Réédition du 24/02/2011
Le néophyte pense souvent que romance = Harlequin = histoire à l’eau de rose gnan-gnan et pas très intelligente. Et c’est vrai que parfois, c’est le cas, comme avec SFALO, Carissa, Hiawatha ou Sophie… Mais Harlequin, c’est aussi la maison d’édition de Kristan Higgins! Preuve s’il en est qu’il ne faut jamais généraliser…
Des romances ratées, on en trouve chez tous les éditeurs finalement… Et je vais aujourd’hui vous parler d’un livre édité chez Avon (filiale de Harper Collins, et qui publie notamment Eloisa James et Julia Quinn). Livre qui concentre un nombre si important de phrases ridicules et de clichés que je n’ai pas réussi à dépasser la page 4. Peut-être ai-je eu tort, peut-être l’histoire est-elle merveilleuse, indépendamment de cette mauvaise première impression, je ne le saurais jamais !

Une fois n’est pas coutume, vous aurez droit à l’extrait des premières pages, disponible sur le site de l’auteur…

Sleeping single in a double bed? Then think pink, the color of love and romance! Wear pink to attract your Mr. Right – shell pink, rose, magenta, any hue will do. Snuggle between pink sheets, nosh on pink foods, and splash the doorway over your bedroom with passionate pink paint. When you’re ‘in the pink’ you won’t need to go looking for love, honey; it’s smack right into you! »
Georgiana Mundy’s Feng Shui For Lovers

Ouverture sur un extrait du best-seller de notre héroïne, « Le Feng-Shui pour amoureux ». Où elle nous conseille de penser rose pour attirer les hommes. Rose dragée, rose pâle, rose fuchsia, rose magenta, n’importe quelle nuance fera l’affaire. Et au passage, repeignez votre chambre en rose, investissez dans des vêtements roses et ne mangez plus que des aliments roses. A cet instant, je réalise ce qui manque à ma vie : les draps de mon lit ne sont pas roses! Et c’est sur, il a suffit de quelques lignes pour me convaincre, je crois qu’en réalité, tous les hommes sont attirés par le look barbe-à-papa d’une folle qui ne se nourrirait que de chamallows et de fraises Tagada (manger sainement, c’est pour celles qui veulent rester célibataires)…

Chapter 1

A bell pinged, and the set of double doors slid open. Stepping inside the empty elevator, Ethan Darling thumbed the button for the thirty-first floor, then crossed his arms and leaned his shoulder against the cherry wood paneling, watching as the polished steel panels begin to glide quietly together.
« Wait, wait, wait! »
Fingers fluttered between the closing doors like a frantic butterfly.

Ethan Darling, notre héros, est dans un magnifique ascenseur, dont aucun détail ne nous sera épargné : lambris en bois de cerisier ciré, portes en acier poli qui glissent silencieusement l’une vers l’autre, accompagnées par le tintinnabulement délicat d’une clochette (où comment remplir du vide avec rien)… Et des doigts qui s’agitent entre lesdites portes comme un papillon désespéré. Comme. Un. Papillon. Désespéré. Comme un papillon désespéré !!! J’espère que vous ressentez bien tout le désespoir du papillon en cet instant…

Without thinking, Ethan thrust his hand through the narrow gap, curling his fingers around the edge of the cool metal door at the exact moment a soft pink blur shot into the car and slammed into his chest, knocking him back a few steps. Her forehead conked him on the nose, sending a sharp pain up between his eyes, momentarily blurring his vision.
She was either a klutz or a clever assassin. Before he could decide which, her heel crunched down on his right foot, and he clenched his jaw to keep from calling her a very ungentlemanly name. Her abrupt movements caused her gigantic shoulder bag to gain the momentum of a wrecking ball, and as it headed directly for his nuts, he jerked his hips back just in time to salvage his manhood.

Première rencontre sportive entre Barbie et Ken, Barbie profitant de l’occasion pour casser le nez de Ken, lui écraser les orteils et faire une tentative de castration à coup de sac à main, tentative évitée  de justesse par les réflexes incroyables de Ken (oui, l’héroïne blonde habillée en rose, je suis désolée, c’est Barbie, et donc son héros ne peut être que Ken!). Bien sur, le tout se déroule en 3 secondes top chrono, et Ken pense que Barbie doit être une tueuse super-entrainée ou une sacrée maladroite. Ken a de l’humour. Une tueuse, c’est toujours la première chose qui me vient à l’esprit quand je me fais attaquer dans un ascenseur (ce qui m’arrive tous les jeudis à 14h30, pour information).

Somewhere along the line, he’d grabbed her shoulders and pulled her against his body to keep them both from falling. Through the fabric of his suit jacket and shirt, he felt firm muscle, solid bone, and warm feminine flesh where her boobs and belly met his torso.
Her head lowered, she was panting hard, and had looped her arms around his neck to steady herself. Anybody entering the elevator would have sworn they were lovers locked in a passionate embrace – unless they happened to notice the look of agony mixed with the ecstasy on his face.

Ken, malgré une douleur insoutenable, affiche sur son visage une expression proche de l’extase. Deux questions s’imposent à ton esprit, lecteur : comment sait-il que son visage exprime l’extase, et pourquoi une telle expression ? Eh bien il le sait car, comme tout bon héros de romance qui se respecte, il a un rétroviseur intégré! Voilà, un tabou est brisé, vous saurez tout des héros de romance aujourd’hui. Ce rétroviseur lui est tout à fait indispensable pour savoir ce que reflète son expression à tout instant (sinon, on ne sait jamais, il pourrait croire qu’il est en colère quand il a sommeil, ou qu’il est heureux quand on le menace de mort. Et avouez, ce serait embêtant pour la logique de l’intrigue). Et s’il est en extase, c’est car il est tout troublé dans son petit corps par la présence de Barbie, dont les bras sont entortillés autour de son cou (Barbie est une pieuvre en fait).

For a moment, the compartment grew quiet while he stared down at the top of her head. Finally, he murmured thinly, « You hurt? » She kept her head bent as she disentangled her arms from around his neck and pushed herself off him. In a husky voice, she whispered, « I’m embarrassed. »
He dropped his arms to his sides, suddenly not knowing what to do with them. Her body had fit him so perfectly, felt so good, he was almost sorry their little skirmish was over.
Running her fingers through her glorious tumble of long brown hair, she tried to smooth the tangled mass, but only succeeded in galvanizing his attention. Ms. Knockout was really a knockout.

Oups, Barbie est toute embarrassée, elle n’ose pas regarder Ken, elle se tortille et se tripote les cheveux. Barbie a 4 ans, 4 ans et demi les bons jours…

Finally she raised her face, their eyes locked, and she rushed, « You’re hurt! I hurt you! Oh, God, I’m so sorry! » She lifted her hand as if to touch his cheek, but seemed to think better of it, curled her fingers in, and lowered her arm.
« I’m fine, » he bit out, realizing as he did so, that the pain in his side had flared up again. Maybe his abrupt movements had irritated the scarring, but suddenly, the wound burned like hell, and it was all he could do to keep from snapping at her to leave him the hell alone.
She examined him more closely. « But I see pain there, in your eyes. Are you sure I didn’t— »

Barbie est désolée, Ken, lui, a très très mal… Lecteur, à cet instant, tu apprends qu’il a une blessure qui lui fait super mal (crédit blessure mystérieuse) et qu’il ne veut pas l’avouer, non non il va top bien (crédit virilité). Mais Barbie est une fille intelligente, elle ne s’en laisse pas conter, non non, elle peut lire la douleur, juste là, dans ses yeux. Oui, parfaitement, Barbie possède un super pouvoir, elle peut lire la douleur dans les yeux de Ken. Pas dans sa grimace, pas dans la façon dont il se tient, non, dans ses yeux.Je suis près de jeter l’éponge (et Georgie et ses jupons roses et Ethan et sa virilité mystérieuse en émoi avec)…

« Positive. » He wanted to clutch his ribs, but didn’t make a move.
A warning bell sounded, and he realized her purse had dropped into the open doorway, preventing the doors from closing. He reached past her to pick it up, the bell ceased ringing, the doors slid together, and the elevator began to rise.
Finally, he thought with relief as he handed the handbag to her.
She smiled sheepishly up at him. « I, um, I hope I didn’t cause any damage when my bag hit you. »

L’ascenseur repars, et là, Barbie choisit cet instant pour demander si son sac a causé des dégâts là où il a frappé. Mais si, souvenez-vous, le sac à main a essayé de castrer Ken, à l’insu du plein gré de sa propriétaire, et seuls les réflexes surhumains de notre héros ont permis de préserver l’avenir de l’humanité, et la descendance que nos héros voudront surement avoir un jour (non, pitié, n’essayez pas de vous reproduire !!!).

He shrugged, noticing the deep brown of her irises, sort of like melty pools of chocolate. Her lashes were dark, too, and sooty, making her eyes appear languid and mesmerizing. For a couple of seconds, he totally forgot how to breathe. If his heartbeat wasn’t set on automatic, he’d’ve needed jumper cables to get it going again.

Arnaque sur la marchandise, Ken nous dit que Barbie a les yeux qui ressemblent à des piscines de chocolat fondu, or je sais de source sure (ma petite cousine) que Barbie a les yeux bleus!L’auteur tente de nous vendre une contrefaçon, il est temps de fuir!!!D’autant que Ken a le cœur sur pilote automatique, et qu’il a bien peur que le regard de Barbie ne lui fasse tant d’effet qu’il faudra des câbles de batterie pour le faire repartir. Je comprends, moi aussi quand j’ai appris que Barbie était une usurpatrice, cela m’a perturbée…

Pardon mes chers lecteurs, je (et vous) ne saurez jamais la suite de cette histoire. Nous en sommes en bas de la page 3 et déjà, j’ai atteint mon quota de phrases et images stupides par livre, les quelques neurones qui ont survécu au poids des ans ne se remettraient pas de 200 pages supplémentaires au même rythme…

Mais je partage tout de même avec vous une triste nouvelle : Tam-Tam m’a demandé de vérifier la fin, et j’ai le regret de vous annoncer que Ken et Barbie n’ont pas entendu mes supplications, elle est enceinte. L’humanité est perdue…


Gilmore Girls

Ces derniers mois, j’ai procédé à me faire un marathon Gilmore Girls. Je sais, c’est à peut prêt 10 ans après tout le monde, mais mieux vaut tard que jamais pour découvrir Stars Hallow et ses habitants, non?


Et c’est simple, alors même que je n’étais qu’au milieu de la première saison, je voulais tout savoir, tout voir, tout de suite.
Heureusement, sa majesté a l’art de se rappeler à notre souvenir et c’est tout de même bercé à la voix de Lorelai, Rory et Luke que j’ai passé un certain nombre de mes soirées…

En plus je me donnais une bonne excuse, j’allais vous en parler, il fallait que je regarde ça avec attention afin d’être scupuleusement détaillée dans mon argumentaire……….. Et puis, je me suis laissée portée par les histoires de cette petite ville du Connecticut, ses personnages aux personnalitée colorées, et j’ai arrété de prendre des notes (oui, j’avais commencé comme ça). Et pire, nous voilà mardi soir, tard dans la soirée, et je me lance sans filet pour vous faire cet article qui paraitra demain. Parce qu’à force de procrastiner, cette fois çi, je vous la fait « au talent ».

Alors voilà, les Gilmore Girls c’est génial. Pourquoi?

Pour Lorelai, qui dans sa folie est d’une profondeur philosophique. Arrrggg ce que je voudrais avoir son sens de la repartie (et son métabolisme aussi).


Pour Rory, qui a la sagesse de l’ado qui a 45 ans à l’interieur, même si j’avoue, j’ai grincé des dents sur certains points. Mais bon, Lorelai et moi étions d’accord, alors tout allait bien!

Pour Sookie, qui me donne envie de manger dès que je regarde sa cuisine et que je l’écoute déclamer ses projets de repas.


Pour Michel, qui a fait de la mauvaise humeur une qualité. Oui, oui! Et puis comme ne pas rire à cet accent français (véritable et même pas exagéré, hourrayyy!) et cet amour des chien poilus et de Céline Dion?

Et enfin pour Luke. Ahhhhhhhh… soupirs… chaleur… Luke, c’est le héros de romance loyal et à l’écoute. Celui qui  sous sa casquette, cache une bonne dose de charme ultra masculin qui m’aurait arracher un grrrrrr si je n’avais pas eu un public (et zero alcool dans le sang).

Je vous laisse, et vous invite à aller vous faire (ou refaire) un marathon, c’est parfait pour l’hiver ce genre de série.

PS: le prince pas si charmant (qui a regardé on/off avec moi) ajoute même que l’absence de rires enregistrés est un gros plus (il est sensible, il n’aime pas les boite à rire, cherchez pas).

The Will

Il devrait exister un mot pour décrire cette sensation qui nous fait dire à la fin d’une lecture: « J’ai aimé le livre mais… », ou « Ce livre est trop bien mais… », ou encore « Très bon livre, mais… ». Ces phrases marchent parfaitement avec un « cependant », j’ai néanmoins la sensation que je suis plus prône à utiliser le mot « mais » quand je suis sous l’effet de l’émotion.

Mais revenons à notre livre, The Will de Kristen Ashley, qui bien entendu rentre dans la catégorie des livres « Génial, mais… » (il fallait bien un lien), et mettons nous dans le contexte:

Josephine Malone n’a jamais pu compter toute sa vie que sur sa grand-mère (comprendre, dans sa famille, il y a du fruit bien pourri), et la nécéssité a fait que notre héroine a appris à cacher ses émotions et à garder les autres à distance, histoire de ne pas se laisser dépasser. Cela ne l’a pas empêché de réussir sa vie et de devenir un gourou de la mode (j’imagine d’ailleurs que l’aura d’inaccessibilité a du participer à son succès, mais je m’égare). Mais voilà que sa grand-mère décède, et avec elle disparait l’ancrage que Josephine avait à ses racines (je suis d’une profondeur philosophique aujourd’hui).

Au moment de la lecture du testament (the will en anglais, ceci expliquant le titre), quelle n’est pas la surprise de Josephine en découvrant que sa grand-mère l’a leguée à Jake Spear. Leguée, elle, la personne, toute entière, corps et esprit, le tout enrobée dans de magnifiques tenues tendances…

Et de Jake, elle ne sait rien. Mais elle découvre qu’elle n’était pas la seule a aimer profondément sa grand-mère et alors qu’elle parcourait le monde de séances photos en expositions, Jake Spear et ses trois enfants avaient eux aussi trouvé en Lydia une grand-mère providentielle.

Alors comment lui refuser son dernier souhait. Bien entendu, ils ont tout deux conscience qu’on ne peut « léguer » une femme en héritage, mais par respect et amour pour la défunte, ils décident d’apprendre à se connaitre pour essayer de comprendre ce qui a pu motiver Lydia à inclure une telle modalité dans son testament….

Un pitch de folie hein? Et l’histoire est carrément bien menée, pas de ralentissements, de la matière et un travail de construction des personnages exemplaire, le tout enrobé dans une histoire fort agréable….. MAIS!

Arrrffff!!! Ce langage!!!!! Jake, c’est le fils caché d’un charretier et d’une poissonnière! Une horreur!

Alors oui, c’est un ancien boxeur. Oui, il est tout a fait admissible (et même parfois drôle) de lire des dialogues avec une bonne dose d’argot et de familiarité. On a l’impression d’assister à un match de ping-pong verbal. Oui, il n’est nul besoin de parler comme la Reine d’Angleterre pour que je sois satisfaite (j’ai même une bonne tolérance pour ce genre de chose). Et oui, un écart entre la très comme il faut, la très guindée et presque hautaine Joséphine et le fort mais un peu rustre Jake, c’est un délice rien que d’y penser. Mais arrrrggggggggg il y a un moment où mon seuil de tolérance pour les grossièretés a été franchi, et je suis au regret de dire que je l’ai franchi suffisamment tôt pour que cela me gâche une partie de mon plaisir.

Je veux dire, Jake n’est pas juste « limite » grossier, il est grossier à toutes les phrases, quelles que soient les circonstances: à l’épicerie, chez l’avocat, au restaurant, sous le coup de la colère ou quand il est d’un calme olympien, en balade, au travail, dans la cuisine avec ses 3 enfants, en tête à tête avec Josephine, le jour de l’enterrement, au téléphone, avec le principal du lycée, le maire, le barman, le postier, le jardinier, ses employés… TOUT LE TEMPS!!!!

Et ça, j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal à trouver ça crédible. Qu’on soit à l’aise dans son langage argotique et ses vulgarités, oui. Mais qu’on en arrive au point où on n’a plus de filtres qui permettent de différencier les moment où il faut être un minimum correct, juste, non.

Il met des F**** partout.

Et cerise sur le gâteau, pour une héroine qui nous est présentée comme hyper guidée, voire complètement coincée dans son langage et son attitude (mécanisme de protection et de distanciation), Joséphine ne semble pratiquement pas tiquer au nombre de grossièreté par phrases. Alors oui, elle doit protester une fois ou deux à cause des enfants. Mais elle s’adresse à l’enfant, pas à Jake. Je vous laisse imaginer ce que j’ai pu lever les yeux au ciel et grogner de douleur!

Après debrief avec Chi-Chi, j’ai appris que Kristen était connue pour cela et qu’elle utilisait du langage hyper familier dans ses romances parce qu’elle même en utilisait.

Du coup j’ai une question pour elle: Are you F*****ing kidding me?????????


De l’eau pour les éléphants

Réédition du 21/02/2011
Il y a un an, une amie très chère me tendait « De l’eau pour les éléphants » en me disant « Lis-le, l’histoire est magnifique ».
Je suis d’un naturel sceptique, un jour, on m’a tendu Twilight et on m’a dit sensiblement la même chose. Mais malgré toute l’affection que je porte à Chi-Chi, cette dernière n’est pas la seule à avoir très bon gout en matière littéraire.
J’ai donc pris le livre. J’ai retourné le livre. J’ai lu le résumé du livre. Et j’ai pâli. Intérieurement. Le thème central de l’histoire était le cirque.
Je n’aime pas le cirque. Je n’aime pas les acrobaties où les articulations ont l’air d’être faites de guimauve. Je n’aime pas les trapézistes qui virevoltent à 15 mètres  au dessus du sol et les lanceurs de couteaux qui risquent à tout moment de séparer un membre du reste du corps de leur assistance. Je n’aime pas les paillettes (n’est ce pas, dear ?). Et je n’aime pas les clowns !J’ai découvert le cirque avec Dumbo. Et ce Disney n’a rien de tendre : entre la cruauté de Monsieur Loyal envers ce pauvre petit éléphant et sa maman, et l’indifférence des autres animaux, mon cœur d’enfant a encore mal pour Dumbo. Comment oublier la séquence où l’éléphanteau, complètement ivre, nous fait partager ses hallucinations musicales qui ont peuplé mes cauchemars d’enfants pendant de nombreuses années (pour les courageux).
En plus, un clown, c’est super creepy. Ce faciès figé dans le maquillage, merci, mais non merci! Autant vous dire que je n’ai jamais lu les romans « Ça » de Stefen King, je n’en ai jamais eu besoin pour frissonner dans mes socquettes!

Mais j’ai confiance en mon amie. J’ai refoulé mon trauma d’enfant et je me suis lancée dans la lecture du roman de Sara Gruen.

Cela aurait pu virer à la catastrophe. Je me voyais déjà appeler Chi-Chi en catastrophe parce que je n’arrivais pas à dormir, que j’avais peur du noir et que des éléphants roses voulaient me piquer mes BN…

Dès les premières lignes de ce livre, un miracle a eu lieu. C’est bien simple, lorsque j’ai fini le livre, le soir même, j’avais les larmes aux yeux, des envies d’éléphant de compagnie qui me tiendrait chaud le soir…

L’histoire est bien écrite, intéressante et émouvante.
Jacob Jankowski est étudiant à l’école vétérinaire lorsqu’il perd ses parents dans un accident. Sans doute un peu perdu et sans doute un peu poussé par le désespoir, il saute dans le premier train qui passe. C’est celui du Cirque des frères Benzini. A bord du train, on n’accepte pas les passagers clandestins. S’il ne veut pas être jeté par dessus-bord, il va lui falloir gagner le droit de rester.

On découvre alors l’envers du décor. Car au-delà des paillettes et des projecteurs, la vie dans un cirque est dure. Il y a les stars qui occupent le centre de la piste, et les travailleurs de l’ombre. Mal nourris, maltraités, sous-payés, la Grande dépression n’a pas arrangé leur quotidien. Et par-delà les applaudissements de la foule, c’est un monde cruel qui s’articule autour d’un concept simple : tu travailles ou tu meurs.

(Disney 1 – mes illusions 0)

Malgré les difficultés, c’est dans cette dureté que Jakob va découvrir la valeur de sa vie, et s’y accrocher. De cette vie d’errance, il va faire un voyage initiatique, il découvrira les valeurs de l’amitié, du courage et de l’amour.

Au-delà d’une histoire captivante, ce roman est remarquablement écrit. Pendant tout le trajet que le train du cirque suit, j’ai senti la tension monter. J’ai appris à connaître les personnages imaginés par l’auteur. Du triangle amoureux au dressage des éléphants, cette histoire regorge de surprises. J’ai découvert l’Amérique de la Grande dépression et j’ai été déçue de voir le mot « fin » apparaitre.

Après réflexion, Dumbo mérite peut-être une seconde chance…

Bonne lecture,

PS : J’ai appris dernièrement que cette histoire avait été adaptée en film. La sortie de ce dernier est pour bientôt. J’hésite… D’autant que le rôle-titre est tenu par Robert Pattinson…

Qu’en pensez vous ?

Retrouver Blue Heron

Sans titre

Attention, ceci est un message important :

Vous avez vu ces deux livres ci-dessus?


Je sais que certaines ont été déçues par les derniers Kristan Higgins, et que tous les tomes de la série Blue Heron ne sont pas égaux. Moi aussi j’étais déçue. Et puis le temps a passé et j’ai eu envie de prendre des risques (audacieuse mais pas téméraire).

Motivée et pleine d’entrain, j’ai donc repris le cours de la série et lu Waiting on you et In your dreams, les histoires respectivement de Colleen et Lucas (des retrouvailles, enfer de damnation, pourtant j’ai aimé quand même!) et Emma et Jack (qui eux sont juste mignons tout plein).

C’est chou comme du Kristan Higgins quand elle est en forme, c’est léger et cela se laisse lire avec beaucoup de tendresse. En bref, une lecture parfaite pour affronter le mois de novembre, sa pluie et sa grisaille, emmitouflée dans une couette (d’ailleurs j’y retourne de ce pas).

C’est tout pour aujourd’hui!

(mes plus plates excuses, le boulot, tout ça tout ça… le temps de lire mais plus trop d’inspiration pour écrire)

(et puis c’est toujours mieux de ne pas spoiler!!!)

Bonne lecture,


Un ravisseur sans scrupules

Réédition du 17/02/2011

Le retour d’une guest-star en ces murs, en la personne de Lady D. qui nous avait déjà parlé de mes (et ses) chouchous, les Bridgerton. Et comme j’avais adoré son premier post, je lui ai demandé de retenter l’expérience pour nous!

J’espère que vous apprécierez autant que moi,


Dernièrement, j’ai lu Born in Sin, lequel avait été fabuleusement chroniqué par Tam-Tam (^_^) et cela a été un réel plaisir. Ces romans médiévaux sont un vrai délice tant les auteurs n’ont pas peur de prendre quelques libertés avec l’Histoire pour donner à nos héros des qualités modernes. Parce qu’une héroïne docile et fertile, non merci ! Mais attention à ce que le décalage avec la réalité de l’époque demeure léger et amusant car la limite avec le gênant est fine. On se souvient notamment de Miss Sophie Harlow. Cependant, quand il est bien dosé, elles parviennent à transcender le cliché pour faire une œuvre complètement délirante et particulièrement kiffante. Voilà, j’étais donc dans le ‘mood’ pour une romance du même ton. Et après l’avoir expliqué à Chi-Chi, ma précieuse guide, mon mentor, mon maître Yoda (les influences de Lady V, que voulez-vous…), elle me mît The Wedding (Ravisseur sans scrupules) entre les mains et me dit « Si tu aimes ce genre là, tu vas adorer celui-ci ! ». Youpi ! J’étais lancée, « Julie Garwood, ne me déçoit pas ! ».

Et elle ne m’a pas déçue.Nos héros se rencontrent pour la première fois en 1108. Notre charmante Brenna, 7ème d’une fratrie de 8, est hyperactive et a beaucoup de bêtises à son actif. Elle persiste notamment à vouloir attraper un porcelet pour en faire son animal de compagnie et ce n’est ni la boue ni l’odeur qui vont l’arrêter, au grand désespoir de sa nourrice. Son entourage tente de lui faire prendre conscience de ses travers en l’avertissant qu’avec ce comportement elle ne décrochera pas un mari de sitôt. Ainsi, quand un jour, un beau et grand garçon, au sourire ravageur, de passage dans sa demeure, la sauve in extremis des griffes d’une truie en furie (oui, ce sont des choses qui arrivent quand on tente de voler un petit à sa maman), elle le demande en mariage. Voyez-vous, Brenna (6 ans) redoute de causer du souci à son cher père et veut lui faciliter la tâche. Il n’y a pas d’âge pour commencer à prendre sa vie en main.

Vous l’avez compris son sauveur n’est autre que notre cher héros, Connor de son prénom, héritier de la noble famille MacAlister, qui n’avait à l’heure de cette anecdote qu’une quinzaine d’années. Petit briefing sur le (bien-entendu et c’est ce qui fait tout son charme ^_^) lourd passé de notre vaillant chevalier : il a vu son enfance s’envoler quand très jeune, son père est mort sous ses yeux, suite à une bataille sanglante. Avant de rendre l’âme, ce dernier fît promettre à son fils de retrouver le traître qui l’avait mené à sa défaite et au passage lui donne le petit conseil de ne pas tomber amoureux car bon, ça pue du cul. Connor vit donc, depuis ce jour-là, avec ce pesant désir de vengeance et de ne jamais tomber amoureux… (Merci Papa, tu nous facilites pas la tâche !) Quand, bien des années plus tard, il apprend que Brenna est la promise du Laird MacNare, son ennemi juré, qu’il croit être le traitre en question mais n’est pas en mesure de le prouver, il y voit l’occasion rêvée de lui faire un dernier affront. Et s’il acceptait enfin la demande en mariage que cette tendre enfant avait formulé 11 ans plus tôt ? Le voilà donc parti à la cueillette d’une femme sur les sentiers d’Ecosse.
Et notre histoire, qui commence réellement à ce moment, fait des étincelles!A commencer par le fait qu’elle est anglaise et lui écossais (enfin à peu près). Deux clans pas copains. Notre héros éprouve un sentiment profondément hostile à l’égard de ces « sous-hommes ». Intolérance : pas cool me direz vous. Mais si ! En l’occurrence, rien de plus craquant que ce Highlander, maquillé de peintures de guerre (si cela vous intéresse, je l’imagine comme un brave guerrier picte du Roi Arthur – le film), qui montre son mépris devant ce peuple qui ne connaît, d’après lui, ni le courage ni la loyauté. Il est même prêt à tuer en l’honneur de ces deux vertus, c’est dire l’importance qu’il leur donne ! Et nous, lectrices romantiques, on aime qu’il leur donne autant d’importance.

Ensuite, certains hommes possèdent une miette d’intuition en ce qui concerne la sensibilité féminine, mais pour notre héros, c’est un mystère absolu. Pourquoi diantre Brenna déplace-t-elle les draps du lit qu’il avait patiemment arrangé pour la nuit de noces, au centre du cercle formé par ses guerriers endormis? Je ne sais pas, peut-être parce qu’elle désire un brin d’intimité pour ce moment délicat ? DUH ! Vraiment, un homme aussi empoté avec sa femme, c’est adorable. De même, il pense que la vérité prévaut toujours !
Personnellement, je ne sais pas comment je réagirais si on m’expliquait qu’on m’avait choisi pour provoquer un vieux rival ainsi que pour assurer une descendance… Il y a des choses plus agréables à entendre. Toutefois, si Connor ne comprend rien à Brenna, elle au moins le comprend très bien (ah les femmes)!  Il est peut-être imbattable sur les champs de bataille, le plus fin des stratèges, mais le fonctionnement des dames, ça n’est (vraiment) pas (du tout) son domaine de prédilection et elle sait passer outre son handicap relationnel et rester confiante en l’avenir. (Merci, Brenna, t’es la meilleure !)
Enfin, Brenna, n’a pas changé. Et si maintenant, ce n’est plus après les porcelets qu’elle court, elle déborde tout de même d’imagination pour occuper ses journées. Ce qui ne va pas sans faire des frayeurs à notre valeureux highlander. Bien entendu, Laird MacAlister qui est respecté, admiré, obéi de TOUS (sans exception aucune) a bien du mal à rendre sa femme aussi disciplinée. Oui, Brenna est une femme plus que maligne, qui arrive toujours à dire ce qu’elle pense et à obtenir ce qu’elle veut de son époux (et pas seulement de son époux en fait). Cela ne manque pas d’amuser ses proches, et nous aussi lectrices!
Et pour clore, je préciserai juste qu’en plus de nous faire rêver avec ses héros hauts en couleur, l’auteur parvient à nous intéresser à la petite intrigue de fond. En effet, parallèlement à la love story, se trame une guerre, des trahisons, des déceptions accompagnées de cicatrices tenaces… Hin hin hin, suspense !

En bref, il s’agit là d’une histoire fun et sexy.

Amusez-vous bien,
Lady D.

La série des « Reckless brides »

Elizabeth Essex, pour beaucoup d’entre vous, ce sont des titres comme « A la recherche du plaisir », « Un soupçon de pêché » ou encore « Lady Dangeureuse », tous paru aux éditions J’ai lu pour elle. Mais comme à mon habitude, je ne fais rien comme tout le monde, et je n’ai lu aucun de ces trois opus, mais j’ai sauté directement sur la série des « Reckeless Brides », conseillée par Hibana.

Et Mama Hibana, je lui dit Merci!

Parce que cette série, j’ai aimé, et même beaucoup. Alors bien sûr, je pourrais vous faire un article par livre et être détaillée dans mon argumentaire. Je pourrais chercher à faire des traits d’humour et à vous éblouir de ma verve. Mais ce soir, j’ai pas envie. Et puis je me sens l’âme généreuse -à défaut d’avoir l’âme pointilleuse- et je me dis qu’une demi-douzaine de livres c’est mieux que juste un seul, et que si on s’y met tous ensemble, J’ai Lu fera traduire la série et nous aurons notre happily ever after?

Je rêve un peu, je sais. Mais ce n’est pas de ma faute, c’est l’influence d’Elizabeth sur moi, voyez donc!

Tome 1: Almost a Scandal, avec Sally Kent et Lieutenant David Colyear

Ce livre est un classique parmi les classiques. Sally décide de sauver l’honneur de sa famille en se déguisant en garçon avant de s’enrôler sur le navire « Audacious ». Petite variante du traditionnel héros capitaine, ici, Colyear n’est « que » Lieutenant. Mais c’est la Navy de sa Royale Majesté, pas un simple bateau pirate, ou encore marchand, où les règles sont moins strictes.

C’est en pleine période napoléonienne, à l’aube de Trafalgar. C’est plein de clichés, c’est plein de termes maritimes. Mais ahhhhhh…. J’ai adoré! Le livre est mené tambour battant, et j’ai gloussé, entre deux clichés, j’ai gloussé comme une dinde distinguée en me disant que quand même, c’était pas très plausible tout ça, mais que c’était délicieux.

C’est un peu comme si on réussissait enfin à faire la mousse au chocolat qui fait pas grossir, et ça, il n’y a guère qu’en romance que c’est possible. Parce que bon, un femme, seule entourée d’hommes avec zéro intimité, je vous laisse imaginer les tenants et aboutissants d’une telle situation.

Quoiqu’il en soit, à lire à tout prix celui-là, parce qu’on couine. Et que le couinement, c’est bon pour la santé, nah!

Tome 2: A breath of Scandal, avec Antigone Preston et Capitaine William Jellioe

Et celui aussi traite d’un thème classique: le mariage arrangé! (*petite danse de la joie, nous adorons ça*) et l’héroine a un prénom absolument décapant: ANTIGONE!!!!

Cette héroïne tragique qui aura son happy end, j’adore le concept!

Pour ce qui est de l’histoire, vous aurez envie de faire périr la maman d’Antigone dans d’atroces souffrances (j’ai pour ma part imaginé ma main aidant son visage à entrer en contact avec le crépi d’un mur, et frotter vigoureusement les deux surfaces en contact), vous aurez par moment envie de dire aux héros « communication les gars!!! », mais globalement, ils seront tout deux tellement cute et sweet, que vous leur pardonnerez (surtout lui… ohhhh que oui!!!)!

Tome 3: Scandal in the night avec Cat Rowan et Thomas Jellicoe

Celui là, je l’ai commencé, il y avait une histoire de retour du fils prodige, d’identité secrète et d’espionnage… Et puis BAM! J’ai eu la révélation, c’était une histoire de retrouvailles. Et je suis pas fan des histoire de retrouvailles. Du tout. Si bien que je n’ai jamais fini. Parce qu’en plus de ne pas être une fan des retrouvailles, je n’ai aucun souci à ne pas lire tous les livres d’une série. Je suis donc passé au tome suivant…

Tome 3,5: The scandal before Christmas avec Anne Lesley et Lieutenant Ian Worth

C’est une nouvelle, très bien faite, aussi bien que celles de Courtney Milan. Elle se passe sur les îles anglo-normandes (comme Le cercle littéraire des amateurs de patates) et il est là encore question d’un mariage arrangé. La romance est super tendre et les héros adorables en tout point. Et fidèle à mon habitude, c’est le genre de romance qui me donne encore plus envie de visiter les îles en question…

Tome 4: After the Scandal avec Lady Claire Jellicoe et Timothy Evans, Duke de Fenmore

Celui ci est mon préféré de tous! Un swoon absolu du début à la fin.

Lui a un passé un peu sombre et il n’a pas toujours été Duc. Il a grandi dans la rue et elle est la fille d’un Comte. Il est sous son charme depuis des lustres mais l’admire uniquement de loin car il ne se sent pas faisant parti du « beau monde ». Mais quand il la sauve d’un viol, l’équilibre change et il décide que la destinée l’a mise sur son chemin et qu’elle est sienne (ses mots, pas les miens) (*soupiiiirrrrs*).

Encore une histoire un tantinet invraisemblable, mais tellement adorable avec cette héroïne intelligente et fine, et la naissance des sentiments qui m’a tenu en haleine pendant tout le livre!

J’ai A-Do-Ré!!!

Tome 5: A scandal to remember avec Jane Burke et Lieutenant Charles Dance

Décevant à mort. Complètement oubliable. Si les livres de cette séries sont par moment sérieusement difficile à croire, celui là ne se rachète pas et j’ai atteint le stade des yeux qui se lèvent sans interruption. Et cela finit par être agaçant, je veux dire l’île déserte…. pleaaassseee!!!

Bref, passez votre chemin et restez sur les gloussement et autres soupirs du tome précédent!

Bilan de la série:
Sur un total de 5 livre et demi (une nouvelle, c’est quand même pas le même investissement en temps qu’une romance au format traditionnel), il y en a un que je n’ai pas aimé, et un que je n’ai pas fini. Alors vous me direz, mais si tu as fait l’effort de finir le tome 5, pourquoi ne pas avoir retenté le tome 3? J’ai de bonnes raisons mes chers amis.

Tout d’abord, je ne me suis pas contentée de lire la 4ème, découvrir qu’il s’agissait d’une histoire de retrouvailles et fait la grimace avant de reposer le livre. Non, je l’ai vraiment commencé. J’ai lu les premiers chapitres même. Et je n’ai eu d’alchimie. J’ai même grincé des dents, ce qui dans l’absolu n’est pas grave, mais ajoutez à cela l’élément « retrouvailles »… Bref…

Ensuite, il s’agissait du tome 3. Et il m’est arrivé dans ma carrière de princesse d’insister sur un tome dans une série, juste parce que je voulais vraiment lire toute la série convenablement… Et finalement, je n’ai 1) jamais fini le-dit livre et 2) je n’ai jamais continué la série. C’est sans doute une question de rythme, une fois perdu, il est très difficile à retrouver. Imaginez vous une vieille voiture roulant en côte, quand soudainement elle se voit contrainte de ralentir (tracteur, voiture pot-de-yaourt and co.) (notez, les voitures sans permis, appelées ici « pot de yaourt », je leur donne un autre surnom, mais je ne suis pas sure que Chi-Chi approuve mon terme « suppositoire à camion »), comme c’est une vieille voiture, une fois tout son bel élan perdu, elle va aussi vite que le cycliste aux jambons frétillants qui la double par la gauche….

Et bien , lire une série, c’est un peu comme ça pour moi. Il faut que je reste dans l’ambiance. Surtout quand je pars à la découverte d’une nouvelle auteur!

Voilà, vous savez à quoi vous en tenir, j’arrête mon billet fleuve et vous souhaite une bonne lecture,


Vampire et Célibataire

Cela faisait longtemps qu’on avait pas parlé vampires… Qu’ils soient Dark Hunter, qu’ils habitent en Louisiane, ou qu’ils soient parents célibataires, ils sont sur toutes les lèvres et peuplent les étalages des meilleures librairies. Il me coûte de l’évoquer, mais mon éthique morale de chroniqueuse me pousse à parler du tsunami qu’a été la sortie des quatre opus de la série Twilight. A elle seule, cette série témoigne de l’engouement de l’édition et de ses lecteurs pour nos héros de la nuit.Ce mouvement a un nom. La bit-lit.

N’en déplaise à ma chère Chi-Chi qui, il y a quelques semaines, me catapultait fantasy experte de notre duo, si j’admets fort volontiers aimer ce genre, je n’en fais pas ma lecture systématique. Je suis encore loin du doctorat en bit-lit, mais mon esprit curieux a cherché à se renseigner sur la question. Qu’est-ce que la bit-lit ?

Si j’en crois les différents textes qui en parlent, la bit-lit est un sous-genre de l’urban fantasy. Il s’agit donc de livres fantastiques dont l’histoire se déroule dans un contexte contemporain. Leur valeur ajoutée ? Les vampires, garous et autres gnomes sont des personnages appartenant à la réalité de ces histoires.

Le marché nous propose un nombre impressionnant de nouvelles histoires et auteurs spécialisés dans ce sous-genre. Je suis une lectrice difficile mais MaryJanice Davidson a su gagner mon cœur avec sa série « Queen Betsy », à l’humour léger avec une pointe girly.

Dans « Vampire et Célibataire », Besty, secrétaire au chômage est tuée dans un accident de voiture le jour même de son anniversaire. Mais Besty, au lieu de mourir proprement et de manière définitive, se réveille dans son cercueil, à la morgue.

La voilà donc sans travail, sans pouls, et condamné au régime liquide. Mais si on lui a appris qu’il ne fallait pas mâcher la bouche pleine, elle ne sait rien de cette nouvelle existence qui s’impose à elle, ni de l’étiquette à suivre en matière de hiérarchie vampire.

N’en déplaise aux chasseurs de la nuits à l’aura sombre et ténébreuse, les histoires de vampires où le chaos, l’obscurité et la fatalité d’un avenir sombre transparaissent à chaque page ont eu tôt fait de me lasser, et c’est avec soulagement et joie que l’on m’a fait découvrir cette héroïne qui n’a pas choisie de devenir un vampire, qui trouve que boire du sang n’est pas vraiment sa tasse de thé et qui considère qu’une prophétie écrite à l’encre de sang dans un manuscrit qui rend fou si on le lit trop longtemps n’est pas vraiment dans son idée du fun.

Assortie d’une flopée de truculents personnages pour lui donner la réplique (mot du jour, truculent, ça change de haut en couleurs), les aventures de cette jeune blonde sont exactement ce dont j’ai besoin en hiver : de l’humour, de l’esprit et un sens de style et de la réplique acéré.

Sans même me connaitre, l’auteur sait déjà comment me faire plaisir puisqu’elle a déjà écrit plus d’une demie douzaine de volumes pour cette série. Les mois d’hiver sont longs, j’ai mené un combat rangé contre mon envie compulsive de tous les lire d’une traite et je m’en suis gardé quelques-uns pour les grands moments de disette.

En attendant, le bilan de la lecture des trois premiers tomes parle de lui-même : 17 sourires, 6 éclats de rire et 3 ricanements, me valant au passage de nombreux regards menaçant de la part de ma voisine dans le train. Une histoire de vampire simple qui fonctionne. Tout cela, sans fin du monde prévue par une voyante borgne vouant les héros à un combat  légendaire dont l’issu déterminera de l’avenir du monde!

Bonne lecture