North and South – Nord et Sud

Après le chef d’œuvre de la semaine dernière, je m’ennuyais, je n’avais pas assez de choses à lire, alors je me suis dit que j’allais entamer un pavé de 600 pages. Normal quoi !

Non en vrai, mes copines me harcèlent depuis des mois en me disant que c’est une honte que je n’ai pas encore vu la série BBC Nord et Sud, adaptée du roman d’Elisabeth Gaskell, avec le divin Richard Armitage dans le rôle du héros… (*soupir*… Richard et sa chocolate voice et son regard intense… je défaille…)

Donc, je n’ai pas vu Nord et Sud, la série, mais, en bonne fille obéissante, je ne demandais qu’à combler cette lacune. Sauf que je voulais avoir lu le livre avant… Le fameux pavé de 600 pages donc.

Voila, c’est chose faite, j’ai lu 600 pages en anglais victorien (ce qui m’a donné l’occasion de constater que mon anglais plus « littéraire » que mes romances habituelles était un peu rouillé), et dans la foulée, je me suis précipitée pour voir la série, pour mon (et votre) plus grand bonheur ! (Richard…)

Bref résumé, donc, si tant est que l’on puisse résumer en une, deux ou même trois pages une œuvre aussi longue, dense et complexe que ce livre. Nord et Sud (North and South) est ce que l’on peut appeler un roman industriel, un roman qui parle de cette époque charnière de l’histoire où l’homme est peu à peu remplacé par la machine. Publié en 1855, au cœur de l’Angleterre victorienne, il se fait le miroir de l’opposition qui existe alors entre la vieille société, celle qui s’attarde doucement sur la Régence chère à nos auteurs de romance, et l’essor économique de la révolution industrielle, dans une veine bien plus réaliste.

A travers les yeux de Margaret Hale, son héroïne, l’auteur dresse le portrait contrasté du Sud et du Nord, ruralité contre industrie, et utilise chaque personnage pour mettre en lumière les aspects aussi bien positifs que négatifs de cette évolution, pour chacune des parties concernées.

Elevée à Londres par sa tante, Margaret ne connait de la vie que les salons cossus de la petite noblesse et les paysages tranquilles du minuscule village du Hampshire où elle passe une partie de l’année, et où son père est pasteur. Mais lorsque ce dernier décide de quitter le clergé pour devenir professeur à Milton, dans le Darkshire (le pays noir), Margaret et sa mère suivent le mouvement.

Milton, ville industrielle inspirée de Manchester, n’aurait pas pu être plus éloignée de tout ce que connaissait la famille Hale. Ses usines enfumées, grouillantes d’ouvriers, ses rues boueuses et sales, ses maisons minuscules et noires de suie, forment un contraste terrible avec la verdoyante et paisible campagne anglaise et les brillants salons londoniens !

Nord et Sud sera donc l’histoire de Margaret, de sa découverte du Nord, et de son évolution, loin des préjugés du début. Réputée être fière et réservée, elle est choquée par la violence des rapports humains, notamment ceux entre patrons et ouvriers. Si elle admire le courage des ouvriers, dont la vie lui semble misérable et plus difficile que celle des paysans du Sud, les patrons, nouveaux riches souvent sans grande éducation lui inspirent du mépris. Et c’est là, enfin mes chers lecteurs, à cet instant précis, qu’apparait John Thornton… John, que j’imagine déjà sous les traits de Richaaaard ! Mais je m’égare…

John Thornton (Richard !), patron de l’une des plus grandes filatures locales, self-made man de la première heure, a décidé de parfaire son éducation en prenant des leçons de philosophie avec Mr Hale. Margaret méprise cet homme, qu’elle trouve trop dur avec ses ouvriers, sans éducation, en un mot, ayant une conduite indigne d’un gentleman. Ce qui parait d’autant plus naturel que Thornton (je me retiens de ne pas ajouter des petits cœurs à chaque fois que j’écris ce nom) n’est pas un gentleman ! Mais si Margaret se laisse aveugler par son orgueil et une série de malentendus, Thornton (au cas où vous n’auriez pas compris, j’aime ce personnage), de son coté, tombe instantanément sous le charme de cette princesse froide, tout en sachant qu’il n’a aucune chance de la conquérir. Un amour non-partagé, comme c’est romantique…

Hum, comment vous décrire plus en détails les multiples péripéties de la vie à Milton et tous les événements qui amèneront Margaret à apprécier Mr Thornton, John, (Richard quoi…), et à travers lui, les aspects positifs du Nord, au-delà de ses premières impressions.

Beaucoup comparent Nord et Sud à un Orgueil et préjugés de l’époque victorienne, notamment à cause de cet antagonisme qui existe au début entre les héros, mais la comparaison s’arrête là. (et heureusement, car nul ne peut égaler Darcy et Elisabeth, et je préfère me dire qu’ils sont uniques en leur genre). En effet, là où Jane Austen s’attache à une étude de mœurs, Elisabeth Gaskell peint une fresque sociale qui dépasse largement ses personnages principaux, et s’attache autant aux questions de conditions de vie des ouvriers qu’à la place de la religion et aux changements qui secouent la société de l’époque. Autant le dire, la romance dans Nord et Sud, le livre, occupe réellement une place secondaire !

Maintenant que vous connaissez la trame principale du roman, je peux vous avouer que, si j’ai aimé le livre, j’ai préféré la minisérie. Justement parce qu’elle se centre beaucoup plus autour du couple principal et que, en bonne princesse romantique qui se respecte, cela ne pouvait que me plaire !

L’adaptation, au demeurant très réussie, a pris assez de libertés avec la narration pour modifier complètement le rythme du roman, qui se déroule sur plus de deux ans, contrairement à un peu moins de dix-huit mois dans la série, et avec une ambiance assez différente. Ainsi, le roman ne commence pas avec le voyage des Hale vers le Nord, mais avec le mariage d’Edith, la cousine de Margaret. De même, la scène finale de la série (que j’ai adoré…) ne se déroule pas du tout comme dans le roman, pour mon plus grand bonheur (j’étais frustrée dans les deux cas, mais moins dans la série que dans le livre). La rencontre entre nos héros, les visites chez les ouvriers, la demande en mariage, le personnage de Mr Bell, toutes ces choses ont été modifiées pour mieux répondre aux besoins narratifs de la série, sans pour autant trahir l’esprit du roman.

Pour moi, ces modifications permettent de mieux apprécier la partie intéressante de l’œuvre, l’histoire d’amour (eh oui, que voulez-vous, j’ai une réputation à tenir et un article à écrire) ! Car vraiment, si le roman nous offre bien plus de détails sur les sentiments de Thornton (Richard !!!), la série s’attarde davantage sur le couple, ensemble, et elle nous offre en prime quelques moments romantiques que jamais la plume d’un écrivain victorien n’aurait osé décrire !

Sur ces bonnes paroles, lisez Nord et Sud, et regardez la série, mais pas pour les mêmes raisons !


Bonne lecture,
Chi-Chi


PS : Le billet de Marijo, qui m’a fait découvrir Richard et à qui je voue, du coup, une reconnaissance éternelle, et celui de Pimpi, juste parce que… 

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35 réflexions sur “North and South – Nord et Sud

  1. HihiiiHihiiii !!! J'hyperventile !! ça fait plus d'un an que j'ai le livre et j'arrive pas à trouver le temps de le lire mais j'en crève d'envie !!! bouuuhouuu ! c'est trop inzuste !

  2. Youhhhouhhh!!!! Tu as enfin regardé!!!!!!Richard est tellement, incoryablement, formidablement, absolument irresistible dan ce role.Et puis cet accent du nord qu'il prend. Et puis ce regard.Et puis cette dignité!

  3. Je veux lire ce roman depuis fort longtemps ! Ton article me donne encore plus envie 🙂 Je ne savais même pas qu'il y avait une adaptation, raison de plus pour m'y mettre.

  4. Mais TELLEMENT!!! *sighs*Je veux le même… L'accent je m'en fiche, je ne les entends pas, mais ces yeux, vraiment!!!Et cette voix… Bref… Le bon coté, c'est que j'ai lu le livre en m'imaginant déjà Richard en Thornton, du coup, j'ai biennnn anticipé la série! 🙂

  5. "I've seen hell, and it's white, snow white.""Coming home with me?"La mini-série m'a donné de sacrés papillons dans le ventre… j'avais fait l'inverse, moi. On m'a souvent dit que la langue était un peu ardue, alors pour être sûre, j'ai vu la mini-série et j'ai dévoré le livre dans la foulée, en trois jours, un week-end à Ottawa (comme quoi, il y a des choses qui marquent!!)… je ne me suis jamais remise! Richaaaaaard! :)Sur un autre plan, j'ai autant adoré la mini-série (pour le couple) que le roman (pour tout le reste – la peinture de la société, les détails, la relations de Margaret avec les gens du Nord, dans son petit quartier, tout le contexte économique…)!As-tu lu Femmes et filles?

  6. "Look back, look back at me!" Swooooooonnnn!!!!!!!!!!!!Non j'avoue que c'est mon premier de cet auteur, je retenterai l'aventure, mais p-e en version traduite car j'ai un peu souffert là! 😉

  7. Ah ah, comme moi alors! J'ai préféré la série pour le blog, mais j'ai réellement aimé le livre aussi, juste dans un genre totalement différent!

  8. Je suis HYPER étonnée que tu succombes à Richard, j'aurais pourtant dit que ce n'était pas du tout ton genre! ;-)Qu'est-ce qui te fait préférer le livre?

  9. Femmes et Filles est beaucoup plus facile à lire quand même… mais il est inachevé, il faut le savoir! Elle est malheureusement décédée avant de le terminer…Tiens, mon billet!http://inbookswetrust.over-blog.com/article-north-and-south-nord-et-sud-elizabeth-gaskell-45930982.htmlEn le relisant, je me rends compte que ce n'est pas en trois jours que je l'ai lu, mais en 2 semaines… comme quoi, la mémoire joue des tours! Mais il y avait Ottawa, ça, c'est sûr!

  10. Contrairement à toi, j'ai été déçue par la minisérie, justement parce qu'en se concentrant sur l'histoire d'amour, elle laisse de côté ce qui est l'intérêt principal du roman : la description analytique de l'émergence de l'industrialisation. Margaret est un personnage beaucoup plus intéressant dans le roman aussi, je trouve, elle est assez fade dans l'adaptation. Mais Richard est beau, Richard est grand, Richard a une chocolate voice. 🙂

  11. Ça donne vraiment envie, et le fait que Nord et Sud soit une fausse romance ne me dérange pas du tout ; les autres thèmes traités m'intéressent vraiment ! C'est vrai que j'ai plusieurs fois entendu parler de ce roman, mais je n'ai jamais eu l'occasion de lire Elizabeth Gaskell. Une lacune à combler !

  12. Hiiiiiiii je riais toute seule à la lecture de ton billet, car…. je me reconnais tellement en te lisant (surtout pour les petits coeurs hein mouahaha ) !!! Richard avec sa belle voix sombre… pur fantasme ! Pour ce qui est de la série de BBC, les acteurs sont tout simplement fabuleux, tous autant qu'ils sont. Même ceux aux rôles détestables. J'ai adoré Mrs Thorton… même avec son coeur de pierre. J'ai découvert la série avant le roman et j'ai adoré les deux, bien que j'avoue que le John de la série m'a tellement happé que celui du livre m'avait l'air un peu plus "mou" (s'cusez l'expression hein)… enfin je veux dire il m'avait l'air moins ténébreux dans le livre que dans la série, moins sombre. Sur Youtube il y a la scène de la demande en mariage uncut (si tu ne l'as pas encore vu)… ;-p And… "Look back at me"… hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii :-)))

  13. Comme toi, le personnage de Mrs Thornton m'a plu, je ne la trouve pas si affreuse que ça quand on comprends ses motivations! Le John du roman est en fait bien plus en retenu, comme il sied à un jeune homme de son époque, je pense en fait… Quand à Richard, je crois que tout est dit! 😉

  14. Je n'arrive pas à le lire ce livre !!! Je suis bloquée au 6ème chapitre et je n'ai pas bougé. Comme je ne veux pas voir la série avant d'avoir lu le livre et bien, peut être l'année prochaine 😉

  15. Ah la la encore une fan de Richard ! Ah moi qui pensait pouvoir le garder pour moi ^^ En tout cas, je suis ravie de voir que tu as apprécié ta lecture ainsi que ton visionnage de la série ! J'avais eu un coup de cœur pour la série et beaucoup apprécié ma lecture du roman !

  16. C'est vrai que le rythme est assez lent, et qu'il y a quelques moments où j'ai un peu peiné pour avancer (surtout en VO!!!), l'ensemble en vaut la peine, ne lache pas! Ceci dit, je te comprends pour la série, j'ai fait la même chose (en fait je voulais tellement la voir que j'ai un peu forcé pour la lecture)!

  17. C'est mon programme de ce WE. Je dois finir ma Young lecture (17 Lunes de Kami Garcia) soit envie 300 pages et commencer ce livre de la littérature anglaise qui fait tant parler de lui. :)Tout ça ce WE. Oui, j'aime me mettre des défis improbable pour mon rythme de lectures. 🙂

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