Love in the afternoon

Lorsque j’ai reçu mon exemplaire, il y a quelques semaines, j’ai eu un instant d’émotion. Voilà, après, c’en était fini de ma vie avec les Hathaway… J’ai tenu le livre entre mes mains, hésitant à le commencer tout de suite, me demandant si je n’allais pas le garder pour un moment de déprime, un de ces jours où j’aurais besoin d’une lecture de confiance. On a tous comme cela des auteurs qui ne nous déçoivent jamais, et vers lesquels on revient en période difficile… Et puis j’ai ri de moi-même. Franchement, comme si j’avais assez de volonté pour résister à un livre d’une de mes auteurs préférées, dans une série que j’avais jusqu’alors adoré! Étrange non comme, quelque soit la taille indécente de ma pile à lire, je continue à acheter des livres, et à donner la priorité à mes auteurs préférés en toute circonstance…


Ceci dit, bien m’en a pris, je crois que ce tome 5 a été mon favori.


Parlons donc de Béatrix, la dernière des sœurs Hathaway. Quand nous l’avons rencontrée la première fois, c’était encore une enfant. Elle a bien grandi, mais est restée, de loin, la plus originale de la fratrie. Le grand amour de Béatrix, ce sont les animaux. Elle a avec eux un lien particulier, comprend leur psychologie, soigne tous ceux qu’elle rencontre, entretient une véritable ménagerie (son animal de compagnie, après Dodger le furet, c’est Médusa le hérisson!) et d’une manière générale, préfère leur compagnie à celle des humains, qu’elle trouve bien trop hypocrites. Elle a évidemment le cœur tendre, et plein de compassion (un grand classique, j’ai remarqué que dans les romances, les gens qui aiment les animaux sont toujours plus compatissants que les autres… étrangement je ne trouve pas que cela se vérifie dans la vraie vie, mais admettons…).


Nous sommes en 1855, c’est la guerre de Crimée, de nombreux soldats anglais sont sur le front, et comme souvent en période de guerre, ils écrivent à la dame de leur cœur.


Béatrix n’a pas de soupirant, mais son amie Prudence, si. Plusieurs même. Et l’un d’entre eux, le Capitaine Pheelan, est justement l’un de ces soldats. Seulement voilà, Prudence n’a pas de temps à perdre, elle s’amuse bien trop de bals en parties de chasse, de thés en promenades. Elle demande donc à Béatrix d’écrire pour elle, et celle-ci ne peut refuser. Ainsi s’engage une correspondance entre Christopher Pheelan et Béatrix. Mais sous un faux nom. Très Cyrano de Bergerac tout ça…


Au fil des lettres, naissent les sentiments. Pour moi lectrice, ces lettres sont une vraie porte ouverte sur leur intimité. J’ai souvent constaté qu’on se révèle beaucoup plus facilement par écrit que en face à face. Et c’est bien ce qui arrive à nos héros. Jusqu’au jour où Béatrix ne veut plus vivre dans ce mensonge, et, toujours sans révéler son identité, envoie une lettre de rupture. Sauf qu’elle se trompe, et envoie son premier brouillon (parlez d’un acte manqué), celui où elle annonce à Christopher qu’elle n’est pas celle qu’il croit et le supplie de revenir et de la trouver!


Évidemment, Christopher ne comprend pas qu’il y a eu erreur sur la personne, et quand il rentre du front en héros national quelques mois plus tard, il est se met en quête de celle qu’il aime. Dieu merci, l’auteur en a fait un être intelligent, et il ne lui faut pas des mois pour se rendre compte que Prudence ne peut pas être celle qui lui a envoyé ces lettres (d’abord elle est trop cruche, ensuite elle est vaine et superficielle, et enfin, elle est trop cruche!). Et il n’apprécie pas du tout, mais alors pas du tout d’avoir été mené en bateau… déjà qu’il n’est pas trop en forme, après avoir passé des mois sur le front, mais quand on sait que Prudence, c’était un peu le soleil qui l’a motivé pour rentrer vivant… Et du coup, qui lui a envoyé ces lettres??!


Enfin, je ne raconte pas la suite, mais sachez que les sentiments entre les deux sont incroyablement touchants… La façon d’aborder le problème du soldat qui rentre de la guerre résonne de manière assez moderne, quand on pense que l’auteur est américaine, et qu’elle doit avoir à l’esprit tout ce qui se dit aujourd’hui sur le syndrome post-traumatique des soldats, mais elle arrive à éviter le cliché avec une grande finesse, et nous présente un héros qui affronte ses faiblesses et qui n’est pas guéri d’un coup de baguette magique par l’amour de l’héroïne (selon moi, l’un des clichés les plus irritants de la romance)…


En refermant le livre, j’ai eu ce petit pincement au cœur. Au revoir, les Hathaway…


Bonne lecture,
Chi-Chi
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11 réflexions sur “Love in the afternoon

  1. aaarrrrggggghhh!et dire que tu le retiens en otage dans ta bibliothèque et que je ne l'ai pas lu….j'ai hate de poser mes blanche main dessus et de "n'en faire qu'un nuitée'!!

  2. J'ai moi aussi apprécié la subtilité de Lisa Kleypas quand elle aborde le sujet du syndrome de stress post-traumatique qui affecte tant de soldats aujourd'hui. Il faut dire que c'est un syndrome qui s'est vraiment développé à partir de l'ère napoléonienne. Etant mariée à un ex-soldat américain ayant été atteint par ce syndrome, je dois avouer que les histoires où l'héroïne guérit le héros par son amour ne passent plus, mais alors là, plus du tout 😉 bref, j'ai vraiment adoré ce tome! Ah oui et ai-je mentionné que j'ai "rencontré" mon mari par lettres/email avant tout? Beatrix et moi avons plus d'un point commun 🙂

  3. @ Cat : ^_^ c'est sur que pour l'identification tu étais servie!! Je reconnais que Lisa a su traiter les choses assez finement, et bien que le sujet me touche de moins près, j'ai apprécié le coté plus "réaliste" de la guérison de Christopher… D'une manière générale, les guérisons miraculeuses par les vertus de l'amour, ce n'est juste pas possible, cela me rend dingue, et parfois, m’empêche de finir le livre! Je crois que, avec Devil in winter, c'est mon préféré de cette auteur!

  4. J'ai adoré ce livre. Je suis entièrement d'accord avec vous sur le côté très énervant que l'on rencontre souvent dans les romances (guéri par l'Amouuuuuuurrr !!). Dans ce roman, on retrouve vraiment un héros en souffrance et Beatrix tellement attendrissante avec sa fantaisie. J'ai adoré la scène où elle s'enfuit (entre autres). Ahhh!!!! C'est mon livre préféré de cet auteur avec "Devil in winter" (ahh !! Lord Saint Vincent paumé, on en rêvait !! ).

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