Chi au pays des Chicago Stars – episode I

Bon, alors, ce n’est plus vraiment un secret pour personne, puisque Chi-Chi elle-même a révélé l’affaire au début du mois d’août, mais je suis récemment revenu de voyage diplomatique.
Et comme je prends mes responsabilités de princesse très au sérieux, le choix de la destination ne fut pas anodine.
Cette semaine, Vera-Cruz se relocalise et Chi-Chi vous accompagne pour un reportage particulier aux pays des Chicago Stars!
Je vous « keep in the loop »?
Au matin du premier jour, Chi-Chi et moi-même sommes allées admirer les gratte-ciels. Il faisait beau le long de la rivière…
 Michigan Avenue
Ballade le long de Navy Pier
 
Lincoln Park
C’est tout pour aujourd’hui… Si vous êtes bien sage, je vous en révélerai plus la semaine prochaine!
Bonne journée,
Tam-Tam

Au service de la couronne

Trois semaines déjà que nous nous épanouissons auprès des collègues de Mr. Bond. Trois semaines au cours desquels j’ai pu vous montrer que les espions, c’est glamour, que les espionnes peuvent être super bad-ass quand elles veulent et que s’il est bien traité, l’espion régence peut faire grave rêver…

Mais nous sommes en France mes amis, et en France, il faut une exception à toute règle. C’est la semaine de l’exception avec la série « Au service de la couronne » de Jenna Petersen :
- From London with love (Bons baisers de Londres)
- Desire never dies
- Seduction is forever

Prenons trois ladies. Pas n’importe lesquels, trois ladies qui partagent grâce, beauté et charme en quantité suffisante pour faire sensation sur la saison londonienne. Trois femmes influentes que tous connaissent, qui ont accès à tous les salons et reçoivent toutes les invitations.Le genre de ladies parfaitement placées pour s’informer, savoir, démasquer.

Meredith Sinclair est éblouissante, pleine de charme et possède un sacré sens de la répartie qui en font la belle des salons. Anastasia Whittig est la lady par excellence, posée, belle comme le jour, et discrète. Enfin, Emily Redgrave est intelligente, racée… Bla. Bla. Bla.

Pourquoi bla ? Une présentation comme ça est trop belle pour être vraie. Parce que l’histoire développée dans chaque livre est parfaitement insipide et que les héroïnes, qui sont supposément des jeunes femmes intelligentes et futées sont à la limite entre la tête à claque et la plante verte. Et parce qu’au-delà de toutes ces imperfections, cette série est parfaitement oubliable.

Vous me direz, c’était peut-être l’intention de l’auteur, en faire une trilogie qui s’autodétruira à la fin de la lecture.

J’aimerais pouvoir vous dire que les héros rattrapent un peu la sauce, mais pas vraiment. Déjà, j’ai complètement oublié leur nom. Le dieu internet est là, certes, et je pourrais vous dévoiler l’identité des lascars, mais ils sont interchangeables et ne sont clairement là que pour faire joli.

Devant un tel fiasco, vous pensez bien que j’ai médité longtemps sur les raisons de mon ennui.

Est-ce à cause des clichés ? Réponse : non, les romans de Céleste Bradley n’en sont pas exempts, loin de là, et la série est pourtant une réussite.

Est-ce à cause des héros ? Réponse : oui, mais pas seulement. Un roman peut avoir des héros « moyens » mais être récupéré par une histoire en béton armé !

Est-ce à cause des incohérences ? Réponse : oui, mais ce n’est pas comme si mon cerveau s’attendait à de la logique scientifique à tout épreuve quand il lit une romance d’espionnage.

Est-ce à cause du style ? Réponse : non, le style est correct, et le livre se lit sans roulements systématiques des yeux.

Alors pourquoi ?

  • Parce que cette trilogie ne possède pas les éléments subtils et nécessaires à la réussite d’une série.
  • Parce que le tome un est moyen, voir ennuyeux.
  • Parce que le fil directeur est parfaitement fantoche.
  • Parce que les personnages secondaires sont sous-développés dans les tomes précédent le leur, alors que le lecteur devrait normalement mourir d’envie de découvrir leurs histoires.
  • Parce que les rebondissements sont… inexistants.

Alors oui, c’est un jugement dur, mais quand je me plonge dans un roman d’espions, je m’attends à une intrigue, un adversaire, une identité sécrète, du mystère. L’histoire, c’est le synopsis, dilué sur 400 pages. D’ailleurs, J’ai Lu n’a jamais publié les tomes 2 et 3. Qui sait, peut-être est-ce un signe qu’il faut faire l’impasse de cette série!

Bonne semaine (je ne peux décemment pas vous dire bonne lecture),
Tam-Tam
  

The great escape

En ce vendredi, je vous fait défaut, je vous propose de rester dans le thème SEP amorcé mercredi… Et pour cela, je vous présente une nouvelle guest-star en ces lieux, pour nous parler du nouveau livre de Susan Elisabeth Phillips, tome 7 de sa série Wynette, Texas.
Série qui se compose comme suit : 
  • Glitter baby (La fille lumière)
  • Fancy pants (La Belle de Dallas)
  • Lady be good
  • First lady (Tu n’échapperas pas à ton passé)
  • What I did for love
  • Call me irresistible
  • The great escape
Mesdames et Messieurs, pour votre plus grand plaisir, Cat ! 
Chi-Chi

En tant que lectrice de romance de longue date, il est une chose qui gâche à coup sûr un livre, même doté d’une intrigue en béton, et cette chose, c’est une héroïne à baffer !

Malheureusement, c’est le cas du dernier roman de Susan Elizabeth Phillips. Malgré de multiples défauts, le roman aurait pu s’avérer un SEP «moyen » si l’héroïne avait été mieux écrite…

La première fois que nous rencontrons Lucy, c’est dans le livre « First Lady », où c’est une ado déterminée à protéger sa petite sœur après le décès de leur bonne à rien de mère, et à s’assurer qu’elles n’atterrissent pas dans le système de famille d’accueil (foster care), système où les orphelins et enfants issus de familles à problèmes sont souvent ballotés d’un foyer à l’autre. Elle est farouche, courageuse et totalement dévouée à sa sœur. En un mot comme en mille, c’est un excellent personnage secondaire.

C’est donc avec impatience que j’attendais la sortie du livre dont Lucy est l’héroïne. J’avais vraiment bien aimé le livre précédent, « Call Me Irresistible », mettant en scène Meg, la meilleure amie de Lucy (contrairement à de nombreuses lectrices qui avaient été déçues).

Comment vous dire alors la déception, le désenchantement, la désillusion…

Le livre démarre pourtant au quart de tour : Lucy plante son fiancé parfait, Ted Baudine, au pied de l’autel, devant les plus hauts dignitaires du monde et nombre de célébrités. En effet, Lucy est la fille de l’ancienne présidente des Etats-Unis, et Ted est le fils d’un joueur de golf de renom et d’une journaliste tout aussi célèbre. Ne sachant que faire pour s’échapper de la petite ville de Wynette, Texas, où elle a l’impression que tout le monde la méprise, elle accepte de monter sur la moto d’un parfait inconnu qu’elle pense vaguement avoir vu lors de la réception la veille, avec pour tout bagage un habit de chœur d’église par-dessus ses sous-vêtements affriolants (mariage oblige !).

Comme c’est un livre de SEP, je ne m’inquiète pas encore malgré la pose du décor peu plausible – c’est bien connu, c’est la reine en la matière, et elle s’en est toujours bien sortie par le passé selon moi (oui, je suis une grande fan depuis mes 15 ans !).

Mais là où je m’attendais à une « road-romance » pleine d’aventures, de belles réparties, de moments chauds et de doux sentiments qui se développent au fil de l’autoroute entre Lucy et notre héros, Panda ( no comment !!!), cette petite escapade est brutalement interrompue aux environs du quart du livre (peut-être même un peu avant, je ne suis pas sûre vu que je « lis » ce livre sous forme de livre audio).

Et puis à partir de là, le livre retombe comme un mauvais soufflé… Il est question d’une petite île au milieu des Grands Lacs avec ses habitants hauts en couleur et en théorie, il est question de Lucy à la recherche de son identité. SEP ajoute et rajoute des personnages, encore et toujours – j’en ai eu le tournis. Il y une deuxième trame, puis une troisième. Chaque trame aborde un thème social qui aurait mérité son propre livre sans doute, mais là j’ai trouvé qu’elle n’a pas vraiment fait justice à chaque thème abordé. 

En vrac, et très politiquement correctement, SEP nous parle : des problèmes de poids, de l’identité raciale d’un petit garçon métisse, du syndrome de stress post-traumatique,  de la vie après le divorce et des problèmes de gang. Elle inclut aussi des sujets aussi divers que : l’apiculture et l’art de faire du pain. Le problème, c’est qu’en abordant autant de sujets en un seul livre, elle n’a pas le temps d’explorer chacun d’entre eux en profondeur. Et le pire, c’est que l’histoire d’amour entre Lucy et Panda se perd un peu (beaucoup) dans tout ce drame.

Mais parlons-en, de Lucy et Panda. Ils s’échangent à peine quelques phrases hostiles avant de se sauter dessus. Puis Lucy se « déguise » et régresse en même temps d’une femme de 31 ans, lobbyiste et mature, à une ado aux allures gothiques et à la cervelle de moineau. Je vous épargne le facteur « beurk » lors des passages où notre héros prouve sa masculinité à notre héroïne qui apparaît avoir 15 ans. 

Malgré sa politique de l’autruche (elle se cache sur une île incognito et ne sait que faire de sa vie, la pauvre petite fille riche), Lucy est forte, Lucy est indépendante, Lucy n’a besoin de personne. Sauf quand elle manque de se faire violer derrière un bar après s’être comportée comme une écervelée. Mais non, Lucy persiste, elle se suffit à elle-même. Non seulement elle prend l’apparence d’une ado rebelle, mais elle en adopte l’attitude. Ça passe pour un ou deux chapitres, mais pour les trois quart de l’histoire, moi j’avais envie de l’envoyer au coin.

Et Panda ? Panda, dont on ne saura jamais pourquoi il a hérité de ce charmant sobriquet, est un homme blessé (forcément). Il a eu la vie dure, se sent coupable de la mort de son frère, mais a réussi à bâtir une carrière plutôt lucrative. Bref, qui n’en voudrait pas, de notre Panda ? 

Les lectrices averties que vous êtes auront probablement deviné que le problème social dont il souffre est le susmentionné syndrome de stress post-traumatique (PTSD en anglais, c’est à la mode en ce moment !). Mais Lucy, qui était une assistante sociale chevronnée avant de devenir lobbyiste, tombe des nues quand enfin la lumière se fait dans son cerveau génial. 
Comment guérir notre héros ? 
Bah apparemment les services sociaux et les psychiatres n’ont rien pu faire, ils ne comprennent pas. Notre héros, très intelligent par ailleurs, n’a apparemment jamais entendu parler du département américain pour les vétérans. Et j’en serais peut-être dupe aussi, si je n’avais pas moi-même dû gérer une crise similaire. Mais il se trouve que je suis mariée à un vétéran de l’armée américaine qui a souffert et souffre toujours dans une certaine mesure, de ce mal. En tant que telle, je trouve que SEP aurait pu faire un peu plus de recherches, surtout que c’est un phénomène qui touche de plus en plus de familles aux Etats-Unis. Elle aurait peut-être découvert qu’on ne guérit pas du PTSD, on apprend à le gérer et à vivre avec, avec beaucoup de patience (si je me souviens bien, Panda en guérit en quelques semaines !) et de sessions avec un bon psychiatre.

En dépit de tout ce monde, de toutes ces différentes histoires et de ces problèmes à peine abordés, j’aurais pu aimer le livre si l’histoire d’amour était plus centrale et si les protagonistes, surtout Lucy, étaient plus sympa.

J’espère vraiment que son prochain livre sera meilleur, car SEP fait partie de mes auteurs cultes. Je lui donnerai une deuxième et même une troisième chance de se rattraper. Croisons les doigts et repensons à Phoebe et Dan ou à Sugar Beth et Colin en attendant !

Signé : Cat
 

La vengeance des Lucky Charms (mais pas à Vera Cruz)

 Tam-Tam est rentrée de vancaceeees !!!! 
Et dans ses valises, elle m’a ramené un cadeau très spécial… 
Ceux d’entre vous qui n’ont pas encore lu (et c’est très très très mal) la série des Chicago Stars de Susan Elisabeth Phillips, ont du être intrigués par le titre de l’article que j’avais fait sur la série.
Et oui, les Lucky Charms sont un secret d’initié, et mon plus grand fou-rire de lectrice. Mais comme je suis trop sympa, je vais vous expliquer. Jane et Cal, héros de C’est lui que j’ai choisi (Nobody’s baby but mine), se font la guerre parce que Jane a fait un enfant dans le dos à Cal et qu’en représailles, il est venu s’installer chez elle pour la surveiller. Jane, esprit supérieusement brillant, et Cal, joueur de football américain pas aussi bête que Jane aimerait le croire, rivalisent d’imagination en coups pendables et autres vacheries pour se rendre dingues mutuellement… 
Que viennent faire là-dedans les Lucky Charms me direz vous? 
Eh bien ces céréales avec des petits bouts de marshamallows dedans sont les préférées de Cal. Une information que Jane ne va pas manquer d’utiliser… Alors, sans plus attendre, en images, je vous montre ce qu’elle a fait ! 
 
Versez les Lucky Charms dans un bol…

Piochez quelques marshmallows… 
  
Continuez, en retirant bien tous les petits morceaux…
Et voila le travail, maintenant, on remet les céréales sans marshmallows dans la boite, on la referme bien (avec une pointe de colle en mode elle-n’a-jamais-été-ouverte), et on attend de voir Cal perdre la tête à se demander ce qui a bien pu se passer, et on pleure de rire devant sa crise de nerfs! 
Passez un bon mercredi, 
Chi-Chi
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Le cercle des menteurs disparus

J’aime bien mes jeux de mots pourris. Là maintenant, tout de suite, j’ai la certitude que vous avez en tête Robin Williams en professeur de littérature, tentant de nourrir de son savoir les futurs tête pensantes de son pays…

Avec un peu de chance, vous finirez par vous rappeler que dans ce film, il y a aussi le délicieux Ethan Hawke, qui ma foi, n’est pas non plus désagréable à regarder. Je vous invite à rester sur cette image. Parce que la série des menteurs de Céleste Bradley est une série où le mâle est beau, le mâle est mystérieux, en un mot comme en cent, le mâle est un espion…

Mais revenons aux origines…

A l’époque où je découvrais cette auteur, j’étais encore une jeune fille naïve qui commençais studieusement et sagement par le premier tome. Et puis vint ce jour maudit où le premier tome ne pu être mis à ma disposition à la bibliothèque. Je commis alors le sacrilège qui allait changer pour toujours la face du monde : j’empruntais le tome 3. Oui, même pas le tome 2, directement le tome 3… positivement médiéval !

Pourquoi ? Quel démon avait alors pris possession de mon corps ?

Je repasse au présent de narration, et je vous explique.

La 4ème de couverture avait tout pour me plaire. Il y était question d’usurpation d’identité,  d’un homme au passé compliqué, d’une mémoire qui fait des siennes, d’un honneur à rétablir et un héros qui s’appelle JAMES. Bref, cela sentait l’espionnage régence à plein nez. Et moi, innocente ou pas, je me suis dit que je tenais là mon prochain livre de chevet.

J’étais bien loin de savoir que Celeste Bradley dédierait non pas 5, mais 7 livres aux espions de la couronne. Que les femmes seraient elles aussi mises à l’honneur, et que les noms de codes seraient chargés en animaux (le renard, le griffon, le lion, etc…).

Mais revenons à James qui, il faut l’avouer, possède quand même un prénom qui le prédestine à participer à cette série. Notre cher James est un espion blessé. Un homme blessé, et a fortiori un espion, cela finit par être ronchon (à défaut d’une autre expression qui me vaudrait les foudre de Chi-Chi). Il ne comprend pas que la convalescence prenne du temps, tout ce qu’il voit, c’est qu’un traître court encore et toujours et que Napoléon et ses sbires menacent le royaume. Du coup, du fond de son bureau au club, il cherche…

Les indices lui laissent entendre que tout part des messages codés, que le maitre du code a la clé du mystère et que trouver le décrypteur permettra de déjouer les plans du traître. Le plan semble parfait, à un détail près. On (comprendre le cosmos entier) a aucune idée de comment mettre la main sur le maître du code.

Heureusement, le maitre en question a une fille qui porte le doux nom de Phillipa. James se dit donc que pour trouver le père, passer par la fille pourrait être une bonne idée… ou pas. Et ce n’est pas le nouveau précepteur de son fils adoptif, un certain Phillip Atwater qui en dirait autrement. Car lui aussi, en un sens est à la recherche de son père. Mouahaha *rire machiavelique* !!!

Dans cette histoire, les masques vont et viennent au gré des visages, personne n’est ce qu’il prétend être. Homme ou femme, espion ou lord du royaume, traître ou victime. Une chose est sûre, quand on cherche quelque chose avec obsession, on finit par oublier de regarder sous son nez. Ni Philipa, ni James ne prétendront le contraire.

Les histoires où les jeunes filles aux abois se transforment en jeunes garçons sont toujours pour moi une source inépuisable de fou rire. Il y a ceux qui sont intentionnellement créés par l’auteur, et tous les autres, qui me viennent quand j’imagine comment, dans la vraie vie, les événement s’enchaineraient.

J’imagine comment, si j’étais une jeune fille taille lutin, j’arriverais à me faire passer pour un jeune garçon en me coupant les cheveux et en baissant le ton de ma voix. J’imagine comment, si j’étais l’espion qui me fait face, je n’aurais pas la puce à l’oreille en me découvrant sous mes traits « masculinisés » (surtout si je suis un super espion de la couronne, le genre qui a tout vu, tout vécu).

Alors entre deux fou rires, je profiterais tellement de cette histoire qui dépeint des héros d’une autre époque. Une époque où l’espionnage n’était pas une affaire de microfilms et de téléphones sur écoute, une époque où finalement, parce que l’homme vit dans cette illusion de supériorité, il ne voit pas arriver le coup de massue et se fait avoir à tous les coups par des femmes qui font la moitié de leur taille.

Entre deux sourires, je voudrais à tout pris lire toutes ces histoires qui racontent comment la femme est le meilleur contre-espion qui soit puisqu’elle finit par sauver tout le monde avec panache.

Enfin, entre deux révélations, je me rendrais compte que, même s’il n’ont pas l’aura mystérieuse de James bond ni son Martini, les espions régence de Céleste Bradley restent quand même dangereux, mais juste pour les nabots corses !

Bonne lecture,
Tam-Tam

Liar’s Club
The pretender – L’espion de la couronne
The imposter – Imposteur à la cour
The spy – Une séduisante espionne
The charmer – Une charmante espionne
The rogue
The Royal Four
To wed a scandalous spy
Surrender to a wicked spy
One night with a spy
Seducing the spy

All they need

Je sais bien que c’est le mois d’août, que le monde entier est en vacances (sauf moi, pauvre petite malheureuse abandonnée que je suis), mais je travaille pour vous.

Si si, je vous assure, même parfois, je sacrifie de mes précieuses heures de sommeil.

Comme cette semaine, pour un livre terminé à 4:17 du matin très précisément…

All they need de Sarah Mayberry. Depuis Her best worst mistake, j’enchaîne les livres de cette auteur, essayant de me faire une idée plus précise.

Verdict? Irrégulière.

Mais pas dans le style Nora Roberts, qui est devenue irrécupérable à mes yeux, plutôt dans le style Mary Balogh. Du genre j’adore passionnément à la folie parfois, et parfois, je me dis qu’il ne manquait pas grand chose pour que la mayonnaise prenne.

Depuis Her best worst mistake, j’ai donc lu plusieurs livres de Sarah Mayberry, mais, bien que je passe un bon moment à chaque fois, aucun ne m’a plu autant que All they need. A égalité avec Her best worst mistake donc… 

Et la raison de cet amour tient en un seul mot : Flynn.

Sarah nous offre ici un héros dans le sens le plus émouvant du terme. Pas un chevalier flamboyant volant à la rescousse de la donzelle en détresse, pas un mâle alpha dégoulinant de testostérone, mais un homme sûr de lui et de ce qu’il veut, un homme qui sait se poser les bonnes questions et ne passe pas sa vie à se voiler la face, un homme qui assume ses responsabilités et n’en oublie pas pour autant d’être tendre avec ses proches, un homme qui a de l’humour et la tête sur les épaules, qui sait faire preuve de patience et d’abnégation quand c’est nécessaire…

Bref, un homme un peu trop parfait pour être vrai mais tellement bien écrit qu’il a fait soupirer mon petit cœur de midinette, ce qui n’est pas si facile que ça après des années passées à jauger des héros de tout genre entre les pages de mes romans.

Flynn est un héros comme je les adore et Mel est une héroïne a sa hauteur. Un livre où héros et héroïne sont aussi réussis l’un que l’autre, faut-il vraiment en dire plus?

Allez, un effort pour vous mettre en place le décor…

Mel et Flynn ne sont pas des inconnus l’un pour l’autre, mais tout au plus, de vagues connaissances. Ils se sont parfois croisés dans les galas et les réceptions de la haute société de Melbourne, lorsque Mel était mariée à un homme ambitieux et assez désagréable au premier abord. Mais tandis que Flynn appartient à ce monde si particulier du seul fait de sa naissance, Mel, d’origine plus modeste, y était horriblement malheureuse. Il faut dire qu’entre sa taille étonnante pour une femme (plus d’1m80), son rire sonore et son humour parfois cassant, Mel n’arrivait pas à se fondre dans le paysage, au grand déplaisir de sa belle-famille.

Mais cela, pour Mel, c’est une autre vie, une page fermement tournée, deux univers qui devraient rester séparés, sauf lorsque Flynn fait l’acquisition d’une demeure magnifique à retaper, tout près de la maison d’hôtes qu’elle tient depuis son divorce.

De vagues connaissances à presque voisins, contre toute attente, ces deux-là vont devenir amis…

Et plus encore vous vous en doutez, mais les choses ne sont pas aussi simples qu’une histoire de différence sociale un peu tirée par les cheveux. Le divorce de Mel lui a laissé des cicatrices tenaces et Flynn ne mène pas la vie facile et dorée que l’on pourrait imaginer. C’est dire s’il faudra de l’amour, du temps et de la patience, pour que nos héros puissent enfin vraiment se rencontrer et vivre la prochaine étape de leur vie.

De la patience mais pas pour nous, puisque Sarah maîtrise son histoire et que rien ici, chaque minute passée, chaque ligne est justifiée et vaut la peine…

Sur ces bonnes paroles, je vais vous laisser pour aller relire mes passages préférés et prolonger un peu la magie, avant de me risquer à ouvrir le livre suivant… en espérant qu’il soit aussi bien !

  
Bonne lecture,
Chi-Chi
PS : Pas de couverture, elle est trop moche pour mériter de figurer ici (et même pas drôle, sinon, vous pensez bien que je vous en aurai fait profiter)…
 
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Making of à Vera-Cruz

Chez les princesses, il existe quelques photos devenues presque cultes. Il y a  d’abord eu la bibliothèque de Chi-Chi rangée chromatiquement, et puis il y a eu le coffre.
Certaines d’entre vous avez eu la chance de les admirer sur Facebook. Mais la foule en délire les réclamait publiquement. Les voilà.
Le coffre au trésors, le making of par le prince pas si charmant:

Chapitre 1 – Ou comment le prince réadapte l’idée de base « je voudrais une pile de livre avec une bougie dessus ».

 
Chapitre 2 – Ou comment le prince vide les étagères pour remplir un vieux coffre: On place les livre moins bien dessus, on garde la chemise dans le champs de la photo. La classe internationale!
Chapitre 3 – ou comment le prince va faire 37 photos: des temps de pose différents (le flash, c’est le diable), des angles différents (pour avoir le meilleur cadre).
 
Chapitre 5 – Ou comment Tam-Tam y va de ses commentaires débile au moment de l’ultime prise de vue: « Fais l’amour à la caméra! Exhibe ton torse you minx! Sors de la baignoire et montre nous tes tablettes petit canaillou! ». Super constructif.
Chapitre 6 – Ou comment le prince mets la photo sur l’ordi, me tend l’engin et me demande « ça va? » et ou je devient muette d’admiration (je suis peut être un peu partial, je l’admets)

Tam-Tam

PS Bonus: une vue imprenable du Canapé Rouge monté par Chi-Chi, la reine du tourne-vis Ikea!

Qui a parlé du mâle alpha?

Linda Howard, on en a déjà parlé à plusieurs reprises. Entre ma première nuit blanche et l’intemporel Mister Perfect, elle reste un des grands noms de la romance, même si j’admets moins me précipiter sur ses derniers ouvrages.

Toujours une note d’action, souvent avec l’ombre du danger qui guette, elle a gagné sa place dans les canons de la romance en démocratisant son schéma de héros qui  porte même un nom : il est « mâle alpha » (grrrr… mmmmmhhhh). Les autres hommes n’arrivent pas à lui faire de l’ombre, tous sont fades à coté de lui. L’héroïne succombe à sa virilité, son instinct protecteur, sa puissance. Toutes les femmes indépendantes deviennent dépendantes de lui… 

C’est le Chuck Norris des héros de romance. Il a compté jusqu’à l’infini deux fois, il sait réparer une chaudière par -15°C avec une paille, il peut t’improviser une maison et son chauffage central avec des fougères (lui devenant la source du chauffage central, vous aurez compris).

Rien d’étonnant à ce que le mâle alpha de Linda Howard choisisse la voie royale de l’espionnage. Protéger son pays, les jeunes femmes en détresses de la menace terroriste, rien de plus gratifiant pour cet Homme avec un grand… H (oui, j’ai failli, shame on me) que de dévouer son corps au service de son pays ! (oui, dévoue toi pour moi, Ô mâle alpha)

Mais parfois, parce qu’on finirait sans doute par s’ennuyer à toujours lire des histoires de héros magnifique au physique de dieux grecs, l’auteur glisse un élément inattendu : ce n’est plus un espion dont il est question, mais d’une espionne!

Ça change un peu toute la dynamique. Car Lily Mansfield n’est pas une simple espionne, elle est « nettoyeuse » (j’ai aussi des références cinématographiques à la hauteur de ma réputation). Pour ceux qui n’auraient pas compris, Lily élimine les cruels trafiquants/bandits/brigands/malfrats pour le compte de la CIA.

Mais ce genre de travail n’est pas sans laisser des séquelles, si bien que lorsque ses meilleurs amis et leur fille sont assassinés, elle dépasse son ordre de mission et empoisonne le commanditaire, un mafieux notoire nommé Nervi (une vengeance de femme, le poison, parait-il), et manque de mourir dans la foulée.

Tout ceci, bien que tout à fait compréhensible au regard de la situation (dont je ne vous dirait rien de plus, je ne voudrais pas non plus vous priver du plaisir de la découverte), n’est pas vraiment du gout de ses supérieurs. Langley envoie donc l’agent Swain récupérer notre espionne et la ramener à la maison pour un debriefing approfondi (comprendre, elle va se prendre une avoinée).

Sauf que rien ne se passe comme prévu. Entre la colère du fils Nervi qui a vu son père mourir et les trahisons diverses et variées, c’est un parcours semés d’embuches qui attend notre duo CIA.

En parlant de notre duo, quelques mots dessus. Je vous rappelle que Swain a été envoyé pour rapatrier la demoiselle. Il va sans dire qu’elle ne sait pas que le splendide spécimen blond qui se tient devant elle, un sourire canaille aux lèvres, est de la CIA. Mais elle est aux abois, a besoin de toute l’aide qu’elle peut et Swain se trouve là, consentant (comprendre ce que vous voulez)…

Un secret existe donc entre eux, alors même que vous vous doutez bien qu’ils se rapprochent. Car en romance, des circonstances dangereuses riment avec l’attraction des corps !

Un secret, c’est dur à gérer quand les sentiments commencent à prendre le dessus. Lily, clairement décrite comme une femme alpha au bout du rouleau, commence à faire confiance à Swain. Il connait ses failles, il est alpha lui aussi (vous apprendrez que Linda Howard a du mal avec le reste de l’alphabet grec). C’est un alpha qui soutient plutôt qu’il n’étouffe (ce qui, il faut l’admettre, est un changement agréable) et devoir tout cacher à celle qui commence à envahir son esprit et menace de conclure une époque royale de célibat assumé et épanoui, ne pouvoir dire qu’il la comprend bien plus qu’il n’en a l’air, non seulement cela le ronge de l’intérieur (ce pauvre petit) mais cela menace leur relation future…

Mais bon, la menace d’une mort certaine aide à placer les choses dans une perspective de sagesse, d’acceptation et de pardon. La magie de ce livre est d’inverser les rôles stéréotypés et de bousculer le schéma de l’auteur et son mâle alpha (je spoile un peu, beware).

Elle a un lourd passé de la mort qui tue. Il gère son divorce plutôt élégamment.
Elle a coupé tous les ponts avec sa famille. Il voit la sienne au gré de ses affectations.
Elle a renoncé à toute vie de famille (comprendre, le mariage, même pas en rêve). Il a été marié et cela ne l’a pas dégouté (même si clairement, le célibataire sexy au sourire canaille lui va bien comme statut)
Elle mène la danse, elle ne lâche pas un pouce de terrain. Il est patient, il sait qu’il aura gain de cause.

Lily mérite sa place dans la saga de l’été, et cerise sur le gâteau, ce livre clôture la série Medina. Une héroïne à la hauteur du glamour de la fonction combiné à la perspective de 3 livres à lire. Comment ne pas adhérer ?

Bonne lecture,
Tam-Tam
  

The Wild Marquis

Puisque la semaine dernière je vous disais que je n’avais pas le temps d’écrire, cette semaine j’ai fait un effort pour me poser 5 minutes et écrire. Mine de rien, plus de deux ans qu’avec Tam-Tam nous nous tenons à cette discipline d’au moins un article par semaine chacune, cela en fait des pages et des pages écrites !

Et si au début, certaines personnes trouvaient que nos articles étaient d’une longueur démesurée, je réalise aujourd’hui que cette longueur a été sérieusement rallongée !

De 10 things I love about you à Passions captives, nous avons multiplié par 5 la longueur du texte. Alors, bien sur, Passions captives détient le record toutes catégories, mais je n’en ai pas moins l’impression de vous spolier lorsque j’écris moins d’une page.

Cette limite, Tam-Tam m’affirme qu’elle est purement symbolique. Comme si le monde allait s’arrêter si le blog était en pause ou si nous changions quelque chose à sa routine. A votre avis, est-ce si important, la régularité des publications ? La longueur des articles ?

Ou s’agit-il simplement de mes névroses personnelles ?

Quoiqu’il en soit, cette semaine, j’ai fait un effort et je me suis posée 5 minutes (et même un peu plus) pour vous écrire un article sur The Wild Marquis de Miranda Neville.

Je vous ai déjà parlé de Miranda avec Confessions from an arranged marriage que j’avais beaucoup aimé. Et qui était le tome 4 d’une série. Histoire de ne pas perdre le nord et puisque, sous l’influence néfaste des copines de lecture, je lis de moins en moins les séries en entier ou dans l’ordre, il s’agit du tome 1 de cette même série, The Burgundy Club !

Ici, tout commence avec un meurtre. Celui de Joseph Merton, libraire spécialisé dans les livres anciens. Mais pourquoi ? Le lecteur sera laissé dans l’ombre une bonne partie du roman. Pourtant, il ne s’agit pas d’une enquête policière, le meurtre de Joseph est mis sur le compte d’un voleur sans scrupule et classé sans suites, laissant sa veuve en situation délicate et sa boutique en péril.

De son coté, Cain est, comme le titre ne l’indique pas (j’aime ces titres mystérieux), un marquis. Non seulement wild, mais surtout avec une très très mauvaise réputation. Jeté hors de la maison familiale à l’âge canonique de 16 ans par un père que toute la bonne société considérait comme un saint, Cain a vécu dans un bordel, puis chez ses maitresses respectives, avant d’accéder au titre, plusieurs années plus tard (malgré tous ses efforts, son père n’a pas réussi à le déshériter, c’est là que l’on voit que Mrs Neville a bien fait ses recherches en matière juridique, il est extrêmement difficile de déshériter ses enfants, contrairement à ce que la plupart des romances voudraient vous faire croire). Cain hérite donc du titre à la mort de son père mais ne s’en trouve pas mieux accepté par la société pour autant, sa propre mère refusant de poser les yeux sur lui et empêchant qu’il ait le moindre contact avec sa sœur. Des années de débauche, réelle ou supposée, ont laissé sa réputation en lambeaux.

Lorsque Cain se retrouve par le plus grand des hasards, dans une salle d’enchères où il n’aurait jamais du se trouver, devant un ouvrage rarissime, un nouveau mystère s’installe. Car le livre d’Heures du duc de Bourgogne (toute référence aux Très riches Heures du duc de Berry n’est absolument pas fortuite) a été gardé au secret depuis des décennies et ne devrait pas se trouver là. Cain en sait quelque chose puisqu’il s’agissait du joyau de la collection paternelle. Alors pourquoi l’ouvrage est-il vendu pour payer les dettes d’un collectionneur notoire (qui, accessoirement, ne fait pas partie de la famille) ?

Et cette première question en entraine une autre : s’il parvient à ramener les Heures de Bourgogne à ses propriétaires initiaux, sa famille ne serait-elle pas plus encline à l’accueillir de nouveau en son sein ? Il me semble bien évident que d’offrir un livre à sa mère est le meilleur moyen de revenir dans ses bonnes grâces et d’obtenir qu’elle le laisse voir sa petite sœur, non ? Après, je peux me tromper, je fais partie de ces personnes qui pensent qu’un livre est toujours une bonne idée…

Mais on ne s’improvise pas expert en livres anciens, et il faut une certaine habitude pour naviguer les eaux troubles des salles des ventes, surtout lorsque ladite vente s’étale sur plusieurs semaines et que des milliers de livres seront mis à l’enchère. Cain, vite dépassé, se tourne vers J.C. Merton, marchand de livres anciens, pour le guider jusqu’au point culminant, la vente des Heures de Bourgogne.

J.C. Merton qui n’est donc pas Joseph Merton, malheureux assassiné en début de livre, mais sa veuve, Juliana. Juliana qui a bien du mal à joindre les deux bouts, bien qu’elle soit tout aussi, si ce n’est plus, compétente que ne l’était Joseph. Cain et Juliana enfin réunis, je vous laisse lire le livre pour découvrir la réponse à tous ces mystères et apprécier tout le talent de Miranda Neville !

J’ai retrouvé dans ce livre tout ce que j’avais aimé dans Confessions from an arranged marriage : des personnages qui révèlent leur personnalité tout en douceur, qui sont bien plus complexes qu’il n’y parait au premier abord. Une auteur qui a bien fait ses travaux de recherche et qui nous présente une vision de la société anglaise dépassant les salons dorés de l’aristocratie, à la manière de Courtney Milan. La relation entre Cain et Juliana n’est pas simple, et la différence de classe sociale entre eux n’est jamais traitée à la légère. Le poids des obligations familiales de Cain, les conséquences de ses erreurs passées ne sont pas ignorées et il n’est pas simple d’être une femme dans un monde d’hommes…

En un mot comme en cent, The Wild Marquis est une excellente romance régence, et à l’instant où j’écris ces mots, je me remémore le plaisir que j’ai eu à le lire et je me dis qu’il serait peut-être dommage de passer à coté des tomes 2 et 3…

Lira, lira pas… Un avis sur la question ?

  
 
Bonne lecture,
Chi-Chi