En Sursis – KGI 1


Pour les habituées de ces murs, la déclaration suivante ne sera pas une surprise : j’aime les hommes pleins de testostérone.

Il n’y a qu’à voir mon amour des Linda Howard, ou mon amour des highlanders (en général et en particulier, évidemment), et la couleur de mes joues lorsque l’on me parle de Batman

Aussi, lorsque Hibana m’a parlé des héros muy sexy de Maya Banks, je me suis dit pourquoi pas, puis elle a ajouté qu’ils étaient « bien testostéronés », et là, j’ai fait « un homme sexy avec sauce testostérone, un! ».

C’est ainsi que le restaurant des princesses vous propose aujourd’hui Ethan Kelly sur un plateau…

Le héros de « En sursis » de Maya Banks vient de passer toute l’année à pleurer sa femme disparue (il nous la fait dans le genre inconsolable, ma vie est finie, que vais-je faire sans elle) quand tout à coup il reçoit un courrier lui révélant que 1) sa douce Rachel n’est pas morte mais que 2) elle a été kidnappé par un cartel d’Amérique latine qui la retient prisonnière dans la jungle (je suis pleine d’humour noir aujourd’hui et je dois me retenir pour ne pas appeler l’héroïne Ingrid…).

Le sang de notre héros se regonfle de testostérone et il organise une mission sauvetage avec ses frères tous membre d’un club d’élite testostéroné nommé le KGI…

Quand j’ai lu le synopsis, qui vous dévoile plus ou moins cela (sans doute de manière plus alléchante), je me suis dit « Chic! une course poursuite dans la jungle pleine de suspense et de tension (sensuelle ou pas hein, je ne suis pas sectaire)! ». J’étais même prête à fermer les yeux sur le fait que nos deux héros allaient se « retrouver » (vous nous connaissez, nous et les retrouvailles…). Je m’étais raisonnée en me disant que cela ne faisait qu’un an, toussa…

Sauf que voilà, cela ne s’est pas déroulé comme je l’avait envisagé.
Spoilons un peu pour les besoins de mon argumentaire.

Tout d’abord, la mission de sauvetage est bouclée en 2 chapitres environ, ce qui fait que la quasi totalité du livre nous raconte la vie après le retour. Ce qui n’est pas un problème en soit.

Sauf que…
Spoilons un chouilla plus…

Ethan est affublée du syndrome « ne parlons de rien, dès fois que cela pourrait faire avancer le schmilblick ». En effet, Rachel vient de passer un an en captivité. Ses geôliers l’ont rendue addict à l’héroïne (pour adoucir son quotidien sans doute) et elle est atteinte d’amnésie. Mais juste avant l’enlèvement, le mariage avait perdu les paillettes. Les licornes s’en étaient allées et Ethan, dans un élan de stupidité avérée s’est dit que si il lui parlait de sa vie d’avant, elle allait forcément le quitter.

Ha. Ha. Ha.

Ahhhh il est beau le courage du héros. Mieux vaut ne pas l’aider à aller mieux, dès fois qu’elle se souviendrait que j’ai été un goujat et qu’elle me quitte à nouveau. Infaillible comme plan, c’est bien connu.

En Sursis n’obtient pas d’étoiles au Michelin des princesses, loin de là, mais je dois tout de même reconnaitre à l’auteur un talent avéré pour la mise en place des personnages secondaires. Parce que je n’ai qu’une envie, lire la suite!

Tam-Tam

 

Playlist/Booklist, même combat

(Réédition du 21/10/10)
En ce jour de (presque) départ en vacances pour beaucoup d’entre vous (et je précise bien « vous », puisque je reste enchaînée à mon travail pendant ce temps…), j’ai décidé dans ma très grande générosité de vous faire part d’une petite liste de lecture à mettre dans vos bagages. C’est bien connu, aucunes vacances ne sauraient être réussies sans une pile de livres adéquate. J’aime toujours recevoir des recommandations de lectures, et l’approche des vacances est particulièrement faste en la matière, car je sais que j’aurais le temps de lire encore plus, et je veux être parée!
De même que certains ont une playlist de leurs vacances, la lectrice compulsive a une booklist, construite avec le plus grand soin. Il faut un nombre de livre qui ne soit pas trop important (lourd dans la valise) mais pas trop réduit non plus (rien de pire que de se retrouver à sec). Il faut des genres différents, des auteurs variés, pour ne pas tomber dans la lassitude ou, catastrophe, se retrouver avec une série entière de déceptions qui, plus sûrement que n’importe quel caprice météorologique, peut saboter un voyage (ne me dites pas que je suis la seule à pense cela?)… Bref, la booklist de vacances se travaille, se peaufine, et n’est pourtant jamais optimale!
Vous me pardonnerez cette introduction désastreusement peu inspirée, j’en rejette l’entière responsabilité sur le dos du ménage qui a refusé de se faire tout seul (pourtant, je le lui avais demandé très gentiment, et ce depuis plus d’une semaine – on ne peut vraiment plus compter sur personne de nos jours…)!
Sans plus de cérémonies, voici en vrac quelques titres que je vous recommande :

  •     Married for a month (Tous mariés) de Susan Mallery : à l’époque de ma lointaine jeunesse, quand je n’étais pas encore allergique aux histoires de retrouvailles, je m’étais laissée tenter par cette histoire de deux psys qui, pour prouver leurs théories opposées sur le mariage, se lançaient dans un concours très médiatisé à base de « qui réussira à former le plus de couples durables dans un délai imparti ». Et parce que c’est un Susan Mallery, je n’ai pas regretté mon choix, c’est un livre à lire et à garder!
  •     Too good to be true de Kristan Higgins : voilà une autre œuvre de mon coup de cœur de cet été, qui reste dans la même veine. Le fiancé de Grace a annulé leur mariage 3 semaines avant le jour J car il était tombé amoureux de sa sœur (celle de Grace, pas celle du fiancé, n’est-ce pas…). Et pour empêcher sa famille de lui demander si elle a remplacé le-dit fiancé, elle s’invente un nouvel amoureux. Pas très mature certes, mais plutôt efficace! Profitant de ce répit, Grace s’intéresse d’un peu plus près à son charmant voisin, qui, certes, n’est pas du tout son type en théorie, mais est néanmoins fort appétissant à regarder! Kristan Higgins nous dépeint encore une fois des personnages tout en nuances, et elle a un talent rare pour écrire des scènes qui font palpiter d’émotion mon petit cœur de midinette…
  •     Twenties girl (Chère Sadie) de Sophie Kinsella : le jour de l’enterrement de sa grand-tante Sadie, qu’elle a à peine connue, Lara rencontre une jeune fille vêtue à la mode des années 20 : le fantôme de Sadie! Évidemment, elle est quelque peu surprise (qui ne le serait pas), d’autant que Sadie n’a qu’une idée en tête : retrouver son collier libellule, un magnifique bijou art nouveau disparu entre la maison de retraite et le cimetière… A mesure que Lara accepte la présence de Sadie et se décide à l’aider, elle est amenée à dépasser ses limites, et, se retrouvant dans des situations tout à fait incongrues, s’en retrouve elle-même transformée, dans le meilleur sens possible.
  •     Open Season (La chasse est ouverte) de Linda Howard : cet auteur est une valeur sure de la romance policière, ses intrigues sont toujours bien ficelées, et ses personnages absolument mémorables (surtout ses héros)! Ici, l’héroïne est une libraire plutôt coincée qui, à 34 ans, en à marre de sa petite vie calme (et de sa virginité). Un relooking plus tard, elle se met à fréquenter les bars/clubs du coin, et se retrouve témoin de quelque chose de pas très légal. Jack, notre héros (et accessoirement shérif local) se fera un plaisir de la protéger, de démasquer les méchants et au passage de séduire notre demoiselle en détresse…
  •     Le mec de la tombe d’à coté de Katarina Mazetti : ce livre n’est pas officiellement une romance, mais il s’agit indubitablement d’une histoire d’amour! Désirée et Benny se rencontrent dans un cimetière. Elle vient rendre visite à son mari, il met des fleurs sur la tombe de sa mère. Tout les opposent, elle est citadine, calme, sophistiquée, cultivée. Il est fermier, bourru, caustique. Et pourtant, quelque chose irrésistible les attirent l’un vers l’autre. C’est un roman tendre et drôle, à lire absolument!

Bonnes lectures et bonnes vacances pour les chanceuse qui en auront!

Chi-Chi

Mia – L’île des trois sœurs 3

mia

Après Nell et Ripley, voici (enfin) le dernier opus de la trilogie de Nora Roberts qui sort le 7 mai (youhhouhh, je suis en avance d’une petite semaine, juste assez pour vous faire envie niark niark!). Et… Malheureusement… Ce n’est pas mon préféré (ratéééééé!!).

Ce qu’il faut savoir sur NR, elle aime la constance et les schémas reproductibles. Je veux dire, si vous aussi avez lu quelques unes de ses séries, vous avez sans doute remarqué que ses personnages sont similaires dans les grands traits.

Ainsi il y a toujours ce personnage fragile et blessé. Dans la trilogie des 3 sœurs, il s’agit de Nell, mais dans d’autres séries elle s’appelle Brianna (Les trois sœurs) (oui, faut suivre), Cassie (frères McKade), Grace (frères Quinn), Tia (La fortune des Sullivan), ou encore Lily (Meurtres au Montana).

Et le personnage de Mia est aussi un standard Robertsien. C’est la flamboyante, forte et absolument sublime avec sa cascade de cheveux (à la princesse Disney), parfois rousse mais pas toujours, un charme légendaire, un caractère en acier trempé et un tempérament de feu. C’est l’emmerdeuse aussi un peu. A toujours être parfaite sans un pli de travers, moi elle me donne souvent des complexes. Et vous ajoutez à cela l’élément « retrouvailles » et vous comprenez pourquoi, non, cette histoire n’est pas ma préférée.

Mais c’est tout de même la conclusion de la trilogie, donc on peut difficilement passer à côté…

A la conclusion du tome 2, nous avions donc laisser Nell avec son shérif, Ripley avec son docteur (spoilers de la mort, je sais, toutes mes excuses) et de plus en plus la prophétie et sa malédiction menacent… Quand nous apprenons le retour de Sam le méga grand amour de Mia.

Celui là même qui lui a brisé le cœur en très très nombreux minuscules morceaux… Et si certaines personnes aiment à passer des heures à assembler les morceaux d’un puzzle, Mia me semble faire parti de cette catégorie de personnes qui s’est arrêté au puzzle pour enfant 50 pièces (non, mais après c’est du masochisme quand même). Elle a ramassé tous les morceaux (comme elle a pu), elle mis le tout dans un sac, a fermé le sac et a décrété avec aplomb qu’a partir de maintenant, on n’en parlait plus.

Cette technique, au delà du fait qu’elle permet de fonctionner à nouveau plutôt rapidement, est quand même compliqué pour l’entourage qui a pour obligation de faire « comme si rien ne s’était passé ». Si bien que lorsque notre ami Sam revient (sans avoir bu une goutte d’alcool nul doute)(ceux qui comprenne la référence, je vous aime), le mirage « tout va bien » vole légèrement en éclats (sans blague!).

La suite est somme toute prévisible, puisque c’est une histoire de retrouvaille, mais n’ayez crainte, vous aurez le droit au feu d’artifice final avec annihilation du méchant (genre, spoiler de la mort, un happy end dans une romance).

De mémoire, cette trilogie est une des première de NR où il est question de magie. La grande dame de la romance en a sorti moulte depuis (avec des fantomes, des elfes, des cercles de pierres, des vampires… you name it!). Mais celle ci, elle résonne encore de l’époque de sa publication, et à l’époque où je l’ai lu pour la première fois, j’étais dans la foulée de la trilogie irlandaise… Du coup j’ai aimé, vraiment.

Après relecture, je vois mieux les défauts, mais ce qu’il y a de bien avec Nora, c’est finalement cette constante dans les schémas. On sait dans quoi on s’embarque, et on passe un très bon moment.

Alors, lisez cette trilogie, ou si vraiment vous n’avez pas même le temps de vous laver les cheveux, juste le second opus (pour me faire plaisir).

Bonne lecture,
Tam-Tam

Quand vous reverrais-je enfin?

(Réédition du 25/08/10)
Il est un grand classique de la romance que je trouve très délicat à réussir : les retrouvailles.Chi-Chi me faisait d’ailleurs part il y a peu de sa difficulté à en trouver qui lui plaise au point de la faire partir dans des envolées lyriques de compliments sur le style, l’auteur, l’histoire, les personnages… Et moi, toujours optimiste de lui répondre « Non, tu trouves ? Je n’ai jamais remarqué… ».Pendant un temps, je n’ai pas donné plus de poids que cela à ses dires (désolée très chère…) et j’ai continué allègrement à lire des histoires de retrouvailles.

Pourtant, en refermant certains livres, j’ai commencé à comprendre les éléments qui dérangeaient notre chère Chi-Chi, ces éléments qui par accumulation peuvent rendre le livre très difficile à lire, et gâcher une partie de la lecture.

Hier au soir, confortablement installée dans mon royal canapé rouge, j’ai fini « Enchanted Afternoon » (Le pavillion du lac) de Susan Wiggs, l’histoire de la sœur de l’héroïne de «Halfway to Heaven ».

Nous avions quitté Helena sur le point de se marier à Troy Barnes, sénateur en herbe, après avoir vu son cœur brisé par le très brillant Michael Rowan, scientifique aux chaussettes dépareillées et aux doigts agiles – NDLR vous apprendrez qu’en romance, les scientifiques aux chaussettes dépareillées ont un potentiel de sexitude que je n’ai que très rarement retrouvé dans la vraie vie.

Loin de moi l’idée de généraliser la « non-sexitude » du scientifique, mais plutôt celui de toute personne avec les chaussettes dépareillées… D’ailleurs, si on peut voir avec précision que les chaussettes sont dépareillées, c’est qu’on a affaire soit à un scientifique allemand en short à bretelles et chaussettes dépareillées montantes ou un scientifique un peu naïf qui ne sait pas qu’il faut toujours enlever ses chaussettes en premier ! Dans les deux cas, sur une échelle de zéro à Hugh Jackman, l’homme perd des points…

Mais revenons-en à notre chère Héléna…

Nous la retrouvons aujourd’hui mariée et mère, portant le deuil de son père décédé quelques temps auparavant et…battue par le vicieux sénateur qui lui sert d’époux!

Elle décide donc d’appeler son ancien amant à l’aide pour divorcer de « l’autre » (j’aurais bien qualifié cet autre avec un peu plus de précision, mais je crains de ne pas pouvoir me retenir quant à tous les noms d’oiseaux que j’aime à accoler aux hommes qui s’en prennent à leur famille…).

Dans un premier temps, le professeur refuse, mais l’intrigue s’épaissit lorsqu’il réalise que 1) le jeune William a les yeux de sa mère (et les siens par la même occasion) et 2) que la magnifique Helena est couverte des bleus de sa dernière rencontre avec « une porte » !

Je vous parlais plus tôt des éléments qui ont fini par me faire tiquer dans les romans de retrouvailles, ici bien que manié avec le talent dont Susan Wiggs sait faire preuve, je n’ai pu m’empêcher de lever les yeux au ciel à deux ou trois reprises.

- L’enfant caché : vraiment, vous croisez une ancienne amante, et votre premier instinct est de penser que l’enfant qui a 4 ans est peut être le votre ? Il est vrai, des circonstances font que cela peut s’avérer exact, mais là encore, comment font ces hommes pour « se reconnaitre immédiatement dans le reflet du regard de l’enfant » ? Le coup des yeux bleu dont l’iris est constellé de taches violettes en forme de trèfles à 4 feuilles ou de la mèche rebelle qui prend l’exacte forme d’une virgule sur la tempe de l’enfant cela devient un peu fatiguant à la longue…et ne parlons même pas des jeunes filles qui sont l’image même de la mère de l’ex-amant, cette dernière étant souvent morte dans des circonstances atroces…

Dans notre livre, William aime à dépareiller ses chaussettes, compte le temps à la seconde près, fait preuve d’une intelligence assez impressionnante et a des yeux bleu profond exactement comme ce cher professeur et sa chère maman morte dans la pauvreté…

- La rancœur de l’homme bafoué : alors ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ces dames se fustigent alors qu’aux dernières nouvelles c’étaient ces messieurs qui les avaient larguées comme de vieilles chaussettes ? Lorsqu’un enfant entre dans l’équation, c’est pire. L’homme parle de viol de ses droits, de mensonges…et j’en passe. Objection votre honneur, vous avez la mémoire courte, la grossesse vous a été annoncée, mais vous avez choisi d’ignorer la véracité des dires de votre ancienne amante… Que je sache, vous ne vous êtes jamais inquiété de savoir comment elle allait après l’avoir rayée de votre existence ?

Dans le roman, Rowan est choqué qu’Helena ait gardé l’information pour elle… Euhhhh à la question « si j’étais enceinte, qu’adviendrait il de nous ? » il me semble me souvenir que vous avez répondu « je ne tomberai pas dans un piège aussi vieux » cher professeur ! Et je me permets de vous rappeler que la naissance du fils d’un sénateur n’est pas comme qui dirait un secret. Je pense que si vous aviez eu des doutes, vous auriez pu vous enquérir vous-même de votre rôle dans cette naissance ! Moi qui pensais que vous étiez un brillant scientifique, j’avais imaginé que vous saviez compter !

- L’attraction animale entre les héros dès leurs retrouvailles. Alors, qu’on ait encore des sentiments dans les mois qui suivent une rupture… soit! Qu’on ait encore envie de faire des galipettes sous la couette après rupture, je conçois… Mais qu’on n’arrive pas à se retenir de tomber dans les bras du type qui vous a fait souffrir 3 jours après l’avoir revu, j’ai un peu du mal à avaler… surtout quand cela sous entend la ré-éclosion des sentiments ! Je ne sais pas… elle n’est pas un peu en colère contre ce qu’il a fait ?

Dans le roman, c’est tout juste si Rowan ne propose pas à Helena de renouer leur relation physique d’entrée de jeu… Bon, je dois reconnaitre qu’elle ne se laisse pas faire, ce que je trouve tout à son honneur. Et les héros ne renouent leur relation que « tard » dans le roman (au moins plusieurs semaines après leurs retrouvailles) ce qui rend le tout plausible… mais vraiment, je suis ébahie par cette capacité à oublier la douleur de la séparation !

Ce roman est heureusement écrit par Susan Wiggs qui sait trouver les mots pour développer son histoire au-delà des retrouvailles entre les deux personnages. Ici, il est question de la position de la femme dans l’Amérique du début du siècle, des possibilités de refuge pour les femmes battues, de la question du père, de la pression du scandale et des magouilles politiques…

J’ai compris hier soir ce que voulait me dire Chi-Chi lorsqu’elle parlait de la recette difficile des retrouvailles. Il ne faut pas que l’histoire ne tourne qu’autour du conflit et du passé des héros. Malheureusement les auteurs en font parfois un peu trop, et le livre s’en ressent.

Les histoires de retrouvailles sont délicates, Susan Wiggs n’obtient pas la note maximale ici, mais un simple C.

Mais ne craignez rien, nous saurons vous trouver des histoires de retrouvailles qui valent un magnifique A+ !

Bonne lecture
Tam-Tam

Trial by desire

Pffiouuuu… Je suis encore sous le choc du post de Chi-Chi, du coup, je ne sais pas comment je vais réussir à égaler Nora ce lundi. Parce que ce qu’il faut retenir, c’est que sur la masse d’écrits de cette auteur, il y a forcément un roman qui va vous faire vibrer, et que toute princesse passe par une phase Nora. c’est inéluctable… (un peu comme la mort et les impôts, mais en plus rose).

Mais revenons à nos moutons. Car je vous imagine d’ici derrière vos écrans, l’interrogation dans le regard, le sourcil froncés, le doute au coin de la lèvre… « Avons-nous bien lu? Tam-Tam serait-elle tombée malade? Car il n’y a guère que la folie passagère qui la pousserait à travailler dans l’anticipation et non dans l’urgence (oui, parce que si je parle du post de Chi-Chi, nous sommes encore vendredi à l’heure où je vous écris)…

Vous n’êtes pas loin du compte finalement, car seuls des circonstances exceptionnelles arrivent à me sortir de mon schéma « nous sommes dimanche, j’ai ma deadline… »
Ces circonstances exceptionnelles, si tout se passe bien, je vous en parle mercredi, mais en attendant, laissez moi vous présenter la suite de ma série rose paillette de Courtney Milan. (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais un suspense de folie règne sur ce post, c’est à noter!)

Dans l’opus précédent, nous avions donc laisser notre duo Jenny/Gareth a plein happy ending (les cloches tintinnabulent, le soleil brille, et les oiseaux chantent), alors que le cousin Ned était…. (comment le présenter pour ne pas ruiner l’image?) …. beaucoup moins épanoui par le tour qu’avait pris les évènements. 

Trial by desire raconte son happy ending, de quoi me faire oublier que sur la 4ème il est question de retrouvailles. Et puis on a eu quelques petits miracles ces derniers temps en matière de retrouvailles, j’avais le droit d’être optimiste.


Il était donc une fois Lady Kathleen Carhart, marié au jeune Ned il y a de cela des années. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, Lady Kathleen pourrait tout aussi bien être une vieille fille « on the shelve » qu’il n’y aurait pas de différence.

Pourquoi? Parce qu’au lendemain (ou presque) de la noce, le jeune Ned a fait part à sa nouvelle femme de sa volonté de « trouver sa voie » en quittant le Royaume-Uni pour partir en déplacement professionnel pour le compte de son cousin Gareth en Chine. Sauf qu’il aurait out aussi pu dire qu’il allait « chercher au fond de lui même la personne qu’il voulait être », « entrer en profonde communion avec la virilité de son être » ou « faire un voyage initiatique en interaction avec le cosmos » que le résultat aurait été le même. A peine l’encre du registre sèche, l’époux fuyait la scène pour une contrée à l’autre bout de la terre en laissant sa délicieuse femme s’occuper du scandale qu’il créait…

Et dire que j’avais de l’affection pour Ned. Au début de ce roman, je n’étais plus vraiment habité de sentiments altruistes à son encontre (j’imaginais plutôt la rencontre de son profil avec le crépi d’un mur) (mais bon, ca c’est moi).

Et c’est donc à peu près à la page…. 2% (Alfred est de corvée) que j’ai eu comme un mauvais pressentiment. Ned allait partir (et laisser sa femme comme un pauvre dinde)  pour mieux revenir, et s’attendre à ce que tout se page magiquement comme dans les contes de fées… J’allais passer le livre à pester sur les héros pour pas etre fichu de se parler et de se dire qu’ils sont déçus/mécontents/irrités/en colère/tristes/rancuniers/les 6 à la fois.

J’allais m’agacer contre un personnage que j’avais apprécié dans le tome précédent.
J’allais m’agacer contre cette propension qu’on certains héros à croire que lorsqu’ils partent à l’aventure, la personne qui restent regardent les saisons passer sans avoir plus aucun goût à la vie. (oui, vous pouvez y voir une référence, c’est intentionnel).
En effet, pendant les trois ans que Ned a passé à folatrer dans les jungles chinoise, Kate a eu le temps de réfléchir à son avenir. Le scandale ayant ruiné (presque pour toujours) ses chances de « faire fureur », elle a su se trouver des occupations (que je tairai ici, parce que pour une fois je ne suis pas contrainte d’avoir recours au spoiler pour m’expliquer).
Lorsque Ned revient, il réalise que ce qu’il avait envisagé comme « accueil » va bien au-delà de ses prévisions. Car s’il ne s’attendait pas à la fanfare, il est quelque peu désarçonné par la distance qui existe entre sa femme et lui (genre plusieurs milliers de kilomètres). 

Et c’est donc là que je me suis un peu agacé. Clairement, pas autant que je ne m’y attendais (merci Courtney), mais suffisamment pour pouvoir vous dire que si l’histoire du tome un m’a fait vibrer, le second tome moins.

Ned, chéri, je vais te révéler un petit secret: une femme… même si c’est la tienne devant l’église et les hommes, si tu la laisse comme une vieille cravate en soie toute tachée (Tam-Tam en mode j’adapte mon langage à l’homme régence), elle va t’en vouloir BEAUCOUP (voire à mort)! (et non, elle ne te pardonnera pas d’un battement de cils même si ton argumentaire tient la route (et que ton popotin vaut le détour).
Néanmoins, parce que tu es tout de même assez charmant, je te délivre une mention honorable pour ta persévérance (il ne lâchera pas le morceau le bougre) et ta loyauté (option fidélité en plus!).

Ainsi je vous souhaite tout de même une bonne lecture, je m’en vais me plonger dans le protectorat de l’ombrelle (Chi-Chi you are an angel).

Tam-Tam


Rachel Gibson, ou de bien jolies retrouvailles

C’est la saison. La saison où l’on découvre un livre qui vous prouve qu’avoir tort n’est pas grave en romance. Que changer d’avis sur un style ou un sous-genre n’est pas un reniement de soi, mais simplement une preuve d’intelligence. Ce n’est pas Chi-Chi qui me contredira, mais les histoires de retrouvailles, ce n’est pas une mince affaire.

Après de nombreuses déceptions, Chi-Chi trouvait il y a peu une histoire de retrouvailles dans laquelle elle pouvait enfin croire.

C’est à mon tour aujourd’hui de reconnaître que parfois, un auteur sait faire preuve de sensibilité pour aborder ce thème délicat en littérature.

Le dernier Rachel Gibson, Any Man of Mine, raconte l’histoire de Autumn Haven et de Sam LeClaire. Il y a 6 ans, nos deux protagonistes se sont rencontrés à Las Vegas où ils ont passé un week-end torride. En ont résulté un mariage éclair, une gueule de bois faramineuse, et un enfant accidentel.

Aujourd’hui divorcés, ils vivent chacun de leur côté. Autumn s’épanouit dans son travail d’organisatrice d’événement et dans son rôle de mère. Sam est resté l’homme à femme qu’il était, se concentrant sur sa carrière de joueur de hockey. Enfin… Ca, c’est ce qu’ils croient… Car les protagonistes d’un livre ont souvent une image toute tracée de leur avenir, et l’auteur, maître absolu de leur destinée, a souvent d’autres plans en tête…

Si j’ai beaucoup aimé ce livre, je tiens avant tout à être équitable. Un petit « pour ou contre » est donc de circonstance.

- des prénoms comme Autumn, Shiloh, Bo (pour une femme) : Contre.
Vraiment, je ne comprend pas… S’il existait une explication logique au prénom de l’héroïne, encore, je pourrais faire l’effort de trouver cela joli… On ne choisit pas son prénom. Ses parents aurait pu être des hippies post-Woodstock férus de champignons et autres herbes aromatiques… Mais là, non.

- les origines mixtes des personnages : Pour
Un canadien et une américaine. Un joueur de hockey et une organisatrice de mariages. Le choc culturel. Et rien que pour le plaisir de lire le nom de la ville d’origine de Sam « Saskatchewan ». (ville que j’ai déjà retrouvé dans plusieurs romans – quelle est donc la particularité de cette ville, hormis son nom si curieux ?)

- plastique de l’héroïne : Contre
Arrrgggggh !!! Encore une vraie rousse au yeux vert qui souuuuuuffffre d’avoir de si beaux cheveux…. La pauvre, vraiment, je la plains.
Je vote pour un manifeste contre tous les défauts factices des héros. Non, avoir de superbes cheveux ne constitue en rien un point qui me poussera à plus d’empathie pour la donzelle.
- l’enfant pas caché : Pour.
Il est un moteur dans ce livre. Pas uniquement en sa qualité de personnage, mais tout simplement parce qu’il existe. Quand deux héros qui considèrent qu’ils n’ont rien en commun, décident de faire des efforts pour s’entendre, il y a souvent une raison derrière. Si vous êtes dans de la mauvaise romance, il est souvent question de pulsions sensuelles irrépressibles. Lorsqu’il s’agit de bonne romance, c’est une raison plus altruiste, comme le bien d’un enfant. Sam veut être un meilleur père. Autumn sait que Connor a besoin de son père.
- la sensualité entre Printemps…Euh, non, Autumn et Sam : Contre
Aahhh ! Je viens de vous surprendre hein ? Ne vous méprenez pas. J’ai beaucoup aimé les scènes sexy de ce livre. Il y a de l’alchimie entre les personnages et sous les couvertures, cela fonctionne parfaitement. Mais pour la progression de l’histoire, j’ai trouvé que c’était un facteur qui les détournaient de leur histoire. Pour deux personnes qui souhaitaient ne se voir que pour le bien de leur enfant, tomber dans les bras l’un de l’autre sur une simple alchimie ressemble un peu à une reproduction de leur passé.
- le hockey : Pour
Je ne connais rien à ce sport. Je dois admettre que lorsqu’un livre mentionne à quel point c’est un sport violent où il n’est pas rare pour les joueurs de s’insulter sur la glace et de se retrouver avec œil au beurre noir et autres cicatrices de guerre après un match, il y a comme une partie primitive de moi qui trouve cela profondément viril. Et puis, qui dit sport de haut-niveau dit corps magnifique…

3 partout, balle au centre.
Je m’en remets donc à vous pour le jugement final.

 
Bonne lecture,
Tam-Tam

L’exception qui confirme la règle

Chers lecteurs,

Je dois avouer que je rencontre un problème étrangement similaire à celui de Tam-Tam ces temps-ci… Peu de temps pour lire, et moins encore pour vous écrire tous les magnifiques articles en attente dans un coin de ma tête, sur des sujets aussi passionnants que… eh bien que mystère et boule de gomme, car je vais ménager mon suspens !
Mais chez moi, le responsable de cette baisse de régime n’est pas trop de soleil mais trop de travail, et laissez-moi vous dire que cela ne va pas aller en s’arrangeant dans les semaines à venir… D’avance, je vous prie de m’en excuser. De toute façon, vous aussi, vous êtes très occupés ailleurs, si j’en crois mes informations !
Enfin, entre deux séances de travail intensives, j’ai tout de même trouvé le temps de lire pour vous le dernier Kristan Higgins. J’espère que vous apprécierez à sa juste valeur mon dévouement à la cause, ce fut pour moi un grand sacrifice de prendre un peu de mon temps si précieux pour lire ce livre… 
Pour ceux qui n’auraient pas suivi assidument mes chroniques (c’est MAL !), Kristan Higgins est sans conteste mon plus grand coup de cœur depuis Julia Quinn, il y a déjà  8 ans (c’est fou comme le temps passe vite quand on s’amuse !).
Je dois vous avouer cependant que j’avais quelques angoisses à la réception de Toi et Moi (My One and Only en VO). Car il s’agit d’une histoire de retrouvailles, et Tam-Tam vous a déjà expliqué à quel point j’aime les retrouvailles (ironie, mon amie) !
Il aura donc fallu tout le talent et la confiance que j’ai placée en l’auteur pour me tenter et finalement me convaincre d’acheter quand même ce livre.
Evidemment, comme vous ne vous en doutez pas du tout puisque je prends la peine de vous en parler ici, j’ai adoré ce livre et je l’ai dévoré en 3 jours !
Toi et Moi raconte donc l’histoire de Harper et de Nick, divorcés depuis 12 ans. Harper est aujourd’hui une avocate spécialisée dans les divorces justement, légèrement cynique (ou réaliste, question de point de vue), et elle n’a pas revu, ou entendu parlé, ou même prononcé le nom de son ex-mari depuis leur divorce. Ses amis, son petit copain, ne savent même pas qu’elle a été mariée, c’est vous dire comme elle a bien tourné la page sur cet épisode de sa vie!
Mais le jour où sa petite sœur, Willa, lui annonce son mariage avec le frère de Nick (surprise, surprise), Harper se retrouve confrontée à son passé. Le mariage étant prévu pour la semaine suivante, pas vraiment de possibilité de se défiler, Harper sait qu’elle va revoir Nick. Enfin, se dit-elle, le temps d’un mariage, et après, hop, il retournera sagement dans le petit cagibi dans un coin de son cerveau, soigneusement fermé à clé pour ne pas être tentée d’y regarder de trop près.
Manque de chance, par un concours de circonstances malheureux, notre héroïne va se retrouver contrainte de faire route commune avec Nick, et tous deux vont avoir l’occasion de se retourner sur les raisons qui les ont séparé.
J’ai été touchée par Harper, et son caractère de porc-épic (c’est elle qui le dit) qui change des héroïnes résolument optimistes de Kristan Higgins. Harper qui est forte, mais encore traumatisée par l’abandon de sa mère le jour de ses 13 ans, et qui éprouve toutes les peines du monde à faire confiance aux gens autour d’elle. Mais surtout, surtout, je suis tombée amoureuse de Nick (décidément, les Nicolas ont quelque chose de spécial), qui m’a émue comme peu de héros ont su le faire. Nick avec ses yeux sombres, son sourire malicieux, et … et je ne peux pas vous en dire plus sans révéler des éléments clés de l’histoire, mais soyez certains que si jamais Harper changeait d’avis, je veux bien me porter volontaire pour la remplacer dans la seconde !
L’histoire de Nick et Harper est jonchée d’obstacles et très vite, je n’avais qu’une envie, les voir enfin réunis et heureux ensembles. J’aurais aimé que les choses soient plus faciles pour eux, mais arrivée à la dernière page, j’ai compris que ces détours étaient nécessaires pour que chacun d’eux se libère de ses incertitudes et qu’ils puissent enfin se rejoindre et (re)commencer leur vie ensemble.
Cerise sur le gâteau, ici, pas d’enfant caché, pas d’ex complètement stupide se raccrochant à une rancœur vieille de plusieurs années comme une moule à son rocher, pas de machination diabolique digne d’un enfant de 5 ans pour humilier son ex et obtenir vengeance de griefs ridicules. Dans l’histoire de leur séparation, aucun de nos deux héros n’est innocent, et ils abordent leurs retrouvailles avec le minimum de civilité que l’on attend en général de deux adultes responsables ! De plus, les raisons de leur séparation sont étudiées avec beaucoup de finesse et l’évolution de leurs sentiments est parfaitement compréhensible selon moi. Rien, donc, de tous ces clichés qui selon moi rendent les histoires de retrouvailles si souvent médiocres…
Et, ce qui ne gâche rien, j’ai toujours aimé les road-trips ! Il y a quelque chose d’intime à voyager avec quelqu’un, surtout dans l’espace confiné d’une voiture, quelque chose de propice à la romance peut-être?
Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander de vous précipiter pour lire ce livre qui a su me prouver que, quand elles sont écrites avec talent, les histoires de retrouvailles peuvent, elles aussi, être magnifiques !
Bonne lecture,
Chi-Chi