Courting Greta

Contexte :

Scène de nuit, le téléphone est encore et plus que jamais notre meilleur ami.

Vous croyez que c’est facile de tenir un blog à 4 mains quand on se voit 2 fois par an, 3 les bonnes années ? Résultat, besoin d’une organisation de malade.

Surtout quand il s’agit de la saga de l’été.

Traditionnellement c’est T. qui s’en occupe toute seule, mais j’ai décidé de lui faire une faveur vu que depuis qu’elle participe à la reproduction de l’espèce, elle est un peu plus occupée.

Non je plaisante, c’est juste qu’on a brainstormé sur un sujet, qu’il y avait 14 tonnes de livres à lire et qu’on s’est dit que ça serait plus fun à deux. D’où mise au point dès le début du mois de mai d’un programme de lecture avec prévision des dates d’articles et ordre dans lequel il faut lire ce qui est encore à lire, le tout pour caler tous nos articles jusqu’à fin septembre ! (là où vous pouvez être rassurés du coup, c’est qu’on a pas prévu de fermer le blog avant ça)

1er livre sur ma liste, ça tombe bien, c’est un qui me tente plutôt :
Courting Greta de Ramsey Hootman

Vous avez compris depuis la semaine dernière, le thème c’est le héros vierge. Dans un historique c’est déjà rare, mais alors en contemporain, autant chercher une licorne et un farfadet en train de danser la gigue ! Autant essayer de prendre Nessie en photo lors de ses vacances au Pole Sud. On a trouvé quand même, vous verrez…

Ici, le ton est donné assez vite, on peut se douter de pourquoi le héros (Samuel) est vierge. Handicapé physique, ayant vécu dans sa petite bulle, détestant le monde entier (la peur de l’autre, cela arrive aussi aux personnes intelligentes, et Samuel – il déteste que l’on l’appelle Sam – a ses raison de se méfier) de manière assez indiscriminée, pas facile de passer à l’acte.

Mais quand un incident le pousse à sortir de sa torpeur, il plaque son travail grassement payé de consultant/génial inventeur informatique dans la Silicon Valley pour devenir prof de techno dans un lycée minable.

Entre l’étroitesse d’esprit du principal qui confond handicap et stupidité (à moins que ce ne soit sa stupidité à lui qui le handicape), les élèves qui sont, c’est bien connu, des modèles de cruauté par leur absence totale de limites (je ne connais pas grand chose de plus cruel qu’un ado de 15 ans), et les joies de la vie quotidienne du prof confronté à la pénurie de moyens matériels qui essaye quand même tant bien que mal de faire son travail correctement, Samuel se retrouve dans des situations assez peu heureuses et le choc des cultures est d’autant plus violent qu’il passe de San Francisco à une petite ville de province, du confort matériel à un environnement spartiate, et en fait, tout simplement que, non content de changer de travail, c’est sa vie entière qu’il bouleverse. Autant dire, pas la joie…

Jusqu’à ce qu’il rencontre Greta… la prof de sport.

Je voudrais vous dire que c’est une romance, mais ce livre est tout sauf romantique. Il parle d’amour oui. Il parle de la difficulté de baisser sa garde pour laisser d’autres êtres humains approcher, il parle de la perte des illusions, et de la découverte qu’il y a quand même une vie possible sans ces illusions. Il parle du fait qu’il n’est jamais trop tard et que l’amour et l’amitié peuvent venir de là où on l’attend le moins.

Pas d’envolées poétiques, pas de licornes, pas de paillettes. Jusque dans le sujet clé de la virginité et du sexe, tout est traité avec un réalisme âpre. Oui, âpre. Dur, un peu trop parfois. Rien n’est dissimulé, rien n’est éludé. C’est un éclairage cru sur la réalité dans ce qu’elle a parfois de plus rude, mais aussi de plus touchant, justement parce que les personnages sont réels.

Samuel et Greta ne sont pas beaux, ce ne sont pas de héros de romance, ils sont criblés d’imperfections autant physiques que morales. Il est égocentrique avec un complexe de victime, elle est enfermée dans ses secrets et incapable de communiquer un sentiment. Et pourtant, dès les premières pages, je voulais croire en leur histoire.

Dès les premières pages, l’auteur m’a accroché, je voulais savoir ce qu’il adviendrait d’eux, et je ne voulais pas lâcher le livre jusqu’à comprendre comment ils en étaient arrivés là.

Dans Courting Greta, c’est la vie qui reprend son souffle, et finalement, la virginité de Samuel n’est qu’un détail, qu’un marqueur de la distance qu’il a mis entre lui et le reste du monde. Par son handicap, c’est quelque chose auquel on peut croire, mais si il avait eu de l’expérience, l’histoire en aurait été la même – si ce n’est qu’il aurait peut-être déjà eu l’occasion de faire confiance.

Pour conclure, pas de révélation fondamentale sur le héros vierge comme sujet d’étude en romance, mais un livre habilement mené et une très belle découverte que je vous recommande !

Bonne lecture

Chi-Chi

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8 réflexions sur “Courting Greta

  1. Je suis la licorne et toi le farfadet? ou tu avais une autre vision? hihi
    Sinon, il est toujours dans ma PAL…. et je dans une nouvelle phase « pas envie de lire »….
    Fudge!!!!

  2. Pingback: Arrangements Privés | In need of prince charming

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